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Quand les traders veulent passer aux 35 heures

samedi 9 novembre 2019 à 07h30
Les traders vont-ils passer aux 35h ?

(BFM Bourse) - Deux influentes associations de gérants et traders ont interpellé les opérateurs boursiers européens avec une proposition inattendue: réduire l'amplitude horaire d'ouverture des marchés. Ils suggèrent de ne débuter les cotations qu'à 10h00 pour clôturer dès 17h00. Euronext et le London Stock Exchange ont indiqué qu'ils allaient, en tous cas, étudier la question.

Afin "d'améliorer la représentation des femmes et le bien-être dans les salles de marché", deux fédérations professionnelles -l'Association for Financial Markets in Europe (AFME) qui porte la voix des banques d'investissement et The Investment Association (IA) qui représente les gérants d'actifs britanniques- plaident pour des séances boursières plus courtes sur les marchés européens.

Dans une lettre conjointement adressée au LSE, propriétaire de la Bourse de Londres, ainsi qu'aux autres opérateurs européens, ces deux associations suggèrent une ouverture de la séance à 9 heures et une clôture à 16 heures au lieu d'une amplitude de 8h00-16h30 jusqu'à présent pour le marché londonien. Pour les Bourses continentales, le marché ouvrirait entre 10h et 17h, contre 9h-17h30 actuellement.

Ce raccourcissement des horaires permettrait d'améliorer l'égalité et le bien-être dans les salles de marché, réputées véhiculer une culture souvent machiste et où la tension nerveuse est souvent forte. En outre, l'industrie financière est l'une de celles où la discrimination salariale est la plus élevée. Ces horaires matinaux ont aussi été "identifiés comme un obstacle de taille pour le recrutement et le fait de garder des talents plus divers, en particulier ceux qui ont des familles", précisent les deux associations dans un communiqué commun.

L'espoir, in fine, est de rendre les marchés plus efficaces, au bénéfice à la fois des épargnants et des investisseurs. "Nous avons entendu tant d'histoires bouleversantes sur la santé mentale des traders et une vie personnelle affectée par les heures de travail", explique Galina Dimitrova, de l'IA, citée dans le communiqué.

De plus, en pratique les échanges sont souvent peu fournis lors des premières heures de cotation, tandis que la dernière heure de la séance compte pour environ 35% des volumes (la tendance est à la concentration des échanges dans les dernières minutes de chaque séance, du fait notamment de la montée en puissance des fonds indiciels).

Les professionnels de l'investissement rappellent en outre que l'amplitude horaire en Europe (8,5 heures quotidiennes) est beaucoup plus large qu'aux Etats-Unis (6,5 heures) ou qu'en Asie (6 heures, voire seulement 4 heures à Tokyo et Shanghai), sachant que les traders commencent leur journée bien avant l'ouverture et la finissent après la clôture.

"Le marché boursier risque de prendre du retard par rapport à une industrie financière qui pousse pour davantage de diversité et d'inclusion si le problème des journées à rallonge n'est pas pris en considération", prévient April Day, responsable des actions chez l'AFME.

La directrice de la communication de l'AFME Rebecca Hansford indique que l'association a eu "des premiers échanges intéressants avec le LSE et Euronext, qui ont confirmé qu'ils allaient mettre le sujet sur la table lors de la consultation prévue en novembre".

De son côté, Euronext affirme être "ouvert et disposé à entamer un dialogue avec tous les actionnaires y compris les sociétés cotées, les membres du marché ainsi que les gestionnaires d'actifs". Toutefois, ajoute l'opérateur boursier européen, "c'est une question complexe qui concerne à la fois la qualité du marché, la qualité de vie des opérateurs ainsi que la compétitivité européenne en matière de couverture de fuseaux horaires, la "trading value chain" et bien d'autres choses encore", autant de sujets qui méritent d'être sérieusement pris en considération par l'ensemble de l'écosystème financier".

Le London Stock Exchange a également annoncé qu'il allait examiner ces propositions. L'indice FTSE 100 géré par le LSE et qui regroupe les cent entreprises britanniques les mieux capitalisées cotées à la bourse de Londres ouvre depuis 1999 à 8h00 heure locale, soit 9h00 à Paris, de façon à se synchroniser avec les autres places européennes. Si les nouveaux horaires viennent à être mis en application, cela se traduirait par une réduction de 30 minutes du temps de chevauchement des marchés londoniens et américains, ce que les analystes et experts considèrent comme potentiellement au détriment du LSE. "La grande force de Londres, c'est de chevaucher à la fois les marchés asiatiques et américains" a confié Chris Bailey, stratégiste chez Raymond James, un groupe spécialisé dans la banque d’investissement et la gestion d’actifs, à Reuters. Il estime pour sa part que "la configuration actuelle est à peu près juste".

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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