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Leader français de la méthanisation agricole, Agripower veut entrer en Bourse

mercredi 13 novembre 2019 à 05h30
Agripower mène son IPO jusqu'au 14 novembre

(BFM Bourse) - Pour son entrée en Bourse, Agripower ne craint pas de devoir faire la course aux suffrages des investisseurs face à la Française des Jeux. La société nantaise, aux avant-postes des solutions de méthanisation destinées à l'agriculture, présente évidemment un profil tout différent, axé avant tout sur la croissance.

Et si Agripower faisait le bon calcul en s'introduisant en Bourse parallèlement à la Française des Jeux? S'il n'est évidemment pas facile pour une PME d'exister médiatiquement face à la campagne de communication de l'opérateur français de jeux de loterie, après tout le profil de la société établie en Loire-Atlantique à Carquefou, dans le pays nantais, pourrait aussi tenter également des investisseurs intéressés par FDJ, histoire de diversifier leurs thématiques d'investissement. Même si Agripower est déjà rentable, son principal attrait est en effet son potentiel de croissance, alors que dans le cas de la Française des Jeux le dividende est évidemment l'argument numéro 1.

Fondée en 2012 par Eric Lecoq, son actuel PDG, la société s'est spécialisée sur un marché en plein essor, celui du biogaz (gaz naturel produit par la dégradation de matière organique animale ou végétale, comme les lisiers et autres effluents d’élevage, les déchets agricoles, ou bien encore les déchets agroalimentaires issus de la restauration collective). Une filière écologiquement vertueuse, visant à diminuer la consommation de gaz fossile et de valoriser les résidus du processus (digestat) sous forme d'engrais. Le principal débouché à l'heure actuelle est l'agriculture : moyennant l'investissement de départ, de l'ordre de 300.000 euros, une exploitation agricole peut ainsi se procurer un revenu complémentaire -et décorrélé des cours des produits agricoles- en produisant de la chaleur pour différentes activités (séchage de fourrage, chauffage de bâtiments d’élevage ou d’habitations, production d’algues…) et obtenir un résidu organique, appelé "digestat", qui se substitue aux engrais de synthèse. Avec pour effet bonus de réduire les odeurs de lisier épandu...

La France en retard par rapport à l'Allemagne

Mais tandis qu'en Allemagne on recense déjà 9.300 unités de méthanisation (souvent de taille importante) la France apparaît très en retard avec l'objectif du ministère de la Transition écologique d'atteindre 1.000 unités d'ici 2020... Qui serait déjà une belle performance puisqu'on n'en compte encore que 588 actuellement !

Avec 50 unités installées à son actif, Agripower est l'un des principaux acteurs de ce marché, face à une concurrence très atomisée (la majorité des intervenants ne réalisant que quelques unités par an). L'entreprise n'est ni fabriquant ni exploitant: son savoir-faire consiste à réaliser l'étude et la conception de l'unité, en adéquation avec les besoins des agriculteurs, et la maîtrise d'ouvrage de son installation.

Grâce à cette offre différenciante, et ne nécessitant qu'une structure légère, Agripower a réalisé sur l’exercice clos au 30 juin dernier un chiffre d'affaires en croissance de +44%, à 7,2 millions d'euros, avec une marge d'exploitation de 10,1%.

Objectif : lever plus de 5 millions d'euros

La société s’appuie notamment sur des partenariats commerciaux avec des coopératives agricoles dans le Grand Ouest et le Nord de la France. Avec plus de 100 unités individuelles et 6 collectives (projets plus important, pour des groupements d’agriculteurs ou d'industriels ou des collectivités) signés, Agripower disposait fin juin 2019 d’un carnet de commandes de 33 millions d'euros, à réaliser d’ici 2021, soit plus de quatre fois le chiffre d’affaires du dernier exercice. À plus long terme, le groupe se fixe ainsi comme objectif d’atteindre en 2023 un chiffre d’affaires de 40 millions d'euros.

Pour accompagner sa croissance, l'entreprise va pour la première fois ouvrir son capital (jusqu'ici intégralement détenu par le fondateur) au prix fixe de 6,70 euros par action, représentant une levée de fonds de 5 millions d'euros (5,75 millions avec la clause d'extension), afin notamment de renforcer les équipes techniques et commerciales. L'offre se clôturera la 14 novembre, quelques jours avant celle de la FDJ.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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