par Diana Mandia
7 mai (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse jeudi, les investisseurs adoptant une attitude prudente au lendemain d'un net bond sur fond d'espoirs d'une résolution du conflit en Iran, et alors que la question de la navigation dans le détroit d'Ormuz pourrait mettre du temps à se résoudre.
À Paris, le CAC 40 a perdu 1,17% à 8.202,08 points. À Francfort, le Dax a reculé de 1,02% et à Londres, le FTSE 100 a abandonné 1,55%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini sur une baisse de 0,90%, le FTSEurofirst 300 a perdu 1,12% et le Stoxx 600 a reculé de 1,10%.
Selon des sources et des responsables, les États-Unis et l'Iran se rapprochent d'un accord temporaire pour mettre fin à leur conflit sans pour autant résoudre dans l'immédiat la question de la réouverture du détroit d'Ormuz, qui serait abordée dans une phase ultérieure.
Les cours du pétrole ont continué de baisser jeudi, ce qui a quelque peu apaisé les craintes inflationnistes et donné un nouveau répit aux obligations d'État, mais les investisseurs européens se sont montrés plus prudents en attendant plus de détails et la séance a été volatile.
La semaine a été marquée par de nouveaux revirements de la Maison blanche, notamment en ce qui concerne une mission d'escorte dans le détroit d'Ormuz, qui a été rapidement abandonnée, tandis que de nombreuses incertitudes subsistent quant à la normalisation du marché énergétique du Moyen-Orient, plus cruciale pour le Vieux Continent que pour les États-Unis.
"Il est loin d'être évident qu'il y ait une avancée concrète vers la réouverture du détroit d'Ormuz, ou si nous sommes plutôt enlisés pour l'instant dans un purgatoire rebaptisé 'cessez-le-feu sans pétrole", écrit dans une note Helima Croft, analyste chez RBC.
Les marchés européens sont à la traîne par rapport à leurs homologues mondiaux, tandis que l'optimisme suscité par l'intelligence artificielle (IA) a propulsé d'autres indices majeurs, notamment en Asie et aux Etats-Unis, où le S&P 500 et le Nasdaq ont enchaîné des records de clôture ces derniers jours.
Les investisseurs ont également dû analyser jeudi une nouvelle avalanche de chiffres et de perspectives de la part des entreprises du continent dans un contexte d'incertitude pour de nombreux secteurs.
Même si les bénéfices du secteur de l'énergie faussent la moyenne - ils devraient connaître une progression spectaculaire 48,4% au premier trimestre grâce à la flambée des prix du pétrole -, le reste des entreprises devrait afficher une hausse de 5,7% par rapport à la même période de l'année précédente, selon les données de LSEG I/B/E/S.
PÉTROLE
Les cours du pétrole poursuivent leur baisse jeudi, mais à un rythme moins soutenu. Le Brent, référence mondial du marché, reste toutefois sous la barre des 100 dollars le baril, dans un contexte de regain d'espoirs quant à un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran.
Le Brent perd 2,75% à 98,49 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 2,99% à 92,24 dollars.
VALEURS
À Paris, Bouygues a perdu 3,66%, lanterne rouge du CAC 40, après la publication de ses chiffres trimestriels, qui ont déçu le marché.
Engie, qui a publié jeudi des résultats en baisse, a perdu 2,58%.
Trigano, qui a fait état d'un chiffre d'affaires en progression de 6,2% sur le premier semestre de l'année, a pris 1,96%.
Les actions du secteur du luxe ont progressé de 1,25%, soutenues par l'optimisme concernant le Moyen-Orient. LVMH, Hermès et Kering figurent parmi les valeurs les plus performantes du CAC 40 ce jeudi.
Ailleurs en Europe, Solvay a abandonné plus de 7% après avoir publié un Ebitda en baisse organique au premier trimestre, le groupe chimique belge citant un recul des prix et des volumes, des effets de change défavorables et les dépenses de transformation.
À Milan, Campari a plongé de 14%, son chiffre d'affaires au premier trimestre ayant déçu les attentes des analystes.
Le secteur de la défense a souffert (-2,69%), pénalisé en partie par les pressions fiscales et budgétaires en Allemagne et par le plongeon de Rheinmetall (-6,9%).
A WALL STREET
Les indices de la Bourse de New York évoluent en ordre dispersé jeudi, le Dow Jones reculant de 0,16%, tandis que le Standard & Poor's 500 et le Nasdaq Composite avancent de 0,12% et 0,51% respectivement.
L'action Arm Holdings cotée aux États-Unis perd 10%, les inquiétudes quant à sa capacité à s'approvisionner pour sa nouvelle puce d'IA ayant éclipsé une prévision de bénéfice solide.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les ventes au détail dans la zone euro ont diminué de 0,1% sur un mois en mars, moins que prévu, selon les données publiées jeudi par Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne.
Aux Etats-Unis, le nombre de personnes ayant déposé une demande d'allocations chômage a augmenté moins que prévu la semaine dernière, dans un contexte de faible nombre de licenciements.
Les investisseurs se préparent par ailleurs aux chiffres, prévus vendredi, sur l'emploi américain, qui font toujours l'objet d'une grande attention lorsqu'il s'agit d'évaluer la santé de l'économie américaine.
CHANGES
Le dollar s'affaiblit jeudi (-0,10%) face à un panier de devises de référence pour la deuxième journée consécutive, les espoirs d'une désescalade dans le conflit au Moyen-Orient ayant soutenu les monnaies plus exposées au pétrole.
L'euro gange 0,15% à 1,1765 dollar.
TAUX
Les obligations souveraines de la zone euro, qui ont connu mercredi leur plus forte hausse en un mois grâce aux espoirs d'un accord entre les Etats-Unis et l'Iran, ont affiché une performance plus mitigée jeudi.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini quasi stable à 2,9971%, tandis que celui de l'obligation à deux ans a pris 1,3 point de base à 2,5734%.
Au Royaume-Uni, les opérateurs attendent les résultats des élections locales, qui pourraient remettre en cause l'avenir du Premier ministre travailliste Keir Starmer et raviver les inquiétudes budgétaires.
En attendant, le rendement à 10 ans du Gilt a reculé d'environ 1 point de base à 4,931%.
Les rendements des bons du Trésor américain ont reculé plus tôt en séance mais évoluent peu à l'heure de la clôture des marchés européens.
Celui des Treasuries à dix ans ressort à 4,3600% et celui du titre à deux ans à 3,8780%, tous deux en légère hausse.
La présidente de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, a déclaré jeudi lors d'une interview qu'elle s'attendait à ce que la banque centrale américaine maintienne ses taux d'intérêt inchangés pendant encore longtemps, alors qu'elle évolue dans un contexte marqué par une grande incertitude.
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(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)
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