par Makiko Yamazaki
TOKYO, 25 mai (Reuters) - Le gouvernement japonais va élaborer un budget supplémentaire d'environ 3.000 milliards de yens (16,22 milliards d'euros), a déclaré lundi la Première ministre Sanae Takaichi, attisant les inquiétudes quant à une expansion budgétaire qui pourrait peser davantage sur les finances publiques déjà mises à rude épreuve.
Ce budget supplémentaire intervient alors que le gouvernement japonais a décidé d'utiliser environ la moitié de ses réserves de contingence, d'un montant de 1.000 milliards de yens, pour financer des subventions visant à réduire les factures d'énergie, ce qui accroît la nécessité de reconstituer ces réserves face au risque d'une crise prolongée au Moyen-Orient.
Le Japon a également mis en place des subventions distinctes pour maintenir la stabilité des prix de l'essence, une mesure coûteuse qui épuise rapidement ses réserves d'urgence alors que les prix du pétrole restent élevés.
Sanae Takaichi a déclaré que le budget supplémentaire serait financé par de nouvelles obligations de financement du déficit, mais a ajouté que cette mesure pourrait être mise en oeuvre sans affecter le marché obligataire.
Le calendrier d'émission des obligations d'État restera inchangé par rapport au plan initial, car la hausse des recettes fiscales, des recettes non fiscales et les économies de dépenses attendues devraient rendre inutile l'émission d'environ 3.000 milliards de yens d'obligations de déficit qui était prévue jusqu'en juin, a-t-elle déclaré.
Ce plan, annoncé pour la première fois au début du mois, marque un revirement par rapport aux précédentes déclarations de Sanae Takaichi, dans lesquelles elle excluait la nécessité d’un budget supplémentaire.
Un article publié par la suite par Reuters, selon lequel le gouvernement nippon serait susceptible d'émettre de nouvelles obligations pour financer le budget supplémentaire, a contribué à faire grimper le rendement de l'obligation d'État japonaise (JGB) de référence à 10 ans à 2,8% la semaine dernière, son plus haut niveau depuis octobre 1996.
(Rédigé par Makiko Yamazaki ; version française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)
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