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Après Twitter, Google coupe à son tour l'herbe sous le pied de Zero Hedge

mercredi 17 juin 2020 à 11h23
Google coupe les revenus publicitaires de Zero Hedge

(BFM Bourse) - Le très populaire Zero Hedge (745.000 abonnés sur Twitter et un blog avec des millions de visites) vient de voir son site démonétisé par Google en raison de la prolifération de commentaires jugés "dangereux et dénigrants" contre les manifestants pour l'égalité des droits. Après avoir été banni six mois de Twitter à tort, l'influent blogueur américain conteste et fait appel de cette décision.

Google a confirmé mardi avoir pris des mesures contre deux médias conservateurs en raison de commentaires "dangereux ou insultants" de lecteurs sur leurs sites, et contraires au règlement du géant de l'internet et de la publicité en ligne. Zero Hedge, un site financier classé à droite, ne pourra plus utiliser la plateforme publicitaire de Google, et The Federalist, un magazine conservateur qui traite de politique et de religion, a été averti qu'il devait rectifier le problème.

"Leur section dédiée aux commentaires enfreint régulièrement nos règles sur les propos dangereux et insultants", a justifié Google. "Nous avons des règles strictes en place pour les éditeurs, qui régissent les contenus à côté desquels des publicités peuvent être affichées. Cela concerne aussi les commentaires sur les sites, depuis longtemps", a rappelé un porte-parole du groupe californien.

Décision vivement contestée par Zero Hedge

Sur Twitter, Google a précisé que la section des commentaires de The Federalist avait désormais été retirée, et que le problème était donc résolu. Zero Hedge, de son côté, a fait savoir sur son site qu'il comptait faire appel de cette décision, qui allait avoir "un impact matériel négatif sur le site".

"Comme vous l'avez peut-être lu sur NBC, Google a décidé de suspendre l'hébergement de publicités sur le site "d'extrême droite" Zero Hedge (qui peut apparemment être n'importe quoi, du "blog d'école autrichienne complètement fou" à la propagande russe ou toute autre forme d'expression servant les intérêts de ceux qui ne sont pas d'accord avec nos opinions, ce qui est apparemment le cas de beaucoup de gens ces jours-ci)" a-t-il réagi, avant de mettre en cause le média dont "la moitié de l'article est complètement faux".

"Les deux articles (auxquels fait référence celui de NBC, NDLR) -basés sur une plainte d'un arbitre de la liberté d'expression autoproclamé, le "Center for Countering Digital Hate" (ou "Centre de lutte contre la haine numérique") n'étaient pas les nôtres, il s'agissait d'articles d'opinion de tiers, dont l'un date de 2016" se défend Zero Hedge, qui s'étonne par ailleurs que la "journaliste activiste" de NBC qui a écrit l'article inexact, Adele-Momoko Fraser, ait supprimé un tweet dans lequel elle admet avoir activement collaboré avec "Stop Funding Fake News" et le Centre de lutte contre la haine numérique.

Le règlement appliqué par Google date d'il y a trois ans et fait partie des efforts entrepris par les réseaux sociaux et plateformes numériques pour policer les maux d'Internet, de la désinformation aux incitations à la violence ou à la haine.

Plus de 60% des recettes publicitaires captées par Google et Facebook

"Les sections de commentaires peuvent devenir des lieux où les normes sociales sont balayées (...) Les commentaires négatifs, impolis ou abusifs nuisent à l'article et au final à votre marque. S'ils enfreignent les règles de Google, votre site peut se retrouver inéligible à l'affichage de publicités (via notre plateforme)", expliquait la société en mars 2017.

Les propos proscrits sont notamment ceux qui visent à harceler, intimider ou inciter à la haine, ou encore promouvoir la discrimination contre des groupes de personnes en fonction de leur origine, religion, handicap, âge, nationalité, orientation sexuelle, etc.

La société de la Silicon Valley cherche ainsi à éviter à ses clients, les annonceurs, de voir leurs publicités affichées à côté de contenus problématiques. Pour rappel, Google et Facebook récoltent à eux deux plus de 60% des recettes publicitaires numériques américaines, d'après eMarketer.

Banni 6 mois de Twitter "par erreur"

Zero Hedge n'en est pas à sa première polémique en 2020. Exclu de la plateforme de micro-blogging depuis le 1er février, il est revenu sur Twitter avec un sarcastique "What did we miss?" ("Qu'avons-nous manqué?") le 13 juin dernier.

"Nous avons commis une erreur dans notre action coercitive" avait alors admis un porte-parole de Twitter, interrogé par Bloomberg. Le réseau social avait suspendu le compte de Zero Hedge pour avoir nommé un scientifique chinois travaillant au Wuhan Institute of Virology, l'article en question suggérant que ce dernier était le "créateur" du nouveau coronavirus à l'origine de la pandémie. Le consensus scientifique est désormais que le virus a évolué naturellement et n'aurait pas pu être fabriqué artificiellement.

Zero Hedge, qui officie sur son site sous le pseudonyme de Tyler Durden, l'alter ego imaginaire du protagoniste anarchiste du film culte "Fight Club", s'est dit "heureux que Twitter ait corrigé son erreur". Il avait auparavant qualifié la décision de Twitter d'"arbitraire et injustifiée", estimant par ailleurs que celle-ci était "potentiellement motivée par des raisons autres que celles indiquées". Sur le réseau social, Zero Hedge avait reçu le soutien quasi-unanime de la communauté financière.

(Avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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