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Fdj : Deux ans après son arrivée en Bourse, la FDJ est-elle toujours une bonne affaire?

dimanche 21 novembre 2021 à 07h00
La FDJ fête ses deux ans en Bourse

(BFM Bourse) - Les premiers actionnaires ont bénéficié d'un rendement de 150% en deux ans, une fois pris en compte les dividendes et la distribution d'actions gratuites. Mais le cours du titre patine depuis cet été.

Ce dimanche 21 novembre, la FDJ soufflera ses deux bougies à Euronext, alors que la société de loteries est entrée en Bourse il y a deux ans jour pour jour. Indéniablement, les actionnaires de la Française des Jeux ont fait une bonne affaire. Surtout pour ceux qui ont participé à l'entrée en Bourse. A l'époque, les particuliers avaient profité d'une décote de 2% par rapport aux professionnels, avec une action à 19,50 euros. Avec un cours qui était à 43,04 euros ce vendredi vers 16h, le titre a ainsi progressé de 121% en deux ans ! Autrement dit, les actionnaires qui étaient là dès le début ont doublé leur mise. Ce qui est une très belle performance. À titre de comparaison, sur la même période, le CAC 40 a progressé de 21%, le S&P 500 de 51% par exemple.

Et encore, c'est sans prendre en compte les dividendes versés par la FDJ. Au moment de son IPO, la FDJ avait pour objectif de verser 80% de ses bénéfices en dividendes sur la période 2020-2025. Et elle a presque réussi à tenir ses promesses. Car la crise est passée par là et la FDJ a été mise sous pression. Non pas que l'entreprise était en difficulté. Au contraire. Mais le gouvernement, qui contrôle encore de fait la Française des Jeux, souhaitait que le groupe montre l'exemple sur les dividendes. Cela aurait fait mauvais genre que le groupe fasse fi du contexte, alors que l'Etat demandait aux grands groupes privés de limiter les versements de dividendes. Il faut dire que dans le même temps, certains grands groupes privés sollicitaient des prêts garantis par l'Etat pour leur trésorerie.

La FDJ avait donc versé moitié moins que prévu en 2020 au titre de l'exercice 2019 : avec 0,45 euro de dividende par action. Cette année, retour à la "normale" avec un dividende de 0,90 euro par action au titre de l'exercice 2020. Soit un peu plus de 80% des bénéfices. Et donc, si on ajoute les dividendes et l'évolution du cours en Bourse, le rendement pour les premiers actionnaires grimpe alors à 128%.

150% de rendement avec les actions gratuites

En outre, les premiers actionnaires ont reçu une action gratuite pour dix détenues le 25 mai dernier (à condition d'être resté actionnaire pendant 18 mois). Pour quelqu'un ayant acquis 10 actions lors de l'entrée en Bourse et qui revendrait tout ce vendredi, le rendement frôle alors les 150%.

Toutefois, la belle machine a l'air de s'être un peu enrayée ces derniers mois. Il y a eu un retournement fin juin, au moment du versement du dividende et peu après le versement des actions gratuites. Le titre était alors à un record à 51,58 euros l'action en clôture. Donc on est à un peu plus de 16,5% de baisse depuis ce sommet. Et le cours patine depuis août dernier entre 43 et 46 euros.

Comment l'expliquer ? On peut mettre en avant quatre éléments, même s'il est difficile de savoir ce qui a été le plus déterminant. Premièrement, il y a sans doute eu quelques prises de bénéfices ces derniers mois après un beau parcours boursier et le versement des dividendes.

Deuxièmement, après un excellent premier semestre, avec un résultat net qui a triplé sur un an, les perspectives annoncées par l'entreprise ont sans doute un peu déçu les investisseurs en juillet. La FDJ tablait alors sur 2,2 milliards d'euros de revenus et un taux de marge d'Ebitda supérieur ou égal à 22% pour l'ensemble de l'année 2021. Des perspectives confirmées en octobre par le groupe de loteries et de jeux à gratter lors de la publication de ses bons résultats du troisième trimestre. Cela correspond à une croissance du chiffre d'affaires de 14% par rapport à 2020 et une marge stable. Certains actionnaires s'attendaient peut-être à encore mieux.

Troisièmement, la FDJ est plutôt une valeur défensive, une valeur anti-crise. Quand rien ne va, elle est privilégiée. Inversement, quand la situation s'améliore, c'est une valeur qui est parfois moins prisée par les investisseurs. Or, le CAC 40 bat record sur record. Et donc l'action FDJ est sans doute un peu moins attractive.

Enquête ouverte par Bruxelles

Enfin, quatrième élément, la Commission européenne a lancé en juillet dernier une enquête approfondie sur les droits exclusifs accordés à la FDJ, qui pourraient être contraires au droit européen. Auparavant, la FDJ détenait de façon illimitée l'exclusivité en France pour organiser les loteries physiques et en ligne, ainsi que les paris sportifs en points de vente (hors PMU). Mais dans le cadre de sa privatisation, elle a versé à l'Etat 380 millions d'euros pour une exclusivité de 25 ans.

Concrètement, il y a un risque que Bruxelles estime que la FDJ n'a pas assez payé et que ce soit considéré comme une aide déguisée de l'Etat. L'UE pourrait alors demander à la FDJ de payer un peu plus à l'État pour conserver son monopole. Tant que ce problème n'est pas résolu, l'action FDJ risque de végéter à ce niveau.

En tout cas, la FDJ a réconcilié les Français avec les introductions en Bourse de groupes contrôlés par l'État. Car ces dernières décennies, c'était plutôt la soupe à la grimace. Il suffit de prendre quelques exemples parlants. Air France a vu son cours être divisé par trois depuis son arrivée en Bourse en 1999, en prenant les cours réajustés sur le site d'Euronext. Même combat pour EDF, arrivée en 2005 sur la place parisienne. L'action vaut désormais trois fois moins. Pour France Télécom, c'est encore pire. L'opérateur télécoms, devenu depuis Orange, a vu son action chuter avec l'explosion de la bulle internet. Et depuis son arrivée en Bourse, en 1999, son cours a été divisé par 7 environ.

Le pire exemple est sans doute Technicolor, introduit en 2001 en tant que Thomson Multimedia, avec une chute de l'action de plus de 99,9%. Il y a eu aussi quelques réussites dans ce domaine, principalement Airbus. L'action de l'avionneur a été multipliée par plus de 6 depuis son IPO en 2000. Preuve qu'il existe parfois (même si rarement) de belles histoires en Bourse pour des entreprises publiques.

Jean-Louis Dell'Oro - ©2021 BFM Bourse
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