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CREDIT AGRICOLE

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Credit agricole : Le crédit agricole va chèrement payer sa sortie d'intesa

lundi 20 décembre 2010 à 16h09
Le crédit agricole va chèrement payer sa sortie d'intesa

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Le Crédit agricole subit un nouveau revers dans son expansion à l'international, ses comptes risquant fort de basculer dans le rouge au quatrième trimestre après la dépréciation de 1,25 milliard d'euros passée sur sa participation dans Intesa Sanpaolo.

La banque française, qui bataille déjà pour redresser sa filiale grecque déficitaire Emporiki rachetée en 2006, prend désormais le risque d'attirer l'attention du marché sur l'avenir de ses parts dans l'espagnol Bankinter (20%) et le portugais Banco Espirito Santo (11%), elles aussi affectées par la chute des cours.

Depuis le début de l'année, les titres des deux banques de la péninsule ibérique ont reculé de près de 42% et de 37% respectivement.

La direction de Crédit agricole SA (Casa), le véhicule coté de la Banque verte, a indiqué qu'elle n'avait pas encore pris de décision sur ces participations alors que la banque doit présenter un plan stratégique à trois ans en mars prochain.

Pour certains analystes, la décision du Crédit agricole de déconsolider sa part de 4,79% dans Intesa est toutefois un signe que la banque pourrait décider de gérer ses différentes participations plus activement que par le passé.

"Casa, en décidant de valoriser sa participation dans Intesa en valeur de marché, montre que la banque veut gérer ses participations internationales de manière plus pro-active", souligne Patrick Leclerc, analyste chez Bank of America Merrill Lynch, qui s'attend désormais à une perte nette de 376 millions d'euros pour Crédit agricole SA au quatrième trimestre.

"Casa risque d'attirer encore plus l'attention sur le sort de sa participation dans Bankinter apparemment peu stratégique", souligne de son côté Pascal Decque, analyste chez Natixis, qui table maintenant sur une perte de l'ordre de 500 millions au T4.

D'après les données de Thomson One, les analystes anticipaient, avant l'annonce de la dépréciation sur Intesa, un bénéfice net de 716 millions d'euros pour Crédit agricole SA au quatrième trimestre et de 2,44 milliards pour l'ensemble de l'exercice 2010.

SOUS-PERFORMANCE BOURSIÈRE

Associé aux incertitudes liées à l'impact des nouvelles normes prudentielles du comité de Bâle, dites Bâle III, le manque de visibilité sur la stratégie de la banque n'incite pas les investisseurs à revenir sur l'action Crédit agricole

SA.

A la Bourse de Paris, le titre abandonne plus de 19% depuis le début de l'année et sous-performe l'indice de référence Stoxx 600 des banques européennes (-9,63%). BNP Paribas et Société générale reculent de 10,4% et de 15% respectivement.

Le Crédit agricole a décidé vendredi d'accélérer sa sortie d'Intesa Sanpaolo en mettant un terme à sa présence au conseil de surveillance de la banque italienne.

Dans le cadre de l'accord trouvé en février dernier avec les autorités italiennes de la concurrence, le groupe français a encore jusqu'à la mi-2011 pour vendre ses 4,79% restants dans Intesa mais ses dirigeants ont décidé de prendre les devants en reclassant dès maintenant comptablement cette participation en "actifs financiers disponibles à la vente".

"Cette opération était annoncée et inéluctable, mais le groupe pouvait aisément attendre la date limite, fixée au 30 juin 2011. Pourquoi un tel empressement?", s'interroge Pascal Decque.

"La probabilité d'un relèvement du cours d'Intesa étant faible dans le contexte actuel, la nouvelle direction générale de Casa a sans doute préféré enregistré cette perte latente maintenant plutôt qu'en juin 2011", estime Pierre Chedeville, analyste de CM CIC Securities, qui pronostique une perte de 590 millions d'euros pour le T4.

Consciente que le marché scrute avec attention ses ratios de solvabilité financière, la banque a pris bien soin de préciser que cette opération de déconsolidation n'aurait aucun impact sur ses prévisions concernant les impacts des normes de Bâle III.

L'absence de recours à une augmentation de capital pour renforcer ses fonds propres est par conséquent confirmée.

Sans pour autant dévoiler ses ambitions à trois ans, le Crédit agricole a d'ores et déjà fait savoir qu'il excluait pour le moment de se lancer dans de nouvelles acquisitions pour accélérer son développement en Europe.

Son directeur général, Jean-Paul Chifflet, a clairement indiqué que l'accent serait mis sur la croissance organique et que la restructuration de sa filiale Emporiki, très affectée par la récession qui frappe la Grèce, restait la priorité de la banque.

Emporiki doit renouer avec les bénéfices à compter de 2012.

Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2010 Thomson Reuters

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