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Marché : L'Europe vue dans le vert, léger rebond après une semaine de combats au Moyen-Orient (actualisé)

Aujourd'hui à 08:54
Marché : L'Europe vue dans le vert, léger rebond après une semaine de combats au Moyen-Orient (actua

par Augustin Turpin

PARIS, 6 mars (Reuters) - Les principales Bourses européennes sont attendues en hausse vendredi à l'ouverture, tentant un nouveau rebond au terme d'une semaine mouvementée pour les marchés mondiaux, marquée par les bombardements incessants d'Israël et des Etats-Unis depuis samedi sur l'Iran dans le cadre d'un conflit ne montrant pas de signes d'apaisement.

Cette situation ouvre la porte à la possibilité d'une intervention de Washington pour limiter la hausse des prix de l'énergie.

Les contrats à terme signalent une hausse de 0,54% pour le CAC 40 parisien, de 0,81% pour le Dax à Francfort, de 0,54% pour le FTSE à Londres et de 0,9% pour l'EuroStoxx ⁠50.

Les inquiétudes liées au conflit qui ravage le Moyen-Orient, notamment ses répercussions sur les prix du pétrole et l'inflation, ont marqué les échanges durant toute ‌la semaine et devraient de nouveau souffler le chaud et le froid de l'ultime séance de la semaine alors que la campagne militaire lancée par les États-Unis et Israël entre ce vendredi dans sa septième journée.

Donald Trump a réaffirmé jeudi ses objectifs de guerre, dont un changement de régime en Iran, en déclarant à Reuters qu'il ne souhaitait pas que Mojtaba Khamenei, fils du défunt ayatollah Ali Khamenei, succède à son père en tant que guide ​suprême.

"Nous voulons être impliqués dans le choix de la personne qui dirigera l'Iran à l'avenir", a déclaré le locataire de la Maison blanche.

"L'éventail des issues plausibles (de la guerre) s'est élargi pour inclure ​à la fois la possibilité d'une résolution exceptionnellement constructive et celle d'une résolution hautement destructrice", selon Daleep Singh, ​économiste en chef mondial chez PGIM Fixed Income.

La dimension régionale du conflit prend également de l'ampleur alors qu'Israël frappe le Liban et laisse planer la menace d'une intervention terrestre après des tirs du Hezbollah en direction de son territoire.

Téhéran joue aussi l'extension en perturbant le transport maritime dans le détroit d'Ormuz et en frappant ​les alliés régionaux des Américains, l'Azerbaïdjan devenant le dernier pays en date à être affecté alors que Bakou a fermé ​son espace aérien dans le sud du pays après avoir accusé Téhéran d'avoir lancé des drones vers son territoire.

"Les marchés sont invités à évaluer un ensemble beaucoup plus large de scénarios extrêmes, alors qu'ils disposent ⁠de très peu ⁠d'informations fiables sur la probabilité de chacun d'entre eux ou sur l'évolution entre les deux", ajoute ⁠Daleep Singh.

Malgré ces tensions continues, les prix du pétrole baissent vendredi pour la première fois depuis l'éclatement du conflit, soulagés par les signes d'une possible intervention de l'État américain pour endiguer la hausse des prix du brut.

Un haut responsable de la Maison blanche a annoncé jeudi ⁠que le département du Trésor américain devrait annoncer des mesures visant à lutter contre la hausse des prix de l'énergie, notamment des mesures potentielles concernant le marché à terme du pétrole.

"Chaque jour qui passe, l'interruption des activités à Ormuz aura deux conséquences majeures sur le pétrole : l'impossibilité de stocker 20 millions de barils par jour et l'absence d'approvisionnement mondial, ce qui pourrait faire grimper les prix mondiaux de l'énergie", a déclaré Priyanka Sachdeva, analyste chez Phillip Nova.

La hausse des prix de l'énergie a par ailleurs relancé les craintes d'une reprise de l'inflation, les traders ayant repoussé leurs attentes sur la date de la prochaine baisse des taux par la Réserve fédérale américaine à septembre ou octobre, selon les estimations de LSEG.

"Les craintes liées à l'évolution de l'inflation au début de la guerre entre la Russie et l'Ukraine et à la crise d'approvisionnement qui a suivi la pandémie sont toujours présentes dans les esprits", a expliqué dans un podcast Skye Masters, responsable de la recherche sur les marchés à la National Australia Bank.

"On observe cette réévaluation dans les courbes OIS (overnight index swap) et on constate également une réévaluation significative sur les marchés obligataires."

LES VALEURS A SUIVRE :

A WALL STREET

La Bourse de New York a fini en baisse jeudi, au sixième jour du conflit au Moyen-Orient, alors que les prix du pétrole ont grimpé et que les investisseurs s'inquiétaient d'un regain de l'inflation laissant aussi peser un doute sur l'assouplissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).

L'indice Dow Jones a cédé 1,61% à 47.954,74 points. Le S&P-500, plus large, a perdu 0,56% à 6.830,71 points, tandis que le Nasdaq Composite a reculé de 0,26% à 22.748,99 points.

EN ASIE

Les marchés asiatiques sont en léger rebond mais toujours à la ​peine et en passe d'enregistrer leur plus forte baisse hebdomadaire en ‌six ans.

L'indice Nikkei à Tokyo a fini en hausse de 0,62% à 55.620,84 points mais était en passe d'enregistrer une baisse hebdomadaire de 6,5%.

En Chine, l'indice composite de la Bourse de Shanghai progresse de 0,33% et le CSI 300 des grandes capitalisations avance de 0,19%.

PÉTROLE

Les cours du pétrole reprennent ‌leur souffle avec l'espoir de mesures gouvernementales américaines visant à stabiliser les prix, Washington ayant par ailleurs accordé jeudi des dérogations aux entreprises afin qu'elles puissent commencer à acheter du pétrole russe sanctionné stocké ⁠dans des pétroliers.

Le baril de Brent recule de 0,33% à 85,13 dollars et celui du brut léger américain (WTI) perd 0,54% à 80,57 dollars.

Les deux références devraient enregistrer une hausse hebdomadaire de plus de 15%, leur plus forte depuis février 2022.

TAUX

Le rendement des Treasuries à dix ans ​perd 1,0 point de base à 4,1363% et ​le deux ans 2,2 points ‌de base à 3,5771%.

Le Bund allemand à dix ans perd 1,4 point de base à 2,8376%. Le deux ans recule de 3,5 points de base à 2,2215%.

Le rendement de l'OAT à dix ans perd 2,4 points de base à 3,4557% et le deux ans 2,5 points de base à 2,3292%.

CHANGES

Le dollar américain reprend son souffle et abandonne 0,34% face à un panier de devises de référence mais s'apprête à enregistrer sa plus forte hausse hebdomadaire depuis plus d'un an, l'escalade du conflit au Moyen-Orient ayant stimulé la demande d'actifs refuges.

L'euro est presque stable (+0,06%) à 1,1614 dollar.

PRINCIPAUX ​INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 6 MARS :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

EZ 10h00 PIB (définitif) T4 0,3% 0,3%

USA 13h30 Ventes au ‌détail janvier

- sur ​un mois -0,3% 0,0%

USA 13h30 Rapport sur l'emploi février 4,3% 4,3%

(Rédaction de Gdansk)

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