par Shivangi Lahiri et Sameer Manekar
10 mars (Reuters) - Plusieurs compagnies aériennes ont respectivement annoncé mardi une augmentation de leurs tarifs aériens, invoquant la hausse brutale du coût du carburant causée par le conflit au Moyen-Orient, tandis que le cours du pétrole cesse sa course folle après les propos de Donald Trump sur une fin imminente de la guerre.
La guerre en Iran a fait grimper les prix du pétrole, bouleversé les voyages internationaux, monter en flèche le prix des billets d'avion sur certaines liaisons et fait craindre un effondrement du secteur du voyage qui pourrait entraîner l'immobilisation généralisée des avions.
Le prix du kérosène, qui oscillait entre 85 et 90 dollars le baril avant les frappes israélo-américaines contre l'Iran, a bondi ces derniers jours pour atteindre entre 150 et 200 dollars le baril, a déclaré Air New Zealand, la compagnie aérienne ayant suspendu ses prévisions financières pour 2026 en raison de l'incertitude liée au conflit.
"Des hausses de cette ampleur nous obligent à réagir afin de maintenir la stabilité et la fiabilité de nos opérations", a déclaré un porte-parole de SAS dans un communiqué à Reuters, ajoutant que la compagnie aérienne scandinave avait mis en place un "ajustement temporaire des prix".
SAS a déclaré l'année dernière avoir temporairement ajusté sa politique de couverture du carburant en raison de l'incertitude des conditions du marché, ajoutant ne pas avoir de couverture de consommation de carburant pour les douze prochains mois.
Plusieurs compagnies aériennes asiatiques et européennes, dont Lufthansa et Ryanair, ont mis en place des mesures de couverture du pétrole, garantissant une partie de leurs approvisionnements en carburant à des prix fixes.
Finnair a toutefois averti que même la disponibilité du carburant pourrait être compromise si le conflit se prolongeait.
"Une crise prolongée pourrait affecter non seulement le prix du carburant, mais aussi sa disponibilité, du moins temporairement", a déclaré un porte-parole de Finnair, ajoutant que cela ne s'était pas encore produit. La compagnie avait couvert plus de 80% de ses achats de carburant pour le premier trimestre.
Le Koweït, important exportateur de kérosène vers le nord-ouest de l'Europe, a été confronté à des réductions de production.
MOINS D'ESPACE AÉRIEN DISPONIBLE
Outre les coûts élevés du carburant, le resserrement de l'espace aérien menace également de perturber le secteur mondial du voyage, les pilotes modifiant leurs itinéraires pour éviter le conflit au Moyen-Orient et les capacités sur les liaisons populaires étant saturées.
Les tarifs aériens ont grimpé en flèche sur les liaisons Asie-Europe en raison de la fermeture de l'espace aérien et des contraintes de capacité. La compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific Airways a déclaré mardi qu'elle ajoutait des vols supplémentaires vers Londres et Zurich en mars.
La compagnie aérienne australienne Qantas a déclaré qu'en plus d'augmenter ses tarifs internationaux, elle étudiait des options pour redéployer ses capacités vers l'Europe, les compagnies aériennes et les passagers cherchant à éviter les perturbations au Moyen-Orient, où les tirs de drones et de missiles ont réduit le nombre de vols.
Air New Zealand a déclaré avoir augmenté ses tarifs aller simple en classe économique de 10 dollars néo-zélandais (5,10 euros) sur les liaisons intérieures, de 20 dollars sur les liaisons internationales court-courriers et de 90 dollars sur les liaisons long-courriers, avec d'autres ajustements de prix et d'horaires possibles si le coût du kérosène restait élevé.
Hong Kong Airlines a annoncé sur son site internet qu'elle augmenterait ses surcharges carburant jusqu'à 35,2% à partir de jeudi, la plus forte hausse concernant les vols entre Hong Kong et les Maldives, le Bangladesh et le Népal.
LES ACTIONS SE STABILISENT
À l'ouverture des marchés européens, les actions des compagnies aériennes ont enregistré mardi entre 4% et 7% de hausse, après que le président américain Donald Trump a prédit lundi une fin imminente de la guerre avec l'Iran. En Asie, les actions des compagnies aériennes ont montré des signes de stabilisation, avec des hausses entre 0,5% et 3,6%. Toutes avaient enregistré de fortes baisses lundi.
Les prix du pétrole sont également repassés mardi sous la barre symbolique des 100 dollars le baril. Le carburant est le deuxième poste de dépenses des transporteurs aériens après la main-d'oeuvre, représentant généralement entre un cinquième et un quart des dépenses d'exploitation.
(Par Shivangi Lahiri et Sameer Manekar à Bangalore, Julie Zhu à Hong Kong, Heekyong Yang et Hyun Joo Jin à Séoul, Stine Jacobsen à Copenhague, Essi Lehto à Helsinki, Panarat Thepgumpanat à Bangkok et Khanh Vu à Hanoï, rédigé par Anne Marie Roantree et Joanna Plucinska ; version française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)
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