par Marine Hass
BRUXELLES (Reuters) - Le Français Pierre Mariani, membre du comité exécutif de la banque BNP Paribas, va devenir le nouvel administrateur délégué de la banque franco-belge Dexia, a annoncé tôt mardi le Premier ministre belge Yves Leterme lors d'une conférence de presse.
L'ancien Premier ministre belge Jean-Luc Dehaene deviendra lui président de l'établissement financier, a ajouté Leterme.
Pierre Mariani, qui fut directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy lorsque le président français était ministre du Budget (1993-95), remplacera le Belge Axel Miller, démissionnaire.
L'ancien chef du gouvernement belge succédera lui au Français Pierre Richard, également démissionnaire, à la tête du conseil d'administration.
"C'est un signal très fort dans l'avenir du groupe. Ce sont deux personnalités de premier choix (...) ils sont très motivés", a déclaré Yves Leterme à la presse à l'issue d'un conseil des ministres qui s'est achevé tard dans la nuit.
"M. Dehaene connaît le secteur, il est habitué depuis dix, quinze ans aux réunions de conseils d'administration de groupes internationaux", a-t-il poursuivi.
Français et Belges sont tombés d'accord sur le choix des nouveaux dirigeants de Dexia, déclarait-on lundi soir à l'Elysée à l'issue d'une réunion de près d'une heure entre le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre belge.
La banque franco-belge, dont le cours boursier a chuté lundi à un plus bas historique, a été recapitalisée la semaine passée à hauteur de 6,4 milliards d'euros avec l'aide des deux pays.
Le futur management de Dexia, qui a fait l'objet d'un consensus franco-belge, devra être validé par le conseil d'administration de la société ainsi que par les autres actionnaires.
Pierre Mariani, qui est âgé de 52 ans, est co-responsable des activités de banque de détail de BNP Paribas, chargé du pôle International Retail Services.
Jean-Luc Dehaene, 68 ans, chrétien démocrate comme Leterme, a dirigé le gouvernement belge de 1992 à 1999.
"Dans les jours qui viennent, nous allons prendre de concert des décisions, des initiatives pour renforcer la banque Dexia. Dans les jours qui viennent, dans les heures qui viennent, il y aura des pas concrets qui seront franchis", avait dit Yves Leterme lundi à l'issue de son entretien avec Nicolas Sarkozy, ajoutant que les difficultés rencontrées par le leader mondial du financement des collectivités locales étaient "temporaires".
Dans la nuit, il a réaffirmé que Dexia était un "groupe sain et prospère".
L'action Dexia a clôturé lundi sur un recul de 21,2% à 6,74 euros. Selon des intervenants, les marchés redoutent que Dexia ne soit démantelé à l'image du groupe de services financiers Fortis fractionné entre BNP Paribas, la Belgique et le Luxembourg.
"Pour l'instant, il n'y a aucune raison de le penser", disait-on lundi à l'Elysée d'un éventuel démantèlement de la banque franco-belge. "Ce sera au nouveau management de le dire", ajoutait-on.
Avec Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry à Paris, version française Henri-Pierre André
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