ROUEN/PARIS (Reuters) - EDF devrait prochainement annoncer un retard pouvant aller jusqu'à deux ans dans le chantier du réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR de Flamanville (Manche) qu'il dirige, a déclaré Jack Tord, coordinateur CGT sur le site.
Selon une autre source syndicale, l'annonce pourrait avoir lieu vendredi à l'occasion de la publication des résultats semestriels de l'électricien public.
EDF a plusieurs fois répété depuis le début de l'année que l'EPR de Flamanville serait bien mis en service en 2012 pour une vente de l'électricité produite en 2013. Le coût de ce projet a jusqu'ici été estimé à quatre milliards d'euros.
"Un certain nombre d'études sont en cours pour évaluer la situation (sur le chantier) et ses conséquences", a répété une porte-parole du groupe, qui n'a pas précisé si un nouveau calendrier serait annoncé vendredi.
Selon Jack Tord, le retard devrait être de "18 à 24 mois" et la date de raccordement initialement prévue en 2012 "devrait être plutôt vers la fin de 2014 que vers le début".
Le syndicaliste souligne que l'EPR de Flamanville "est un prototype mais (que) le retard est aussi consécutif à des prévisions qui étaient ambitieuses", précisant que le principal retard concerne le bâtiment du réacteur.
En raison de ces retards, les effectifs sur le chantier, initialement prévus à 2.300, s'élèvent actuellement à 3.000 et "devrait atteindre 3.500 à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine", a-t-il ajouté.
Areva pour l'îlot nucléaire, Bouygues pour le génie civil et Alstom pour le turbo-générateur sont eux aussi associés à la construction de l'EPR de Flamanville, d'une capacité de 1.650 mégawatts.
Areva, le concepteur de l'EPR, est de son côté confronté à d'importantes difficultés sur le chantier de l'EPR finlandais, qui subit déjà un retard de trois ans et demi et pour lequel le groupe de nucléaire a inscrit 2,7 milliards d'euros de provisions.
Une annonce par EDF d'un retard sur le chantier de Flamanville interviendrait alors que l'Elysée vient de replacer l'électricien public à la tête de la filière nucléaire française.
Le rapport Roussely, sur lequel l'Etat s'est appuyé pour réorganiser la filière, prône en outre "un retour d'expérience des chantiers de construction d'Olkiluoto (en Finlande) et Flamanville" avant la construction d'un nouveau réacteur de ce type en France, prévue à Penly (Seine-Maritime).
Benjamin Mallet et Marc Parrad, édité par Dominique Rodriguez
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