(Zonebourse.com) - Wall Street a fini une nouvelle fois sans tendance, avec des indices évoluant en ordre dispersé, avec des écarts 'symétriques sur le Dow Jones (+0,55%) et le Nasdaq-100 (-0,55%), le S&P500 terminant inchangé (+0,01%), avec une peu plus de titres finissant à la hausse.
Le 'VIX', indice du stress ne véhicule aucune indication avec une variation insignifiante de +0,5%.
Wall Street aurait eu de réelles raisons de s'enthousiasmer avec un déficit commercial US qui se contracte de -39% d'un mois sur l'autre et de -75% depuis le mois de mai, et la forte hausse de la productivité aurait également aurait pu être saluée.
Mais les marchés obligataires se sont dégradés, et cela pourrait être à rapprocher d'une déclaration de Donald Trump qui souhaite une explosion de +60% du budget de la défense, à 1.500Mds$ (rappel : le ministère de la défense a été rebaptisé ministère de la guerre par Donald Trump).
Cela suppose un net creusement des déficits d'une part (+600Mds$) et cela interroge sur le risque de participation des USA à de nouveaux conflits, avec une enveloppe équivalente aux 50 plus gros budgets 'défense' des pays classés du rang 2 au rang 51... derrière les Etats Unis.
La Chine, c'était 267Mds$ en 2025, la Russie 126, l'Inde et l'Arabie Saoudite sont à 75Mds$, le Royaume Uni à 71,5, le Japon est 7ème avec 57Mds$.
L'autre 'moment' un peu inattendu, ce fut une déclarations de Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, qui -après la trêve des confiseurs- remet déjà la pression sur Jerome Powell.
Bessent exhorte la Réserve fédérale à abaisser plus rapidement ses taux d'intérêt, estimant qu'il s'agit du principal levier encore disponible pour dynamiser l'économie (alors que le PIB US affichait un rugissant +4,3% de croissance au 3ème trimestre 2025, une statistique toute fraiche, datant du 24 décembre).
Dans un discours devant le Economic Club of Minnesota, il a souligné que des taux plus bas auraient un impact direct sur le quotidien des Américains et permettraient de renforcer la trajectoire de croissance amorcée depuis 2025 sous l'administration Trump.
La Fed a déjà abaissé ses taux de 0,75 point au total depuis septembre 2025, portant la fourchette entre 3,5% et 3,75%.
Toutefois, les perspectives pour 2026 restent incertaines, les marchés anticipant deux nouvelles baisses, tandis que les responsables de la Fed n'en prévoient qu'une seule.
Bessent, qui supervise la sélection du futur président de la Fed en remplacement de Jerome Powell dont le mandat s'achève en mai, figurerait lui-même parmi les finalistes aux côtés de l'ancien gouverneur Kevin Warsh.
Le secrétaire au Trésor a également défendu les fondements de la politique économique du président Trump, citant des réformes réglementaires, des accords commerciaux 'rééquilibrés', et l'adoption du One Big Beautiful Bill comme catalyseurs de la croissance.
Il souligne que l'emploi montre des signes de ralentissement (légère baisse du rapport 'Jolts' publié ce mercredi), justifiant selon lui une politique monétaire plus accommodante, malgré le risque d'un regain d'inflation.
A la veille de la publication du 'NFP', les inscriptions hebdomadaires au chômage étaient très attendues : elles ont augmenté de 8000 aux Etats-Unis lors de la semaine au 29 décembre, pour s'établir à 208 000 (un chiffre légèrement supérieur aux attentes des économistes qui tablaient sur 205 000).
Le Département du Travail a révisé à la marge le chiffre de la semaine précédente, de 199 000 à 200 000.
En ce qui concerne le volet 'activité', après les chiffres de croissance tonitruants du 24 décembre, la productivité non-agricole aux Etats-Unis conforte à son tour les attentes avec un score de +4,9% en rythme annualisé au 3e trimestre 2025, selon l'estimation préliminaire du Département du Travail.
Cette nouvelle envolée de la productivité, qui fait suite à une progression de 4,1% observée au trimestre précédent, résulte d'une augmentation de 5,4% de la production alors que le nombre d'heures travaillées ne s'est accru que de 0,5%.
La progression de 4,9% de la productivité non agricole américaine ayant largement absorbé une hausse de 2,9% du salaire horaire, les coûts unitaires salariaux non-agricoles ont diminué de 1,9% au 3e trimestre, ce qui constitue l'équation quasi idéale.
Mais la véritable surprise provient du déficit commercial américain qui s'est contracté de près de -40%, passant de 48,10Mds USD, à 29,40 : il se retrouve soudain à son plus bas niveau depuis le mois de juillet 2009.
Sur le papier c'est le meilleur résultat depuis 15 ans : hausse de +7,8Mds à 302 milliards de dollars en octobre dernier, forte contraction des exportations de -11 milliards de dollars par rapport à septembre, soit un total de 331,4 milliards de dollars en octobre.
La robustesse des chiffres publiés ce 8 janvier, le creusement des déficits attendus d'ici 2027 (au rythme actuel, la barre des 40.000Mds$ de dette fédérale serait atteint dès ce mois de septembre) jette une ombre sur de futures baisses de taux.
Les T-Bonds US '2035' se retendent de +3Pts à 4,17%, le '30 ans' prend +25Pts à 4,84% (après 4,86% en séance, se rapprochant de son récent 'pire score' de 4,9%.
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