(BFM Bourse) - Une véritable débandade! Dexia plonge de 11% à 4,45 euros vendredi après-midi. C'est un euphémisme de dire que les premières conclusions de la revue stratégique menée par la banque franco-belge ont débouché sur une déception. En clair, rien de ce qu'a annoncé Dexia vendredi matin n'est apparu positif ou un tant soit peu rassurant, et surtout pas la solution trouvée pour régler le problème de la filiale américaine en difficulté FSA.
La perte nette trimestrielle de Dexia a dépassé 1,5 milliards d'euros, et la banque avertit d'ores et déjà que « les résultats comptable du quatrième trimestre seront influencés défavorablement ».
En outre, l'accord dit de « sale and purchase agreement » avec Assured Guaranty Ltd (Assured Guaranty) relatif à la vente de FSA Holdings (FSAH), va étrangement se traduire par une prise de participation de 24,7%, en guise de paiement, dans... une société (Assured Guaranty) spécialisée comme FSA, dans le réhaussement de crédit. De quoi s'interroger sur la réalité du changement stratégique. D'autant que la transaction ne concerne pas l'activité Financial Products de FSA, pourtant la plus problématique.
« Les comptes trimestriels sont assez catastrophiques, et la stratégie est pour le moins peu convaincante », confirme Frédéric Rozier, de la société de gestion Meeschaert. « Si l'on schématise, Dexia vient de conclure un accord qui se traduit par le maintien dans son périmètre de tous les actifs toxiques de FSA - certes avec la garantie de l'Etat - et la vente des meilleurs actifs en échange d'une participation dans une structure jugée encore plus fragile que FSA ! », s'étonne l'analyste.
En effet, souligne-t-il, « les CDS (Credit Default Swaps) 5 ans de FSA étaient de 1090 pts au moment de la transaction, tandis que ceux de Assured Guaranty sont montés à près de 1300 pts 1298 pts ! Même sur Lehman Brothers, avant l'annonce de la faillite, je n'ai pas le souvenir de niveaux aussi élevés, ce qui donne une idée du peu de crédit que les marchés accordent à Assured Guaranty ». Les CDS, qui sont des contrats de protection contre les faillites, reflètent en effet l'estimation par les investisseurs du risque de défaut d'une société.
« Le marché est déçu parce qu'il s'attendait à ce que Dexia tire définitivement un trait sur ses activités américaines sur le marché du crédit. La cession pour un euro symbolique de l'ensemble de FSA, y compris les activités les plus en difficulté, aurait sûrement été mieux accueillie », conclut Frédéric Rozier.
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