par Matthieu Protard
PARIS (Reuters) - Dexia publie un bénéfice net au premier trimestre 2009 supérieur aux attentes du marché, grâce notamment à des charges moins élevées que prévu, entraînant la hausse de l'action.
Le leader mondial du financement des collectivités territoriales, sauvé de la faillite à l'automne dernier, a indiqué avoir réalisé un résultat net de 201 millions d'euros alors que les analystes attendaient 86 millions, selon le consensus établi par Inquiry Financial Intelligence.
Vers 9h45, le titre Dexia gagnait 7,37% à 4,53 euros après avoir ouvert en hausse de 9%. L'indice sectoriel DJ Stoxx des banques européennes était en baisse de 1,31% au même moment.
"On remarque un retour à la rentabilité. C'est encourageant", note Christophe Ricetti, analyste chez Natixis.
"Mais le financement à long terme de Dexia et l'avenir de la banque restent un sujet", ajoute-t-il.
Dexia a dégagé un résultat brut d'exploitation en hausse de 44,9% à 807 millions d'euros sur les trois premiers mois de l'année.
Ses charges se sont élevées à 807 millions d'euros, alors que les analystes en attendaient un milliard d'euros.
Ses revenus sont également meilleurs qu'attendu, à 1.703 millions d'euros au premier trimestre, contre une prévision moyenne de 1.444 millions d'euros.
"Après une perte nette de 3,3 milliards d'euros en 2008, Dexia a renoué avec les bénéfices début 2009", souligne Pierre Mariani, l'administrateur délégué de la banque.
Son coût du risque, qui mesure les provisions passées dans les comptes, a augmenté sur le trimestre de 42% à 1,4 milliard d'euros.
Le groupe franco-belge a par ailleurs évalué à 419 millions d'euros l'impact de la crise sur son résultat net du premier trimestre, ce chiffre incluant 201 millions d'euros de dépréciations et de pertes sur son portefeuille d'investissements des activités d'assurance.
Dexia indique qu'"aucune dépréciation significative" n'a été passée au début de l'année sur son portefeuille obligataire de 157 milliards d'euros, géré en extinction.
"Les revenus générés par ce portefeuille ont été affectés par le coût de la garantie des Etats et par la hausse des coûts de refinancement à long terme", précise-t-elle néanmoins.
VENTE DE FSA FINALISÉE D'ICI FIN JUIN
Touché par la crise financière, le groupe franco-belge a bénéficié fin septembre d'une injection de 6,4 milliards d'euros de la part de la Belgique, de la France, du Luxembourg et d'un certain nombre d'actionnaires-clés.
Les trois Etats, qui ont aidé la banque pour éviter un risque systémique, lui ont également apporté pour 150 milliards d'euros de garanties.
Depuis cet automne, une restructuration en profondeur des activités de Dexia a été engagée, avec notamment la cession de son rehausseur de crédit américain Financial Security Assurance (FSA) à Assured Guaranty.
La banque espère finaliser cette transaction d'ici fin juin.
Dans le cadre de son plan de réorganisation, elle a aussi prévu d'économiser 600 millions d'euros, soit 15% de ses coûts, sur les trois prochaines années et a annoncé 900 suppressions de postes en 2009.
La Commission européenne a décidé le 13 mars d'ouvrir une enquête approfondie sur Dexia pour s'assurer que son plan de restructuration, qui bénéficie de fonds publics, garantira la viabilité du groupe à long terme.
Edité par Pascale Denis et Jean-Michel Bélot
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