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Alstom : Pas de "plan B" mais pas de nécessité après Siemens

mercredi 6 février 2019 à 14h53
Alstom: Pas de

PARIS (Reuters) - Alstom n'a pas de "plan B" après le rejet de son projet de fusion avec l'allemand Siemens par la Commission européenne mais n'a pas besoin de relancer dans l'immédiat un projet de même nature, a déclaré mercredi le PDG du groupe français, Henri Poupart-Lafarge.

La Commission européenne a rejeté mercredi le projet de fusion entre Alstom et Siemens, censé créer un champion européen du ferroviaire avec le soutien de Paris et Berlin face à la concurrence internationale, notamment chinoise.

Bien qu'il dise ne pas comprendre cette décision, en raison notamment des remèdes proposés dans le cadre du projet, Henri Poupart-Lafarge a estimé dans la foulée qu'Alstom avait "tous les atouts" pour continuer à se développer et à "saisir des opportunités", précisant que le groupe réfléchissait à la suite de son plan stratégique actuel.

"Il n'y a pas de plan B (...). Nous ne sommes pas dans un cas où nous devons absolument bouger, où nous serions dans un espèce de Monopoly d'acteurs", a dit le PDG lors d'une conférence de presse téléphonique.

"Il n'y a pas nécessité aujourd'hui de replonger - du tout - dans un projet tel que celui avec Siemens", a ajouté Henri Poupart-Lafarge.

"Il faut que nous trouvions d'autres routes pour continuer notre expansion, d'autres routes pour contrer efficacement les avancées [du chinois] CRRC (...) et également tous les nouveaux acteurs qui peuvent naître", a-t-il souligné.

"Ça sera peut-être beaucoup plus organiquement que ce que nous souhaitions, ça demandera peut-être plus d'investissements à terme, c'est à voir. Ce que je dis, c'est que ce n'est pas nécessaire d'aller forcément vers quelqu'un d'autre immédiatement."

ALSTOM DÉNONCE LES "PRÉJUGÉS" DE LA COMMISSION

Alors qu'Alstom prévoyait de verser un dividende exceptionnel à ses actionnaires - en premier lieu Bouygues - en cas de fusion avec Siemens, Henri Poupart-Lafarge a déclaré qu'il était "beaucoup trop tôt" pour dire ce que le groupe ferait des fonds prévus pour cette opération et qu'il devait réfléchir à ce qui constituerait sa "meilleure structure financière".

Le dirigeant a également déclaré qu'Alstom devait encore étudier - tout comme Siemens - l'opportunité de déposer un recours contre la décision de Bruxelles. Il y voit toutefois peu de gains potentiels, même si un tel recours serait selon lui probablement couronné de succès.

"Je pense qu'il y avait des préjugés au sein de la Commission et ma conviction, c'est que quoi qu'on ait proposé, la réponse aurait été négative", a-t-il également indiqué.

Alstom avait auparavant indiqué dans un communiqué qu'il allait désormais définir sa nouvelle feuille de route stratégique, avec "une allocation appropriée du capital", et se concentrer sur sa croissance.

"Je n'ai absolument pas d'interrogation sur notre capacité à mettre notre stratégie en place une fois que nous l'aurons définie, puisque nous avons la chance de bénéficier d'une situation bilancielle extrêmement solide", a dit Henri Poupart-Lafarge.

(Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2019 Thomson Reuters

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