ANKARA, 24 mai (Reuters) - Les autorités turques ont ordonné dimanche à la police d'expulser les dirigeants du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), au nom de l'application d'une décision de justice sans précédent qui a réintégré l'ancien dirigeant et attisé une crise politique.
Selon un témoin Reuters, la police anti-émeute turque a tiré des gaz lacrymogènes et enfoncé les grilles du siège du CHP afin d'expulser les membres du parti fidèles au dirigeant déchu Özgür Özel.
La justice turque a annulé jeudi le congrès qui avait mené à l'élection de ce dernier à la tête du principal parti d'opposition pour des irrégularités, constituant un coup dur porté aux adversaires politiques du président turc Recep Tayyip Erdogan ainsi qu'aux marchés financiers.
La Cour d'appel a en outre ordonné la réinstitution de l'ancien président du CHP, Kemal Kılıçdaroğlu, personnalité clivante au sein du CHP, qui avait été battu par Recep Tayyip Erdogan lors de l'élection présidentielle en 2023.
Özgür Özel a appelé samedi à la tenue d'un nouveau congrès du parti dès que possible, tandis que Kemal Kilicdaroglu a déclaré qu'un congrès se tiendrait à un moment "approprié".
Le CHP s'est engagé vendredi à s'opposer par tous les moyens légaux possibles à la décision judiciaire de la Cour d'appel et de rester "jour et nuit" au siège du parti à Ankara.
Samedi, les députés du CHP ont élu Özgür Özel à la tête du groupe parlementaire du parti.
(Ece Toksabay et Daren Butler, Version française Benoit Van Overstraeten)
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