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Le manque d'eau, un risque bien réel pour la solidité financière des entreprises

samedi 3 novembre 2018 à 08h00
Comment le risque lié à l'eau impacte le risque de crédit des entreprises

(BFM Bourse) - Alors que l'accès à l'eau est reconnu comme l'un des enjeux majeurs du XXIe siècle, les risques de pénurie -ou à l'inverse de crue- jouent un rôle de plus en plus important dans la notation des entreprises, selon Standard & Poor's.

Si l'eau apparaît comme l'une des ressources stratégiques du XXIe siècle, les risques pesant sur les approvisionnements ne cessent de grandir. Ce qui ne va pas sans conséquence sur la santé financière de certaines entreprises. Selon Standard & Poor's, les préoccupations liées à l'eau reviennent de plus en plus souvent dans l'analyse de la solidité financière des entreprises suivies par l'agence de notation financière.

Le déficit en eau pourrait atteindre 40% de la demande mondiale

Les risques liés à l'eau représentent un des principaux facteurs environnementaux, regroupant la pénurie (ou "stress hydrique", lorsque la demande dépasse la quantité d'eau renouvelable chaque année), la dégradation de la qualité des eaux, les risques météorologiques (crue ou sécheresse). Selon un rapport de la Banque mondiale, le déficit global en eau pourrait atteindre 40% en 2030. Le changement climatique est par ailleurs voué à affecter la disponibilité et la qualité de l'eau naturellement disponible.

Ces risques ne manquent pas de se répercuter dans l'activité économique

Les secteurs les plus consommateurs d'eau (services aux collectivités et services énergétiques, minerais et métallurgie, agriculture) figurent évidemment parmi les plus affectés, à l'image par exemple des producteurs d'électricité SABESP et Companhia Energética de São Paulo (CESP). La sécheresse historique dans le nord-est du Brésil a pesé sur leur production en perturbant le fonctionnement des barrages hydroélectriques, amenant S&P à dégrader sa notation.

Plus près de nous, l'agence a aussi revu en baisse la note de la société chargé de gestion en eau de Londres, Thames Water, en raison de performances décevante en matière de service et de gestion de son réseau d'approvisionnement, affecté par un taux de fuites particulièrement élevé. L'entreprise, dont la marge de manœuvre financière n'était déjà pas très importante, s'est vu imposer des amendes. Malgré une amélioration partielle, Thames Water a du reste encore dépassé en 2017 son objectif de pertes hydriques pour son réseau, et ses clients ont encore subi des coupures.

Des répercussions en bout de chaîne

Mais les conséquences peuvent aussi être indirectes. Ainsi la sécheresse dans plusieurs régions productrices de coton en 2010 et 2011 a entraîné une envolée des prix (à des niveaux inconnus depuis la Guerre civile aux Etats-Unis) ce qui s'est répercutée sur les coûts des fabricants de textiles. S1P a notamment été amené à dégrader la note de Missouri Topco, une entreprise britannique qui exploite une chaîne de prêt-à-porter appelée Matalan. L'agence avertit que la nouvelle sécheresse qui touche cette année le sud des Etats-Unis et les inondations qui ont noyé une partie des champs au Gujarat, en Inde, deux des principales régions productrices, recréent des conditions peu propices, même si cette fois la Chine dispose d'importants stocks.

27% des décisions de l'agence en matière d'environnement liées à l'eau

Sur 9000 mises à jour (modification de la note de crédit ou de sa perspective) publiées par l'agence de notation entre 2015 et 2017, les facteurs environnementaux ont joué un rôle déterminant en 717 occasions, dont 197 cas (soit 27%) spécifiquement liés à l'eau. Au total, la question de l'eau est intervenue aussi fréquemment que celles liées aux conditions sociales.

Toutefois, les décisions ne sont pas toujours négatives. Les entreprises notées qui apportent des solutions comme des technologies de retraitement des eaux usées, ou des technologies permettant d'économiser l'eau dans les processus industriels (comme l'automobile) sont elles plutôt bénéficiaires d'un contexte de pénurie.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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