par Julien Toyer et Matthieu Protard
BRUXELLES/PARIS (Reuters) - L'Etat français s'est engagé à garantir les besoins de financement de Dexia à hauteur de 55 milliards d'euros dans le cadre de son plan de soutien de 320 milliards destiné au refinancement des banques, apprend-on auprès du ministère de l'Economie français et de la Commission européenne.
Début octobre, après la recapitalisation de 6,4 milliards d'euros de Dexia par les Etats belge, français et luxembourgeois, Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani, les nouveaux dirigeants de la banque, avaient indiqué avoir reçu de ces trois Etats des garanties pour les nouveaux financements de la banque.
"Les 55 milliards d'euros concernent bien les engagements de l'Etat français sur Dexia", a confirmé à Reuters un porte-parole du ministère français de l'Economie.
"La notification (à la Commission européenne) a été faite séparément", a-t-il ajouté.
Un porte-parole de la Commission européenne, qui a confirmé avoir reçu des informations en ce sens des autorités françaises, a fait savoir que l'exécutif européen se prononcerait dès que possible.
Un porte-parole de Dexia s'est refusé à tout commentaire.
Ces 55 milliards d'euros réservés pour les financements de Dexia s'ajoutent aux 265 milliards d'euros de garanties apportées par l'Etat français pour lesquels la Commission européenne a donné son feu vert vendredi.
Le mécanisme de refinancement de 320 milliards d'euros au total repose sur une structure créée pour l'occasion, la Société de refinancement des activités des établissements de crédit (SRAEC), qui émettra des titres garantis par l'Etat et utilisera cette ressource pour prêter aux établissements de crédit.
L'autre volet du plan français de soutien aux banques comprend la possibilité d'injecter jusqu'à 40 milliards d'euros en fonds propres.
L'Etat a annoncé le 20 octobre qu'il injecterait 10,5 milliards d'euros dans le capital des six plus grandes banques françaises pour renforcer leurs fonds propres et leur permettre de rouvrir le robinet du crédit aux ménages et aux PME.
Cette injection de capital a fait l'objet d'une notification auprès de la Commission européenne, qui doit encore l'autoriser.
En contrepartie de ces aides, les banques doivent faciliter le crédit aux PME, aux collectivités locales et aux ménages, en mettant l'accent pour ces derniers sur les crédits relais pour l'immobilier, qui ont souffert du retournement du marché.
Au total, les banques ont fixé un objectif de progression de leurs encours de l'ordre de 3% à 4% dans ces différents types de financement de l'économie.
Edité par Jean-Michel Bélot
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