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Vaccitech, la biotech à l'origine du vaccin d'AstraZeneca, choisit le Nasdaq

dimanche 2 mai 2021 à 12h00

(BFM Bourse) - Spin-of de l'université britannique d'Oxford fondée en 2016, Vaccitech travaillait sur un vaccin contre le MERS, provoqué par un type de coronavirus. La société a rapidement changé son fusil d'épaule lorsqu'est apparu le nouveau SARS-CoV-2 à l'origine de la pandémie actuelle.

Le caractère exceptionnel de la crise actuelle entraîne pour Vaccitech un développement d'une célérité inattendue sur le plan capitalistique. Un mois après avoir levé 168 millions d'euros lors d'un deuxième tour de financement hors cote (montant inhabituellement élevé pour ce stade, dit "series B"), cette société britannique de biotechnologies vient de procéder à son introduction en Bourse - directement sur le Nasdaq américain.

Jeudi soir, la firme a fixé à 17 dollar son prix d'introduction, levant 110,5 millions de dollars supplémentaire à cette occasion. Sa capitalisation totale devrait s'élever à plus de 600 millions de dollars sur base pleinement diluée.

Très peu connue du grand public, Vaccitech est cependant à l'origine du VaxZevria, le fameux vaccin contre le Covid-19 produit et distribué par AstraZeneca, qui en acquis les droits exclusifs. De quoi propulser cette petite société, fondée en 2016 pour poursuivre des travaux entamés à l'université d'Oxford, sur le radar des investisseurs.

Ses fondateurs Adrian Hill et Sarah Gilbert, cherchaient au départ des fonds pour financer la mise au point d'un vaccin contre le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), infection respiratoire virale causée par le MERS-CoV (l'une des six espèces de coronavirus connues pour infecter les humains). Un essai clinique venait d'ailleurs de débuter en Arabie Saoudite fin 2019, lorsque le nouveau coronavirus a été identifié.

Compte tenu des similitudes entre les deux, notamment au niveau de la protéine S qui permet au virus de s'accrocher par ses spicules- Vaccitech a pu rapidement adapter la plateforme, fondée sur un vecteur viral "vivant" atténué (le virus n'est plus capable de se répliquer), une technologie différente de celle des vaccins à ARNm ou du projet du français Valneva, qui s'appuie sur un virus entier inactivé ("tué").

Au départ, raconte Endpoint News, Gilbert et Hill étaient plutôt réticents à céder la licence du produit à un grand laboratoire, Merck en l'occurrence.

Ils ont finalement changé d'avis, considérant que seul un grand industriel aurait la capacité de produire rapidement et en masse un vaccin. Dès le 30 avril, Vaccitech, l'université et AstraZeneca ont donc conclu un accord de licence, par lequel le laboratoire s'est engagé à ne pas réaliser de profits sur les ventes pendant toute la durée de la pandémie. Le prix de vente ne permet donc que de couvrir les coûts de production et de distribution.

Avec les nouveaux moyens que lui donnent son entrée en Bourse et la précédente levée de fonds, l'entreprise compte dans les mois qui viennent boucler des essais cliniques en cours sur d'autres candidats vaccins dans l'hépatite B et le papillomavirus humain et débuter un autre essai dans le cancer de la prostate. A plus long terme, Vaccitech travaille à des projets dans l'herpès et le cancer du poumon, notamment.

(portefeuille de produits en développement de Vaccitech, source société)

Outre-Manche, le choix de Vaccitech de s'introduire directement au Nasdaq, sans passer par la Bourse de Londres, est par ailleurs perçu par certains comme un revers pour le premier ministre Boris Johnson, qui s'efforçait de présenter le pays comme un pôle majeur des sciences de la vie en devenir.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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