par Diana Mandia
18 février (Reuters) - Wall Street est attendue en hausse mercredi et les Bourses européennes progressent à mi-séance, touchant des records après une nouvelle série de résultats d'entreprises et une accalmie dans le secteur technologique.
Les investisseurs analysent également l'impact d'une éventuelle fin prématurée du mandat de Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 0,34% pour le Dow Jones, de 0,54% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,74% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 gagne 0,62% à 8.412,90 points vers 12h17 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,97% et à Londres, le FTSE 100 progresse de 1,09%.
L'indice EuroStoxx 50 est en hausse de 0,97%, le FTSEurofirst 300 de 1,01% et le Stoxx 600 de 0,99%, grâce notamment aux actions du secteur de la défense (+2,35%), la technologie (+1,35%) et des banques (+1,91%).
La saison des résultats soutient ce mercredi les marchés d'actions après la publication d'une série de rapports financiers globalement bien accueillis, ce qui contribue à stabiliser le moral plutôt morose des investisseurs en ce début d'année marqué par une recrudescence des inquiétudes autour du secteur technologique.
"L'avenir des produits logiciels et des entreprises nécessite une vision plus équilibrée et nuancée. Toutes les entreprises de logiciels ne feront pas faillite", a déclaré Julian Klymochko, d'Accelerate Financial Technologies, en référence à la crainte que l'intelligence artificielle (IA) ne finisse par détruire le modèle économique du secteur.
Les investisseurs semblent bien moins préoccupés par l'impact qu'un départ prématuré de Christine Lagarde à la présidence de la BCE pourrait avoir sur les prévisions de politique monétaire du bloc.
Selon le Financial Times, elle prévoit de quitter son poste avant la fin officielle de son mandat afin de permettre au président Emmanuel Macron d'avoir son mot à dire dans le choix de son successeur. Francfort a toutefois affirmé qu'aucune décision n'avait été prise.
"Nous ne sommes plus dans la période (Mario) Draghi, où les politiques créatives et non conventionnelles étaient monnaie courante pour lutter contre la désinflation et la fragmentation", déclare Ross Hutchison, responsable de la stratégie de marché pour la zone euro chez Zurich Insurance Group.
"La BCE est en bonne posture (...) Cela réduit les risques immédiats liés à un changement de direction", ajoute-t-il.
Les anticipations des opérateurs en matière de taux d'intérêt n'ont pratiquement pas changé mercredi, les marchés continuant de s'attendre globalement à ce que la BCE maintienne ses taux inchangés d'ici la fin de l'année. Les rendements obligataires et l'euro ne montrent pour l'instant aucun signe de nervosité.
L'évaluation du risque géopolitique reste par ailleurs au centre de l'attention des investisseurs, avec deux négociations majeures qui se déroulent simultanément cette semaine à Genève sur le programme nucléaire iranien et sur un accord de paix entre l'Ukraine et la Russie. LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
A Paris, le plan stratégique de Carrefour ne semble pas convaincre les investisseurs, le géant de la distribution reculant de 6,4%, lanterne rouge du CAC 40.
Le groupe verrier Verallia plonge de 4% après avoir lancé une revue stratégique. BAE SYSTEMS prend 3,45%, le groupe britannique ayant fait état d'un carnet de commandes record pour 2025, dans un contexte d'augmentation des dépenses consacrées à la défense. Ses résultats portent l'ensemble du secteur européen, y compris le groupe français Thales, qui gagne 4,7% à Paris.
Selon des sources, l'Allemagne se prépare à prendre une participation minoritaire dans le constructeur franco-allemand de chars KNDS, ce qui soutient également le secteur de la défense.
Bayer perd plus de 11% après avoir proposé la veille que sa division Monsanto verse 7,25 milliards de dollars dans le cadre d'un règlement judiciaire national aux Etats-Unis afin de solder les poursuites actuelles et à venir contre son désherbant Roundup.
TAUX
Les rendements obligataires de la zone euro sont calmes, les opérateurs ne semblant pas trop préoccupés par un éventuel prochain changement à la tête de la BCE. La politique monétaire devrait rester stable sous une nouvelle présidence, l'inflation étant considérée comme maîtrisée et la croissance sur la bonne voie.
Le rendement du Bund allemand à dix ans grappille 0,2 point de base à 2,7445% et le deux ans 0,4 à 2,0539%.
Les rendements britanniques sont pour leur part en légère baisse, le Gilt à 2 ans perdant près de 1 point de base à 2,244% après les données sur l'inflation, qui a touché son plus bas niveau depuis près d'un an en janvier. Après les données moroses sur le marché du travail, les analystes renforcent leurs paris d'une baisse des taux par la Banque d'Angleterre (BoE) le mois prochain.
"Certes, l'inflation dans les services s'est révélée légèrement plus élevée que prévu, un indicateur auquel la BoE accorde une attention particulière. Toutefois, les données publiées hier (mardi) sur le marché du travail, qui montrent une poursuite de l'affaiblissement de l'emploi ainsi qu'un nouveau ralentissement de la progression des salaires, devraient conduire la majorité des décideurs à relativiser cette résistance à court terme des prix des services", souligne Luke Bartholomew, chef économiste adjoint chez Abderdeen.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans prend 1,3 point de base à 4,0674%. Les opérateurs attendent la publication des "minutes" de la dernière réunion de la Réserve fédérale (Fed) ce soir, avant les données sur l'inflation PCE et le PIB du quatrième trimestre, toutes deux prévues vendredi.
CHANGES Le dollar gagne 0,12% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,16% à 1,1834 dollar.
PÉTROLE
Les prix du pétrole progressent mercredi après avoir reculé lors de la séance précédente, les investisseurs évaluant l'évolution des pourparlers visant à mettre fin à la guerre en Ukraine ainsi que les négociations entre les États-Unis et l'Iran.
Le Brent prend 2,43% à 69,06 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 2,52% à 63,90 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 18 FÉVRIER :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 14h15 Production industrielle janvier 0,4% 0,4%
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Kate Entringer)
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