par Diana Mandia
PARIS, 20 mars (Reuters) - Les principales Bourses européennes sont attendues sur un rebond vendredi à l'ouverture, au lendemain d'une séance difficile marquée par la flambée des prix de l'énergie dans un contexte d'escalade des tensions au Moyen-Orient, ainsi que par le ton plus restrictif des banques centrales face aux risques croissants d'inflation
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait gagner 0,19% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une hausse de 0,49% pour le Dax à Francfort, de de 0,15% pour le FTSE à Londres et de 0,69% pour le Stoxx 600.
Les cours du pétrole sont en légère baisse vendredi, après que le Brent, référence du marché mondial, a atteint la veille 119 dollars le baril, tandis que les prix du gaz naturel ont bondi de plus de 30% en Europe, en réaction aux attaques iraniennes contre des installations énergétiques de premier plan dans le Golfe, elles-mêmes une riposte de Téhéran aux frappes israéliennes contre ses propres sites.
Le Brent recule de 1,1% à 107,46 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 1,49% à 94,71 dollars.
Ils restent toutefois bien au-dessus des niveaux enregistrés avant le début de la guerre en l'Iran fin février, après avoir progressé de plus de 40% ce mois-ci.
Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, ainsi que les arrêts et les baisses de production d'hydrocarbures dans la région du Golfe, ont secoué les marchés de l'énergie depuis le début du mois.
Jeudi soir, La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Japon et le Canada ont publié une déclaration commune dans laquelle ils se disent prêts à se joindre aux efforts pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et à prendre des mesures pour stabiliser les marchés de l'énergie.
Selon le président français Emmanuel Macron, la France serait prête à prendre la responsabilité d'un système d'escorte des navires sur cette route maritime stratégique, mais une fois que la situation serait plus calme.
Les principaux pays se sont jusqu'à présent opposés à toute opération militaire dans le détroit, une position qui a irrité le président américain Donald Trump.
La perspective d'une période prolongée de prix élevés de l'énergie est particulièrement préoccupante pour les marchés et pour les responsables politiques, non seulement en raison de la possibilité d'une prolongation du conflit, mais aussi du temps qu'il faudra pour que les infrastructures touchées par les attaques dans une région clé pour l'approvisionnement reprennent leur fonctionnement normal.
La guerre a déjà conduit les principales banques centrales du monde à adopter un ton plus restrictif.
La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu jeudi ses trois taux directeurs à leur niveau actuel, tout en avertissant que le conflit assombrissait les perspectives en termes de croissance et d'inflation dans la zone euro. Selon des sources, Francfort pourrait devoir commencer à discuter d'un relèvement de ses taux directeurs dès le mois d'avril et éventuellement resserrer sa politique monétaire lors de la réunion de juin.
La Banque du Japon (BoJ), la Réserve fédérale (Fed) américaine, la Banque du Canada(BoC) et la Banque d'Angleterre (BoE)se sont également montrées prudentes lors de leurs réunions respectives quant à l'impact de la hausse des prix du pétrole sur l'inflation.
LES VALEURS A SUIVRE :
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en baisse jeudi après la flambée des prix du pétrole qui fait craindre un regain d'inflation et réduit la possibilité de futures réductions des taux de la Fed.
Le Dow Jones a cédé 0,44%, le S&P 500 a reculé de 0,27% et le Nasdaq Composite a baissé de 0,28%.
EN ASIE
La Bourse de Tokyo est fermée vendredi en raison de l'Equinoxe de Printemps.
Les Bourses chinoises évoluent en ordre dispersé vendredi après une séance difficile la veille en raison des craintes géopolitiques.
L'indice CSI 300 des grandes capitalisations de Chine continentale prend 0,1%, tandis que le SSE Composite de Shanghaï recule de 0,73%.
Les valeurs du secteur photovoltaïque se distinguent, après que Reuters a rapporté que Tesla cherchait à acheter du matériel destiné à la fabrication de panneaux et de cellules solaires auprès d'entreprises chinoises.
La Bourse de Hong Kong recule de 0,85%.
TAUX
Les craintes inflationnistes, qui anéantissent tout espoir d'une baisse des taux de la part des banques centrales, ont eu un fort impact sur le marché obligataire.
Le rendement de l'obligation à deux ans a fortement grimpé jeudi à un plus haut de sept mois.
Dans la zone euro, le rendement des obligations allemandes à deux ans a déjà augmenté d'environ 56 points de base depuis le début du mois, tandis que celui des Gilts britanniques à deux ans a bondi de 88 points de base.
CHANGES
Le dollar gagne 0,16% face à un panier de devises de référence.
Le billet vert a toutefois reculé cette semaine après avoir atteint des sommets inégalés depuis plusieurs mois, la Fed étant désormais la seule grande banque centrale qui ne devrait pas relever ses taux cette année.
Avant le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, les investisseurs tablaient sur deux baisses des taux de la Fed en 2026, et ils estiment désormais qu'une seule baisse est une perspective lointaine.
Pourtant, les perspectives des autres grandes banques centrales sont devenues encore plus restrictives, et ce à un rythme encore plus rapide.
L'euro perd 0,21% à 1,1564 dollar.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 20 MARS:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
DE 07h00 Prix à la production février +0,3% -0,6%
- sur un an +2,7% -3,0%
(Rédigé par Diana Mandia)
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