(BFM Bourse) - Les indices américains, qui étaient fermés lundi, souffrent en fin de séance ce mardi 20 janvier, minés par les tensions entre l'Europe et les États-Unis autour du Groenland.
Wall Street a souffert comme rarement depuis ces derniers mois. La Bourse de New York était fermée lundi en raison d'un jour férié en commémoration du pasteur Martin Luther King.
Ce qui fait que, ce mardi, les indices américains ont encaissé du plus belle le choc lié aux menaces douanières de Donald Trump. Et que les marchés européens avaient, eux, déjà commencé à digérer la veille.
À la clôture, le S&P 500, plus important indice de Wall Street, a perdu 2,07% à 6.793,46 points, tandis que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a plongé de 2,39%. Le Dow Jones Industrial Average a, lui, abandonné 1,76%.
Le S&P 500 a signé sa pire séance depuis quatre mois, lorsque l'indice avait plongé de 2,71%, le 10 octobre.
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Les taux obligataires remontent
Face au refus des Européens de voir le Groenland tomber dans l'escarcelle des États-Unis, Donald Trump a annoncé qu'il comptait instaurer des droits de douane additionnels de 10 points de pourcentage à l'encontre de huit pays dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, à compter du 1er février.
Lundi soir, le président américain a remis de l'huile sur le feu, en menaçant, cette fois, d'alourdir à 200% les surtaxes douanières frappant les vins et champagnes français si Emmanuel Macron ne rejoignait pas son "conseil de défense".
"Les marchés ont réagi, mais il est clair que des fluctuations plus importantes sont possibles si les discours se durcissent davantage", commente Deutsche Bank.
"Donald Trump devrait continuer à se montrer actif d'ici là, mais n'oublions pas qu'il s'exprimera demain à Davos, un lieu idéal pour faire connaître au monde entier son point de vue", poursuit la banque allemande.
Alexandre Baradez, d'IG France, note lui l'importance des propos tenus par Scott Bessent, le secrétaire américain au Trésor.
Scott Bessent est perçu comme "l'adulte dans la pièce", celui qui avait contribué à convaincre Donald Trump de faire retomber la pression sur les droits de douane, rappelle le spécialiste de marché.
Or, Scott Bessent a affiché la même posture que Donald Trump. "Son attitude hier (lundi) à Davos a surpris, voire choqué, lorsqu’il a déclaré qu’il serait 'très imprudent' que l’Europe prenne des mesures de rétorsion, ajoutant que tout le monde devait' prendre au mot le Président' (dans sa volonté d’acquérir le Groenland)", développe Alexandre Baradez.
En parallèle, les taux obligataires américains prennent de la hauteur, face aux "inquiétudes liées (...) au coût associé à une acquisition du Groenland", observe Patrick O'Hare de Briefing.com cité par l'AFP.
Le taux de l'obligation américaine à 10 ans grimpe de 6,5 points de base (0,065 point de pourcentage) à 4,291%.
