(BFM Bourse) - Le dollar recule face à l'euro après un rapport mensuel sur l'emploi américain contrasté. Ces données sur l'emploi tendent à valider cette idée que des hausses de taux de la part de la Fed ne seront pas immédiates.
Principal rendez-vous de la journée en termes d'indicateurs économiques, le dernier rapport mensuel sur l'emploi a livré des informations quelques peu contrastées.
Ce rapport sur la santé de l'emploi privé outre Atlantique a été publié avec un jour d'avance en raison de la fermeture de Wall Street, demain, le 4 juillet tombant cette année un samedi.
L'économie américaine a créé moins de postes qu'anticipé en juin. Selon le rapport mensuel du département du Travail, 57.000 postes ont été créés le mois dernier, soit 43.000 postes de moins que ce que le consensus attendait (110.000 créations de postes).
Les chiffres publiés jeudi par le Bureau des statistiques du travail marquent une forte baisse par rapport aux 129.000 emplois créés en mai.
"Il s'agit de la plus faible progression de l'emploi depuis quatre mois, mettant un terme à une série de trois publications ayant systématiquement surpris positivement", commente John Plassard de Cité Gestion.
Le taux de chômage a toutefois légèrement reflué, passant de 4,3% en mai, à 4,2% au mois de juin.
"Fait intéressant, le taux de chômage a malgré tout reculé de 4,3 % à 4,2 %, ajoutant une nouvelle nuance à un rapport déjà difficile à interpréter", remarque Bret Kenwell, analyste des marchés américains pour eToro
Le CAC 40 accélère à la hausse
À la suite de la publication de ce rapport, le dollar accélère sa chute face à l'euro après ce rapport. L'euro bondit de 0,65% à 1,1451 dollar alors que la monnaie unique pointait en légère hausse face au billet vert avant cette publication.
Ces données sont importantes d'autant plus que la politique monétaire américaine reste un sujet de préoccupation de la part des investisseurs.
La veille, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Kevin Warsh, avait déclaré lors du forum de Sintra, au Portugal, que les anticipations de marché autour de la hausse des prix avaient quelque peu reculé. Ce qui a été interprété comme un signal écartant quelque peu un resserrement monétaire trop immédiat.
Le rapport sur l'emploi avec ses créations de postes plus faibles qu'attendu tendent à valider cette idée que des hausses de taux de la part de la Fed ne seront pas immédiates.
"Pour la Fed, cette évolution va donc dans la bonne direction et diminue la nécessité d'un durcissement supplémentaire de la politique monétaire", juge ainsi John Plassard. "Toute la question sera désormais de savoir si ce ralentissement de l'emploi restera compatible avec une croissance toujours positive", ajoute-t-il.
"Si un rapport sur l'emploi plus faible que prévu n'est évidemment pas une bonne nouvelle pour l'économie, il pourrait néanmoins constituer une bonne nouvelle pour les actifs risqués en réduisant la pression sur la Réserve fédérale pour qu'elle conserve un ton résolument restrictif", indique pour sa part Bret Kenwell.
"Ces derniers mois, la Fed a multiplié les déclarations fermes sur l'inflation, et un marché du travail plus robuste n'aurait fait que conforter cette posture. Le rapport publié aujourd'hui ne signale pas une véritable détérioration du marché du travail, mais il contribue à calmer quelque peu ce récit. Il pourrait ainsi recentrer le débat sur le double mandat de la Fed, assurer la stabilité des prix tout en favorisant le plein emploi, plutôt que de maintenir l'attention des décideurs presque exclusivement sur les pressions inflationnistes", ajoute-t-il. . Du côté du marché obligataire, les rendements ont chuté. Le taux du 10 ans américain se contracte par exemple à 4,469%, alors à qu'il évoluait à 4,50% avant la statistique.
Progressant de 0,8% à la mi-journée, l'indice parisien a accéléré à la hausse et gagne 1,9%, vers 16h.
Ailleurs en Europe, le Dax à Francfort gagne 2,3% et a atteint un plus haut historique à 25.613,17 points et le FTSE MIB à Milan s'adjuge 2,05%.
Wall Street évolue en hausse également, le S&P 500 gagne 0,7% tout comme le Nasdaq tandis que le Dow Jones s'adjuge 0,65% ce jeudi 2 juillet.
