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En Bourse, la cybersécurité a (malheureusement) de beaux jours devant elle

dimanche 21 février 2021 à 07h00
La cyber sécurité devient un enjeu majeur pour les entreprises

(BFM Bourse) - Les cyber menaces obligent les entreprises et les institutions à investir massivement pour se prémunir d'attaques de plus en plus dévastatrices à mesure que l'économie devient plus connectée. Mais les vecteurs d'investissement ciblés ne sont pas légion.

Chaque jour ou presque apporte son lot de nouvelles cyberattaques. En 2017, celle dont avait été victime Saint-Gobain faisait encore les gros titres. Depuis, des dizaines d'autres grandes entreprises tricolores ont été ciblées (dont Eurofins, Altra, SopraSteria, Tarket, Pizzorno ou Fountaine Pajot et Trigano), de même qu'à l'étranger FedEx, NZX (l'opérateur de la Bourse néo-zélandaise), EasyJet ou Maersk, au point qu'on y prête moins d'attention. Et désormais des entités sans but lucratif, comme des hôpitaux, sont à leur tour pris pour cibles. Mais cette banalisation du phénomène ne doit pas faire oublier que le coût des cyberattaques explose partout dans le monde et devient un sujet de préoccupation majeur pour les entreprises.

"La menace cyber est en train d'augmenter extrêmement rapidement et la France est sous cette menace. Le nombre d'attaques générales concernant les hôpitaux, les collectivités territoriales, les TPE-PME ou les individus, a été multiplié par quatre entre 2019 et 2020" a détaillé sur BFMTV Cédric O, secrétaire d'État chargé de la Transition numérique et des communications électroniques, citant les chiffres de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi).

À l'échelon mondial, le coût total de la cybercriminalité pour l'économie dépasserait désormais 1000 milliards de dollars, c'est-à-dire 1% du PIB mondial, selon une estimation (pour 2019) établie par le cabinet d'études Vanson Bourne (mandaté par McAfee) et le Center for Strategic and International Studies (CSIS), dans un rapport intitulé "The Hidden Costs of Cybercrime". Tandis que les entreprises et les gouvernements sont conscients des conséquences des cyberattaques, certains coûts (indisponibilité des systèmes, recherche des brèches à combler, baisse de la productivité) sont sont encore mal appréhendés, a notamment souligné l'éditeur de logiciels de protection. Selon le rapport, l'espionnage économique, le vol de propriété intellectuelle, la criminalité en ligne et l'extorsion sont les formes les plus coûteuses de cybercriminalité.

Et les occurrences de cyberattaques ne devraient qu'aller en augmentant fortement à mesure que le monde devient de plus en plus connecté, internet reposant aujourd’hui sur des protocoles et une infrastructure conçues bien avant que la cybersécurité ne devienne un problème. L'avènement de l'internet des objets, multipliant le nombre d'objets connectés -et donc le nombre de points d'entrée potentiels- va encore précipiter les choses.

En parallèle, les pouvoirs publics s'efforcent d'organiser la riposte, la lute contre la cybercriminalité étant à juste titre considérée comme une priorité nationale et un enjeu économique. L'un des axes de cette lutte est de responsabiliser directement les entreprises en imposant des sanctions en cas de fuite de données si elles ont fait preuve de négligence dans leur préparation. Le Règlement européen sur la protection des données introduit la notion de responsabilité des acteurs économiques au plus haut niveau de l'entreprise et son organisation, dans la gouvernance des risques informatiques et la prévention de fuites de données massives, ce qui doit inciter les entreprises à se protéger.

Du point de vue d'un investisseur, cela signifie que le marché de la cybersécurité offre un potentiel énorme - et durable puisque les menaces évoluant sans cesse, entreprises et administrations doivent sans cesse relever leurs défenses. Pourtant, il est encore relativement mal représenté en Bourse.

Si les grandes entreprises de service du numérique comme Atos ou Capgemini proposent bien évidemment des solutions dédiées, sur le marché parisien, il n'existe qu'un seul "pure player" de la cybesécurité: Wallix, introduit en 2015. Depuis quelques mois, le titre connaît d'ailleurs un net rebond (+130% depuis octobre 2020). Si la société n'a pas atteint en 2020 son objectif initial de chiffre d'affaires, elle a tout de même dégagé une croissance de 23% l'an dernier. "Dans un "monde d'après" où entreprises et individus sont plus que jamais numérico-dépendants, la cybersécurité devient un secteur d’investissement prioritaire en Europe afin de créer un territoire numérique de confiance, avec les garanties d’autonomie et de souveraineté que nous attendons tous. Nous sommes convaincus que Wallix a un rôle moteur et fédérateur à jouer dans la construction de cette offre de cybersécurité Européenne alternative de rang mondial", a déclaré son président, Jean-Noël de Galzain. Présente en France, en Angleterre et aux États-Unis, Wallix fait partie des onze entreprises lauréates du "Grand Défi Cyber" lancé par le gouvernement français.

Mais miser sur une seule société comporte évidemment un risque à l'avenant. Une bonne solution peut être de passer par des fonds indiciels cotés (ETF), qui correspondent à des paniers de valeurs dédiées. L'un des plus connus et l'ETFMG Prime Cyber Security ETF (code mnémonique "HACK"). Il existe également le Wisdom Tree Cybersecurity, l'iShare Digital Securitiy, le L&G Cybersecurity ou encore le First Trust Nasdaq Cybersecurity.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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