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Emise en 1648, cette obligation continue à rapporter de l'argent

dimanche 14 juin 2020 à 07h00
Obligation de l'office des eaux Lekdijk Bovendams

(BFM Bourse) - Le paiement d'une obligation émise aux Pays-Bas au XVIIe siècle sans durée déterminée afin de financer le renforcement d'une digue du côté d'Utrecht est formellement honoré jusqu'à nos jours par un office régional de l'eau néerlandais. Bel exemple d'intégrité, même si le coupon est loin d'être la principale motivation du détenteur actuel.

C'est aux Pays-Bas que naquit la première entreprise publiquement cotée, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, une innovation qui donna rapidement naissance à d'autres. Dans la foulée, les pouvoirs publics locaux comprirent rapidement qu'un appel à l'épargne des citoyens des Provinces-Unies leur permettait de financer des dépenses publiques, par le biais des toutes premières obligations au porteur.

Des entités constituées en office des eaux ont émis des obligations pour lever des fonds destinés à des travaux d'assèchement des polders et d'entretien des digues. Une poignée de ces titres ont traversé les siècles, dont ce titre émis par l'Hoogheemraadschap Lekdijk Bovendams, chargé de l'entretien d'une digue de 33,5 kilomètres entre Het Klaphek et Amerongen (du côté d'Utrecht), pour installer un réseau d'écluses permettant de contrôler le débit des eaux et limiter l'érosion. Il faut dire que la digue en question, remontant au XIe siècle, avait tendance à se rompre une ou deux fois par siècle.

Les titres (on ignore combien furent émis) d'un nominal de 1000 florins Carolus, la monnaie créée sous Charles Quint, portaient intérêt annuel de 5%, rapidement ramené à 3,5% puis 2,5%, taux inchangé depuis le XVIIe siècle.

Un titre acquis par l'université de Yale

En 2003, le titre matérialisé à l'origine par un vélin (auquel il a fallu faute de place ajouter un addendum papier dans les années 1940) est passé dans les collections de l'université américaine de Yale, qui l'expose à la bibliothèque Beinecke. La même année, le directeur adjoint de la bibliothèque a fait le voyage jusqu'à Amsterdam pour se signaler au successeur de l'entité émettrice, l'office régional des eaux (Waterschap) de Stichtse Rijnlanden, puis à nouveau en 2015 pour collecter les intérêts des douze années précédentes (136 euros).

Un rendement symbolique par rapport au coût d'acquisition de 27.000 dollars, d'après le bulletin d'information de l'université Yale Daily News. Mais l'idée est tout de même de continuer à percevoir les intérêts tous les dix ou vingt ans, histoire d'éviter que l'obligation retombe dans l'oubli et finisse par être juridiquement considérée comme éteinte.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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