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Marché : La bce presse la zone euro d'adopter le plan grec

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par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Les gouvernements européens doivent rapidement mettre en oeuvre les décisions visant à stabiliser la zone euro, ont déclaré lundi le président de la Banque centrale européenne et son successeur désigné.

Jean-Claude Trichet et Mario Draghi s'exprimaient alors que les marchés boursiers reculaient à nouveau nettement, en raison des doutes croissants sur l'application de ce plan, adopté le 21 juillet par les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro.

Outre un nouveau soutien financier à la Grèce, l'accord prévoit d'étendre les pouvoirs du Fonds européen de stabilité financière (FESF) destiné à aider les pays de la zone euro en difficulté. Ses auteurs espèrent qu'il permettra d'éviter une contagion de la crise grecque à l'ensemble de la zone euro.

"Il est clair que nous avons un besoin absolument immédiat et impérieux que l'ensemble de ces décisions soient mises en oeuvre immédiatement", a dit Jean-Claude Trichet lors d'une conférence du cercle de réflexion Institut Montaigne, à Paris.

"Une des recommandations les plus fortes", a-t-il insisté, "c'est de mettre en oeuvre de la manière la plus complète et la plus rigoureuse possible, de manière incontestable, les décisions qui viennent d'être prises."

Pour entrer en vigueur, le plan du 21 juillet doit être ratifié par le parlement de chacun des pays signataires.

Or, les obstacles politiques à une ratification se sont multipliés. La Finlande souhaite ainsi que sa contribution au plan grec soit garantie par Athènes et, en Slovaquie, le vote du parlement pourrait n'avoir lieu qu'en décembre.

Ces incertitudes empêchent un renforcement rapide des moyens du FESF, qui doit notamment pouvoir prendre la relève de la BCE dans le domaine des rachats d'obligations de certains Etats.

Dans un texte diffusé en parallèle à son intervention à la même conférence, Mario Draghi, gouverneur de la Banque centrale italienne, appelé à prendre en novembre la présidence de la BCE, estime pour sa part que : "retards et incertitude dans le processus risquent de raviver les turbulences sur les marchés."

"NOUS SOMMES À MI-CHEMIN"

Mario Draghi souligne que le programme d'achat d'obligations souveraines de la BCE est temporaire et qu'il ne peut remplacer la discipline budgétaire. La BCE a acheté récemment des titres espagnols et italiens pour essayer de maintenir les rendements à des niveaux permettant à ces pays de continuer à emprunter sur les marchés.

Mario Draghi juge crucial que les moyens du FESF soient augmentés - l'accord de juillet les porte à 440 milliards d'euros - pour que les marchés estiment qu'il dispose des moyens suffisant pour répondre à la crise.

Pourtant, a-t-il ajouté, il ne faut pas trop attendre du FESF, qui n'est qu'une solution d'urgence aux problèmes de la zone euro.

Jean-Claude Trichet et Mario Draghi ont insisté sur le fait que des réformes d'ampleur devaient encore être menées dans la zone euro et au niveau mondial, pour renforcer la gouvernance européenne et la résistance de l'ensemble du système financier.

Jean-Claude Trichet a ainsi estimé que, dans l'objectif mondial d'accroître la "résilience" des entités individuelles, des institutions financières, des banques et de l'ensemble du système financier, "nous sommes à mi-chemin".

"Nous voyons bien que nous avons fait des progrès important", a-t-il dit, citant les avancées obtenues au G20, au Forum de stabilité financière, et les règles de Bâle III sur le capital des institutions financières, en cours de discussion.

"Toute notre expérience nous conduit à penser qu'il faut mettre en oeuvre ce qui a été décidé et certainement pas penser que la main pourrait trembler, ce serait probablement l'erreur la plus grave que nous puissions faire", a-t-il ajouté.

Le président de la BCE a de nouveau évoqué des pistes pour l'évolution à moyen et long termes de la gouvernance européenne.

Il est ainsi, selon lui, possible d'imaginer à l'avenir que les décisions soient prises "depuis le centre du marché unique à monnaie unique" lorsqu'un pays se montre incapable d'appliquer les recommandations.

Encore plus loin dans l'avenir, il est possible d'imaginer la création d'une confédération européenne, avec un gouvernement confédéral et notamment un ministre des Finances européen.

Jean-Claude Trichet a d'autre part insisté sur le problème "majeur" persistant du besoin de réformes structurelles en Europe pour accroître la croissance potentielle du continent, améliorer le marché du travail et la productivité.

avec James Mackenzie à Rome, édité par Patrick Vignal

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