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Euronext : La méga OPA de Veolia sur Suez a porté les offres publiques à la Bourse de Paris

mardi 24 janvier 2023 à 06h00
Les OPA restent à un niveau élevé malgré la volatilité des marchés

(BFM Bourse) - En 2022, 32 projets d'offres publiques ont visé des sociétés cotées sur Euronext, un niveau en ligne avec la moyenne des dix dernières années et ce, malgré un contexte économique compliqué.

Après une année 2021 record, les opérations d'offres publiques ont été un peu moins nombreuses en 2022. L'an dernier, 32 offres publiques ont été recensées sur des sociétés cotées à la Bourse de Paris. C'est 11 de moins qu'en 2021 (43) qui constituait alors une année record en la matière "depuis 5 ans en termes de nombre d’opérations", rapporte l'Observatoire des offres publiques d'EY.

Le cabinet se base sur le nombre d'offres ayant reçu l'aval de l'Autorité des marchés financiers (AMF) dans cette étude, qui en est à sa 14e édition annuelle. Quatre opérations n'étaient pas finalisées en 2022 et quatre autres opérations annoncées sur les derniers mois de l’année et étaient en cours de revue par les services de l'AMF à la fin de l'exercice 2022, soit donc autant de sociétés non comptabilisées par EY. Des données finalement très proches de celles du baromètre sur les offres publiques établi par la banque d'investissement Alantra (avec une méthodologie légèrement différente) et publié la semaine dernière.

En dépit de la volatilité sur les marchés induite par ces risques géopolitiques et économiques, la répartition mensuelle des offres est restée relativement uniforme, relève EY. Ainsi, 19% des visas ont été attribués durant le 1er trimestre ; 38% durant le 2e trimestre ; 12% durant le 3e trimestre et 31% des visas l'ont été sur les trois derniers mois de 2022. "Le début de la guerre en Ukraine en février 2022 n’a pas empêché la finalisation d’offres publiques en février et mars" précise le cabinet.

Des opérations aux montants plus importants

La valeur totale des actions acquises au cours de 2022 s'est élevée à 15,6 milliards d'euros, selon EY. Un montant qui marque une forte progression par rapport à 2021 (5,8 milliards d'euros) et qui s'explique par l'opération hors norme de l'OPA de Veolia sur Suez, déclarée conforme en 2021 et finalisée en 2022. Le rachat de Suez par Veolia représente d’ailleurs 54,2% de la valeur totale des actions acquises au cours d'offres publiques, soit 8,4 milliards d’euros.

A contrario ,EY a exclu de son périmètre l'offre publique achat simplifiée (OPAS) sur EDF, déclarée conforme en novembre par l'AMF, mais non finalisée en 2022, en raison notamment de péripéties judiciaires dues aux contestations d'actionnaires minoritaires.Cette opération représente un montant total de 9,7 milliards d'euros (en comprenant aussi les rachats d'Oceane, des obligations hybrides).

L'année 2022 a été marquée par certaines transactions de taille significative à l’instar de l’offre publique lancée par la Banque Postale sur CNP Assurances, de l’Offre publique de retrait suivie d'un Retrait obligatoire (OPR-RO) de KKR sur Albioma et, donc de la finalisation de l’offre publique d’envergure de Veolia sur Suez.

D'ailleurs, les offres de la Banque Postale sur CNP Assurances et du fonds KKR sur Albioma figurent parmi les trois opérations clôturées les plus importantes (hors opérations qui avaient reçu le visa de l’AMF en 2021, dont notamment Suez) représentent un total de 3,8 milliards d’euros (24,4% du montant des actions acquises en 2022). Le rachat de CNP Assurances par la Banque Postale est en tête des opérations les plus importantes de l'année avec 1,868 milliard d'euros, suivi de l'acquisition d'Albioma par KKR (1,494 milliard d'euros) puis Lagardère par Vivendi pour un montant d'acquisition de 440 millions d'euros.

Le cabinet rappelle que le classement 2021 était largement dominé par les opérations Natixis et Iliad, pour lesquelles le montant de l’acquisition s’élevait respectivement à 2,7 et 1,8 milliard d’euros. Pour EY, l'année 2022 constitue donc "une année dynamique" malgré le conflit en Ukraine et l’environnement économique dégradé.

9 offres sur 10 à l'initiative de l'actionnaire de référence

Les initiateurs des offres ont proposé des primes relativement généreuses aux actionnaires. La prime médiane (hors extrêmes) offerte aux détenteurs d’actions a été en effet de 30,5% par rapport au dernier cours de Bourse avant annonce de l’opération, légèrement inférieure à celle observée sur les offres publiques de l’année 2021(31,7%), selon la méthodologie d'EY.

Dans plus de 9 cas sur 10, soit 29 opérations, l'initiateur de l'offre est l'actionnaire de référence de la société (ou la société elle-même via une OPRA). Cette tendance est particulièrement visible dans le secteur des entreprises de services du numérique (ESN).

"Alors que les rangs des ESN comptent de moins en moins de sociétés du fait des OPA (près de 10 sur le secteur depuis 2020), et que les IPO sur le secteur se font rares, la cote offre désormais un choix réduit qui devrait bénéficier à certains dossiers décotés comme Micropole (qui se paie actuellement 2,7 fois l’Ebit attendu pour 2023) ou encore ceux offrant une excellente visibilité comme Sword Group et Infotel", avait indiqué EuroLand Corporate dans une précédente note consacrée à ce secteur.

Les industriels sont très majoritairement à la manœuvre, puisque 81% des offres ont été lancées par ces acteurs, un chiffre en nette hausse par rapport à 2021 (30%). EY rappelle également que ces offres publiques viennent d'acteurs français pour la majorité à l’exception d’une opération initiée par un acteur américain (KKR) sur Albioma.

Une cote qui se dégarnit petit à petit...

Au total, 21 sociétés ont été retirées de la cote des marchés Euronext Paris en 2022 à la suite des offres publiques déclarées conformes dans l'année, c'est 4 retraits de moins qu'en 2021.

Sur les 21 opérations, 18 font suite à des offres initiées en 2022 et 3 à des offres initiées en 2021 (Suez, BEL et Europcar). Les offres publiques concernent les sociétés suivantes: Visiodent, Eneva, Musée Grévin, Groupe Open, CNP Assurances, Tivoly, Advenis, Generix Group, Albioma, Hiolle Industries, Ucar, Umanis, ADA, NextStage, Cast, Le Tanneur & Cie, Groupe IRD et Oncodesign. Un peu moins de 60% des offres publiques font l’objet d’un retrait de cote.

Bien que légèrement moins représenté qu’en 2021, le secteur des technologies (Informatique et Biotech/Medtech) reste majoritaire, puisque les cibles dans ce secteur représentent environ 30% des opérations, contre plus 37% en 2021. En revanche, le secteur immobilier se contracte passant de 9% des opérations en 2021 à 3% en 2022.

Autre fait saillant de cette étude, c'est que le nombre d'introductions en Bourse sur l'année écoulée n'a pas permis de couvrir les retraits de cote, note EY. La Bourse de Paris a enregistré 11 nouvelles introductions en Bourse (avec appel public à l'épargne et sans compter les SPAC), dont 2 sur le marché réglementé d'Euronext Paris et 9 sur Euronext Growth, le compartiment des petites et moyennes capitalisations contre 27 sorties de cote dans le même temps.

Le flux net entre les entrées et les sorties redevient donc négatif (-16) après une année 2021 marqué par un flux net positif (+5), les 33 opérations d'entrée en Bourse ayant pu compenser les départs de la cote. La majorité des sorties de cote - soit 21 sociétés - a fait l’objet d’un retrait obligatoire à la suite d'une offre publique. Par ailleurs, six sociétés ont fait faillite ou sont en procédure de liquidation: Design your home, Mulann, Everset, Air Marine, MLD, and Rapido Pret, précise l'étude EY.

A l'image d'une autre étude publiée par la société de Bourse Allegra Finance un peu plus tôt dans l'année, EY remarque également une augmentation du nombre de transferts d’un marché vers un autre compartiment. En 2022, le cabinet a recensé 18 transferts dont 14 d’Euronext vers Euronext Growth et 4 d’Euronext Access vers Euronext Growth. Cette montée en puissance de ce phénomène de transferts montre "la fluidité entre les différents segments" et cette recherche pour ces sociétés ayant un niveau de capitalisation boursière modéré de s'affranchir de certaines des contraintes des marchés règlementés.

Sabrina Sadgui - ©2023 BFM Bourse
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