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Euronext : L'opérateur Euronext se repositionne sur la Bourse de Madrid mais part de loin

jeudi 5 décembre 2019 à 12h04
Euronext est en discussions avec le CA de la Bourse de Madrid

(BFM Bourse) - Une porte-parole d'Euronext a déclaré à Reuters que l'opérateur de la Bourse de Paris, Amsterdam ou encore de Bruxelles est en discussions avec le conseil d'administration de la Bourse de Madrid (BME), qui pourraient aboutir ou pas à une offre. S'il avait déjà fait part de son intérêt pour la BME mi-novembre dernier, Euronext semble s'engager dans une course à handicap contre SIX Group, l'opérateur de la Bourse suisse qui a déjà déposé une offre et prévoit de transférer certaines activités à Madrid.

Euronext revient dans la course. Trois semaines après le dépôt d’une offre d’achat par l'opérateur suisse Six Group sur la Bourse de Madrid (ou "BME" pour "Bolsas y Mercados Españoles"), une porte-parole d'Euronext a déclaré à Reuters que le groupe est en discussions avec le conseil d’administration de la BME et que celles-ci pourraient aboutir, ou non, à une offre. Sauf que, depuis que l'opérateur paneuropéen s'est déclaré intéressé mi-novembre dernier, son concurrent sur le dossier, l'opérateur de la Bourse de Zurich, semble avoir pris une longueur d'avance.

Arnaud-Cyprien Nana Mvogo, analyste financier chez CIIB (Conseil en ingénierie et introduction boursière), fait un point sur la situation. "Le marché a initialement salué les perspectives de consolidation du secteur en Europe, avant d'attendre une bataille boursière, qu'elle soit alimentée par une contre offre d'Euronext ou des marques d'intérêts de la part de Deutsche Börse", l'opérateur de la Bourse de Francfort ayant un temps étudié la possibilité de se positionner sur ce dossier. Si cette "option allemande a vite été écartée, les opérateurs attendent en revanche toujours qu'Euronext surenchérisse sur Six Group (qui a transmis une offre à 34 euros par action, NDLR), d'où le fait que le cours de l'action de l'opérateur espagnol clôture régulièrement au-dessus du prix proposé par Six Group" lors des dernières semaines, note l'analyste.

SIX Group ne va pas lâcher sa proie

L'opérateur suisse dispose donc déjà d'un temps d'avance sur Euronext, pour qui "les choses pourraient encore se compliquer" selon Arnaud-Cyprien Nana Mvogo. De fait, Six Group semble particulièrement déterminé à mettre la main sur BME, comme en témoigne les déclarations des équipes du groupe helvète à la presse espagnole, à qui elles ont dit qu'il sera "non seulement difficile pour un autre opérateur de surenchérir, mais qu'en plus, les plans stratégiques de Six Group seraient les mieux à même de préserver les intérêts de BME". Six Group prévoit ainsi de transférer ses activités et son centre opérationnel de "clearing" (compensation) à Madrid à l'issue de l'opération.

"En affirmant qu'en cas de réussite du rapprochement entre BME et Six, le clearing resterait en Espagne, les Suisses tentent de rassurer les Espagnols qui pouvaient craindre qu'une partie des synergies de coûts se fasse à leur détriment. Si la tentative de séduction est réussie, cela amenuise d'autant plus les chances d'Euronext de formuler une offre attractive" selon le spécialiste du dossier. Car, détaille-t-il, Six et Euronext abordent ces activités de clearing -qui permettent aux banques et autres institutions financières membres d'une réunion appelée "chambre de compensation" de régler les montants dus et de recevoir les actifs correspondant aux opérations faites en leur nom propre ou pour leurs clients- de manière différente.

"Deutsche Börse a investi de longue date sur le clearing, avec la firme luxembourgeoise Clearstream. À l'inverse, Euronext n'est qu'un actionnaire parmi d'autres d'Euroclear. Six Group offre également une solution "end-to-end", comprenant le post-trade dont le clearing" énumère Arnaud-Cyprien Nana Mvogo. Autrement dit, même si Euronext s'aligne sur l'offre de l'opérateur suisse, ce dernier aura moins de synergies de coûts à tirer d'un rachat par l'opérateur des Bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne ou encore Dublin, traditionnel acteur de la consolidation du secteur en Europe.

L'accès au marché européen, un enjeu de taille pour SIX Group

"Outre les synergies de coûts, l'enjeu, pour Six Group, est l’accès des fonds gérés par les "asset managers" et banquiers suisses (dont un grand nombre sont actionnaires de Six Group) au marché européen, dans un contexte de conflit déclaré entre Bruxelles et Berne sur le renouvellement du régime d'équivalence accordé à la Suisse" poursuit Arnaud-Cyprien Nana Mvogo. En effet, depuis lundi 1er juillet, les Bourses européennes ne peuvent plus proposer le négoce d'actions suisses en raison de la suspension de l'équivalence de la réglementation boursière que l'Union européenne accordait jusque-là à SIX, l'opérateur de la Bourse de Zurich.

Euronext acquiert 66% de Nord Pool

Parallèlement aux discussions engagées avec BME, le groupe dirigé par Stéphane Boujnah a annoncé ce matin un accord en vue du rachat de 66% du scandinave Nord Pool, deuxième marché européen pour le négoce d'électricité, valorisé à 850 millions de couronnes (environ 84 millions d'euros). Pour racheter les deux tiers du capital auprès des gestionnaires de réseaux nordiques et baltes, actuellement actionnaires à 100%, Euronext va débourser quelque 56 millions d'euros en numéraire, a déclaré son directeur général, Stéphane Boujnah, à l'AFP. Soumise aux autorisations habituelles, l'opération devrait se clôturer au premier trimestre 2020.

"Sur fond d'une possible offre d'Euronext sur l'opérateur espagnol BME, on assiste à la poursuite de la consolidation du secteur des opérateurs de marché" relève Arnaud-Cyprien Nana Mvogo, qui ajoute qu'"en rachetant 66% de Nord Pool, Euronext poursuit à la fois sa stratégie d'expansion sur les marchés nordiques, en écho au rachat de la bourse d'Oslo -finalisé en juin dernier- et de croissance sur le marché des commodities, pour se décorréler des marchés actions".

L'analyste rappelle qu'Euronext était sorti du trading de commodities énergétiques et avait contribué à faire émerger une bourse alternative, Epex spot, "en vendant en 2008 les 34% qu'il détenait dans Powernext à HGRT (holding des gestionnaires de réseau de transport d'Electricite)".

"Le marché reçoit bien l'opération, poursuit-il. Du fait des problématiques environnementales émergentes, le prix et surtout la volatilité du prix des commodities est susceptible de s’accroître, ces prochaines années. Or cette acquisition, plus bolt-on ("ciblée") que transformatrice, permettrait à Euronext de se diversifier à la marge sans avoir à affronter autant de problématiques de concurrences que celles qui concernaient Powernext quand cette entreprise était une joint-venture entre Euronext et l'European Energy Exchange" conclut-il.

À la Bourse de Paris, le titre Euronext grappille 0,14% à 69,45 euros, dans un volume d'échanges particulièrement faible à ce stade, signe que les opérateurs attendent d'en savoir plus sur le dépôt d'une offre, ou non, en vue de l'acquisition de BME.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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