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Cellectis : "leader européen des sciences de la vie d'ici 5 ans"

(Tradingsat.com) - L'annonce par Cellectis du lancement de son offre TALEN a récemment provoqué un regain d'intérêt des investisseurs pour cette société pionnière de l'ingénierie des génomes au niveau mondial. Marc Le Bozec, le directeur financier du groupe et directeur général de Cellectis bioresearch, rappelle les grandes ambitions de Cellectis dans les sciences du vivant.

Tradingsat.com : Votre dernière annonce a plu au marché. Qu'est ce qu'une offre TALEN Access ?

Marc Le Bozec : C'est une offre basée sur les TAL nucléases, des « ciseaux » à ADN spécifiques. Ces nouvelles molécules permettent de supprimer un gène de manière très efficace dans tout type cellulaire, et non plus seulement de corriger ou d'ajouter un gène. Les TAL nucléases complètent notre offre, et surtout ouvrent un nouveau marché mondial, tout juste émergent, sur lequel nous nous positionnons en même temps que le groupe américain Sigma Aldrich, qui est notre unique concurrent.

Tradingsat.com : Un concurrent sérieux ?

Marc Le Bozec : Très sérieux. Mais c'est une concurrence bénéfique pour l'essor d'un nouveau marché aussi pointu. Sigma Aldrich a réalisé 2,3 milliards de dollars de chiffre d'affaires l'an passé, sa capitalisation boursière s'élève à 7,6 milliards… Cette nouvelle activité constitue le cœur de leur stratégie de croissance.

Tradingsat.com : A combien s'élèvent vos ventes d'outils de recherches aux chercheurs aujourd'hui ?

Marc Le Bozec : Ces activités regroupées dans notre filiale Cellectis bioresearch ont réalisé des ventes proches du million de dollars en 2010, mais la courbe de croissance est très rapide ! Nous pensons doubler ou tripler le chiffre d'affaires chaque année, sur la base de projections assez conservatrices. A moyen terme, à horizon de 4 à 5 ans, si un grand nombre de laboratoires en sciences du vivant adoptent notre technologie ou celle de notre concurrent, le marché représentera alors déjà plusieurs centaines de millions de dollars. Cela va aller très vite.

Tradingsat.com : Vous publiez vos résultats 2010 à la fin du mois. En 2009, le chiffre d'affaires de Cellectis était encore relativement modeste (12 millions d'euros).

Marc Le Bozec : Tout l'enjeu pour Cellectis est de convertir en ventes sa propriété intellectuelle. D'une société de recherche, nous allons devenir, et nous sommes déjà en train de nous transformer en une société qui vend des produits, qui fait du chiffre d'affaires, de la marge. Nous allons en ce sens nous transformer en une entreprise beaucoup plus « traditionnelle » dans les années à venir.

Tradingsat.com : Atteindrez vous un équilibre financier stable l'année prochaine comme vous l'avez déjà évoqué ?

Marc Le Bozec : La filiale bioresearch sera proche de l'équilibre en 2011 et sera à l'équilibre l'an prochain. Pour l'ensemble du groupe, 2012 ou 2013 est vraiment un objectif crédible. Nous avions donné un horizon de 5 ans lors de l'introduction en Bourse. Ce n'est pas une science exacte, mais nous sommes effectivement « dans les clous ».

Tradingsat.com : Où en sont les développements de vos autres activités, dans l'agronomie notamment.

Marc Le Bozec : Cinq des plus grands semenciers mondiaux utilisent déjà nos technologies : BASF, Bayer Cropsciences, Pioneer, Limagrain et Monsanto. Ils utilisent nos méganucléases pour faire des modifications ciblées dans les génomes de plantes. On peut par exemple apporter à une plante une protection contre les insectes, une tolérance aux herbicides, ou bien améliorer sa valeur nutritionnelle. La stratégie commerciale de nos clients n'est pas de notre ressort, mais certains d'entre eux ont déjà obtenu des résultats en champs…

Tradingsat.com : Vous travaillez aussi sur la substitution au pétrole au moyen des micro-algues.

Marc Le Bozec : Nous avons déposé des brevets et nous sommes en discussions avec deux groupes pour passer à l'échelle industrielle. Les négociations durent depuis un bon moment, ce qui ne n'a rien d'anormal. Les négociations avec Monsanto avaient mis 18 mois pour aboutir… Une signature avec un groupe pétrolier déclencherait pour Cellectis la création d'une entité spécifique et d'un investissement plus massif encore dans ce domaine.

Tradingsat.com : Votre stratégie est-elle toujours de créer une filiale par application ?

Marc Le Bozec : Absolument. A l'heure actuelle, outre Cellectis bioresearch, qui vend des kits d'outils de personnalisation du génome aux chercheur, nous avons créé trois autres filiales : Cellectis plant sciences, qui est dédiée aux applications des méganucléases dans les plantes ; Ectycell, dédiée à la recherche et à la commercialisation, à usage industriel, des cellules souches, et Cellectis Therapeutics, dédiée au développement d'approches thérapeutiques visant les maladies génétiques, des cancers et des infections virales persistantes. Dans ce dernier domaine, nous avons récemment publié toute une série de résultats encourageants sur le virus de l'herpès. L'enjeu est maintenant de pouvoir vérifier l'efficacité de la coupure de virus par des méganucléases sur des patients. Il faudra avant cela confirmer les résultats à plus grande échelle et obtenir l'autorisation de procéder à des essais cliniques.

Tradingsat.com : Les perspectives des activités thérapeutiques de Cellectis se situent donc à moyen, voire à long terme.

Marc Le Bozec : Exactement. C'est pour cela que nous continuons à investir dans différents segments, afin que les dynamiques de nos activités prennent le relais les unes des autres. Les kits de recherches pour les laboratoires « fonctionnent » dès aujourd'hui et vont « délivrer » du chiffre d'affaires dans les 4 à 5 prochaines années. Les OGM commenceront à donner leur pleine mesure d'ici trois ou quatre ans, les cellules souches d'ici quatre ou cinq ans. Les deux activités aux horizons les plus éloignés restent celles qui ont trait aux carburants et aux approches thérapeutiques. Nous pensons être capables de nous positionner d'ici 5 ans comme le leader européen des sciences de la vie.

Tradingsat.com : Quand vos actionnaires verront-ils ces perspectives se traduire dans le cours de Bourse ?

Marc Le Bozec : La Bourse n'a sans doute pas encore pris la mesure des développements que nous avons accomplis ces deux dernières années. Sur le moyen terme, le fait que de grands groupes mettent en avant l'importance de nos marchés devrait cependant finir par convaincre les investisseurs. Nous ouvrons de nouveaux domaines industriels entiers ! Il est somme toute assez normal que le marché mette un peu de temps pour en concrétiser tout le potentiel.

Propos recueillis par François Berthon

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