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Les performances très décevantes des sociétés introduites en Bourse depuis 5 ans

samedi 28 décembre 2019 à 11h30
Les petites valeurs introduites en Bourse affichent des résultats assez mauvais

(BFM Bourse) - Selon que les candidats à l'introduction se classent parmi les grandes ou les petites capitalisations, leur performance boursière dans la durée est souvent à l'opposé, relève la Lettre Vernimmen. À plus d'un milliard de capitalisation, la performance moyenne depuis 2014 est positive - alors qu'elle est fortement négative pour les entreprises valorisées moins d'un milliard d'euros au moment de leur IPO.

La performance des introductions en Bourse en France depuis 2014 n'est pas sans laisser des regrets à bien des investisseurs. En moyenne, le résultat est une baisse de 33% du cours de l'action, indique un article paru dans le numéro 174 de la Lettre Vernimmen. Et ce sont les petites et moyennes capitalisations (moins d'un milliard d'euros) qui souffrent le plus, tandis que les introductions de plus grandes sociétés -minoritaires en nombre- aboutissent généralement à une performance positive.

Les auteurs de la Lettre Vernimmen, Pascal Quiry et Yann Le Fur, n'y vont pas par quatre chemins. Sur la durée, la performance des actions nouvellement arrivées en Bourse "n'a pas été brillante, et nous sommes gentils" : sur 101 sociétés introduites en Bourse depuis 2014, la performance moyenne est de -33 % (-48 % en médiane). Et encore, ce résultat bénéficie d'un biais du survivant, les entreprises ayant fait faillite ou retirées de la cote à vil prix n'étant pas comprises dans cette moyenne.

Par comparaison l'indice SBF 120 s'est apprécié de 36% durant la même période, certes largement porté par les grosses capitalisations, mais même le CAC Mid & Small affiche une performance positive (+55%).

Mieux vaut miser sur les grosses sociétés

La Lettre Vernimmen souligne un différentiel très net de performance selon le niveau de capitalisation boursière des entreprises au moment de leur IPO. Les entreprises capitalisant plus d'un milliard d’euros (un sixième seulement du total) ont vu leur cours progresser dans 62 % des cas. En deçà d'une capitalisation d'un milliard, ce sont seulement 13% des sociétés introduites qui ont réussi à afficher une hausse de leur cours. Alors qu'en moyenne les premières -parmi lesquelles ALD, Amundi, Neoen, Worldline etc.- ont enregistré une progression de leur cours de 11%, les secondes ont subi 46% de recul.

Plusieurs facteurs expliquent cette dichotomie. D'une part, pour les grandes introductions en bourse, l’essentiel des investisseurs sont des institutionnels qui ont les moyens humains et techniques d’analyser le dossier et la valeur. Et s’ils la trouvent excessive, ils boudent l’introduction, voire la font échouer. Mais pour les petits dossiers, les grand institutionnels sont souvent absents (le mandat confié au gestionnaire d'un fonds d'une certaine taille lui interdisant généralement de se positionner sur des capitalisations inférieures à un seuil donné) et on retrouve essentiellement des petits porteurs, des petits fonds et des family offices dont le niveau de sophistication financière est bien moindre, constate La Lettre.

Il est possible aussi que les banquiers introducteurs pour les grosses opérations, qui différent assez souvent de ceux des petites opérations, fassent beaucoup plus attention, car ils ont une réputation à protéger dans la durée. Au contraire sur les petites IPO on voit souvent de petites maisons spécialisées, "boutiques voire échoppes" apparaître et disparaître en quelques années.

La patience des petits porteurs épuisée?

Les entreprises de petite taille ont par définition un modèle économique moins assuré, plus fragile, et parfois pas de modèle économique du tout, tancent en outre les auteurs de la Lettre, très dubitatifs vis-à-vis des nombreuses biotechs et autre greentechs venues se coter sur Euronext Paris. "Sans aucun doute la loi TEPA, en permettant de déduire de ses impôts 50% des souscriptions à une augmentation de capital de PME, a conduit à pousser à la hausse les valeurs. L’avantage fiscal revenant alors in fine -comme le législateur le souhaitait- à l’entreprise qui a pu émettre à bon compte des capitaux propres, et non à l’investisseur que le mot "défiscalisation" aveugle comme il s’en rend compte trop tard".

"Il nous semble que seules les entreprises de petite taille qui ont pu lever des capitaux propres à l’occasion de leur introduction en bourse et déroulent leurs plans de développement ainsi financés pour quelques années peuvent s’en féliciter. Elles font le dos rond en attendant que leurs plans produisent des résultats". Les autres "ont de bonnes chances d’être devenues des zombies". De fait 31 d’entre elles capitalisent aujourd'hui moins de 20 millions d'euros (contre 5 au moment de l’introduction en bourse) et 52 moins de 50 millions d'euros (contre 25 à l’introduction). "Pour elles, le coût de la cotation va vite devenir prohibitif", pronostiquent les rédacteurs de la Lettre Vernimmen.

Et a contrario, Pascal Quiry et Yann Le Fur parient qu'il sera désormais beaucoup plus difficile que par le passé d’introduire en bourse des entreprises de petite taille, "compte tenu des résultats catastrophiques (sauf exceptions) enregistrés, la patience des petits porteurs a de bonne chance d’avoir été épuisée pour un certain temps".

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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