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Alstom : La France se dote d'une nouvelle arme pour négocier sur Alstom

17/05/2014 par Tradingsat 1
par Jean-Baptiste Vey et Benjamin MalletPARIS (Reuters) - L'Etat français s'est doté jeudi d'une nouvelle arme pour négocier dans le dossier Alstom, dont la branche énergie est convoitée par l'américain General Electric, avec un décret forçant tout acquéreur à obtenir son autorisation … Lire la suite de l'article
17/05/2014 par Ancien27475 0
Les entreprises stratégiques : nouvelle lutte géoéconomique ?

Economie France

par David Von Teuscher (News360x) – 16 mai 2014

Comment interpréter la volonté de rachat d’Alstom par des entreprises étrangères ? Comment expliquer le récent décret renforçant la prise de décision de l’Etat dans les entreprises stratégiques ? Est-elle le révélateur d’une nouvelle lutte entre états alliés ou d’un retour concret à la réalité pour le gouvernement français ? Différentes analyses peuvent être avancées, voire même se compléter.

Pour commencer, il faut savoir que les entreprises stratégiques reflètent leur importance par les secteurs qu’elles incarnent : énergie (nucléaire, éolien, solaire, gaz, pétrole), transport (compagnies aériennes, armateurs, compagnies exploitantes des axes routiers, etc.), communications (téléphone, réseau Internet, etc.), eau (approvisionnement), militaro-industriel (matériel et armes). L’Automobile peut y être incluse, dans une mesure plus discutable, en raison de la représentation de fleuron, porteur d’une grande partie de l’économie nationale. Bref, tout ce qui permet à un pays d’être indépendant, de maintenir une unité territoriale par une coordination de tous ces secteurs. Maîtriser un de ces secteurs est vital pour contrôler un pays, ce qui définit les entreprises stratégiques.

Dans le dossier d’Alstom, le gouvernement français rentre dans plusieurs considérations. Premièrement, un besoin de dégager des liquidités en revendant ses parts pour raison budgétaire, si le termes du rachat sont ainsi convenus. Deuxièmement, intervient la question de la bonne gestion de l’Etat des entreprises publiques ou en partie publiques et de son réel poids dans les prises de décision. Troisièmement, l’Etat semble progressivement se décentraliser et déléguer davantage de pouvoirs aux régions, départements, etc. Enfin, cela rentre dans une dynamique de privatisation et de libéralisme propre à l’Occident. Ce genre de décision ne dépend pas d’une seule et unique raison.

Dans un cadre plus large, les entreprises stratégiques s’imbriquent dans les luttes géoéconomiques.

Aujourd’hui, la croissance mondiale est si difficile à trouver qu’établir des listes de pays développés, émergents et nouveaux émergents n’est pas aisé. Toutefois, certaines tendances se dégagent.

Seuls quelques endroits du monde présentent encore une croissance à forts potentiels : Afrique de l’Ouest, Sud de l’Afrique, quelques pays d’Amérique Centrale et du Sud et quelques pays d’Asie notamment.

Russie et Chine renforcent leur coopération en voulant accroître leur marché interne et viser l’autosuffisance dans certains domaines. L’Inde se rapproche de la Russie, tout comme le Brésil. Il semble donc que les BRICS s’orientent vers un développement inter-croisé. Les coups fourrés des pays occidentaux n’inspirent pas confiance aux nouveaux émergents tels que le Vietnam, Venezuela, Pérou, Kazakhstan et Mongolie. Ces derniers paraissent poursuivre et renforcer leurs liens avec les deux nouveaux géants, Russie et Chine, mais chaque cas dispose de ses propres distinctions.

Les Occidentaux semblent garder la mainmise sur certains nouveaux émergents cependant. Thaïlande, Panama, Colombie, Mexique, Turquie et Arabie Saoudite en sont les meilleurs exemples. [1]

En bref, les pays refusant l’hégémonie occidentale se taille progressivement une plus grosse part du gâteau. Cette tendance est partagée par l’opinion générale.

Une chose est sûre, il y a une bataille pour se partager les maigres restes parmi les Occidentaux, y compris entre eux. Pierre Jovanovic a déjà mis en évidence l’utilité de la planche à billets américaine qui vise à racheter entreprises, hôtels, etc. à l’étranger. [2]

La France, elle, semble piégée dans sa collaboration avec ses partenaires commerciaux traditionnels d’Europe et d’Amérique du Nord. De la sorte, si elle voulait s’en sortir, des attaques spéculatives seraient peut-être à prévoir pour l’en dissuader. Le cas de la vente des deux Mistral à la Russie est un exemple parlant. En dépit de la volonté de l’Etat français d’honorer ses engagements, Washington maintient la pression en exprimant ses préoccupations [5]. Cela illustre parfaitement le rapport de forces et la mésentente entre états qui s’exerce via des contrats entre grandes entreprises et gouvernements.

Alors que les pays étrangers gardent jalousement leurs entreprises stratégiques dans leur giron, les moyens d’affaiblir ses alliés pour mieux les contrôler rentrent dans les guerres de nouvelle génération (Information, financière, économique, etc.). Sur le plateau de l’émission « Ce soir ou jamais ! » le 10 mai 2013, Marie-France Garraud expliquait « on a tout à fait tort de parler d’humeur, de couple, d’amitié etc. Les rapports entre états sont des rapports de forces. Point. »

Le Volte-face du gouvernement ?

Le décret paru au Journal Officiel ce jeudi 15 mai « soumet à l’autorisation préalable du ministre de l’Economie les investissements par des groupes étrangers en France dans les domaines de l’énergie et des transports, mais aussi de l’eau, de la santé et des télécoms. » [4]

Pourquoi un tel décret ? Y-a-t-il eu une soudaine prise de conscience de l’Etat ? Peut-on y voir une réinsertion timide de protection économique ? D’une faible dose de protectionnisme ? Une limite de l’Etat sur son pré carré ? L’illustration par certains médias de ce décret comme un droit de véto est compréhensible. De toute évidence, on peut établir que des consultations entre Matignon, Bercy et le Quai d’Orsay n’ont pu se faire sans l’aval de la Présidence.

De multiples médias en parlent et Bruxelles s’agite face à « tentative protectionniste » de la France. Face à Bruxelles, siège du pouvoir européen, la marge de manœuvre est limitée par l’appareil législatif. Si les pays se combattent à coup de démocratie, les états européens s’insultent entre eux de protectionnisme.

Il reste à voir comment le gouvernement va gérer le dossier et ne pas prendre de posture maladroite.

Arnaud Montebourg, Ministre de l’Economie, déclarait que « ces mesures de protection des intérêts stratégiques de la France sont une reconquête de notre puissance. [...] Mais cela ne veut pas dire qu’il est interdit de s’installer en France ». Aussi ne faut-il pas oublier que chaque déclaration publique des gouvernants est écoutée par les investisseurs et financiers mondiaux qui agissent en conséquence.

L’Etat veut-il sauvegarder le noyau stratégique de la France en établissant un bouclier à l’aide de la législation ? Un soudain regain de patriotisme aurait-il ressurgi chez les ministres ? Ou faut-il y voir une stratégie de reconquête des esprits à la veille des élections européennes ?

Le rachat de la branche Energie d’Alstom ne serait-elle qu’un prélude à de plus vastes rachats ? Il y a deux semaines, le gouvernement a demandé à Areva de modifier sa structure de gouvernance vers un Conseil d’Administration. Le groupe est détenu à 87 % par l’Etat français. La passation vers ce mode de gouvernance permettra aux actionnaires de peser davantage sur les prises de décision de la société. Cela s’inscrit parfaitement dans la continuité du dossier Alstom.

En conclusion, il peut être raisonnable de considérer l’Etat comme une entreprise. Cette comparaison en parallèle n’est pas sans fondement. L’Etat dispose de ses employés, de ses infrastructures, de son budget, de ses financements, de ses normes, etc. Le problème reste à voir comment sa gestion de l’appareil de production s’établit, en l’occurrence le pays. Force est de constater que l’entreprise est malade et que ses seuls outils pour se rétablir appartiennent désormais à sa holding étrangère de Bruxelles, l’Union Européenne. Cependant, Xavier Moreau de RealPolitik.com analyse cette décision : « notre gouvernement a pris conscience de la guerre que mènent les États-Unis contre la France : s’il a décidé d’y résister, nous ne pouvons que nous en féliciter. » [6]

Le dossier n’est pas clôturé. Reste à voir la suite des évènements…
18/05/2014 par Ancien27475 0
Alstom, Lafarge, Publicis, Peugeot : le scandaleux laisser-faire sur le rachat de nos entreprises

Source : gaullistelibre.com

Quel paradoxe ! Comme le notait François Lenglet sur RTL, la très libérale Grande-Bretagne a imposé à Pfizer une audition au Parlement sur son projet d’OPA sur Astra-Zeneca. Malgré l’annonce d’un décret, le fait qu’il ne gène pas General Electric souligne la mollesse de notre gouvernement.

Courage, laissons-faire !

Arnaud Montebourg est très bavard et n’a pas hésité à poser en marinière pour défendre le fabriqué en France (tout en parlant trop souvent, bien maladroitement de « made in France »). Mais sur le fond qu’a t-il fait de concret depuis deux ans à la tête de son ministère ? Pas grand chose en réalité. Son action se limite à encourager telle ou telle entreprise dans le grand Monopoly capitaliste du rachat d’entreprise. C’est ainsi qu’une entreprise chinoise a pu mettre la main sur 14 % de PSA en bas de cycle, et donc à bon compte, ce qui devrait lui permettre de réaliser une grosse plus-value, outre le fait d’être devenue le 1er co-actionnaire d’une des 10 premiers constructeurs automobiles mondiaux.

De même, sur Alstom, il est révoltant de voir Montebourg s’agiter pour pousser son démantèlement par Siemens plutôt que par GE, comme si la nationalité de l’acheteur allait améliorer quoi que ce soit pour les salariés de l’entreprise et notre pays. Cela est d’autant plus rageant que les résultats de l’entreprise montrent qu’elle n’a pas forcément besoin d’alliance, et que si tel était néanmoins le cas, il faudrait investiguer des solutions plus franco-françaises, sans doute avec Areva. De même, le gouvernement laisse faire le rachat de SFR par une entreprise luxembourgeoise. Il a également laissé faire la fusion Publicis-Omnicom, avant que celle-ci n’échoue pour d’autres raisons.

Une autre politique possible

Bien sûr, beaucoup de commentateurs présentent les transactions multi-nationales comme une chose inévitable. Pourtant, comme le rappelle François Lenglet, il est toujours possible d’agir. De nombreux pays ne laissent pas faire le rachat d’entreprises nationales. Les Etats-Unis ou l’Allemagne ont bloqué des transactions qui leur déplaisaient (tout comme la France avec Danone). Et même la Grande-Bretagne, peu regardante jusqu’à peu (Mini racheté par BMW, Jaguar par Ford puis Tata), commence à changer de point de vue du fait du poids d’AstraZeneca dans son économie (près de 10% de la R&D privée du pays). Bref, la tendance de fond semble être à une plus grande protection.

Il est d’autant plus préoccupant de constater l’apathie du gouvernement que cela envoie le signal à de potentiels acheteurs que la France est en libre-service. En outre, certaines opérations de rachats peuvent être maquillées en fusion d’égaux. Pire, notre pays peut être une proie pour des prédateurs qui imaginent générer de grosses économies fiscales en déplaçant le siège de l’entreprise. Il est difficile de ne pas voir le poids d’un tel facteur dans le projet, heureusement avorté, de la fusion Publicis-Omnicom (dont le siège social devait être à Londres…) ou dans l’opération de rachat de Lafarge par le Suisse Holcim. Bref, toutes ces opérations pénalisent notre pays à un double niveau.

Le gouvernement, par la voix d’Arnaud Montebourg, s’agite en publiant un décret qui pourrait lui permettre d’intervenir. Mais s’il s’agit seulement de choisir qui sera celui qui pourra dévorer Alstom, comment cela semble être le cas, alors, il s’agira encore une fois d’une agitation totalement vaine.
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