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Un bond de 34%, 54%, voire 96%, une valorisation de 10.000 milliards de dollars... Goldman Sachs, Bank of America, Morgan Stanley et Raymond James prédisent une reconquête boursière étincelante pour SpaceX

Aujourd'hui à 06:00
SpaceX est paré pour rebondir, selon les banques

(BFM Bourse) - Alors que le groupe subit une importante baisse depuis ses plus hauts atteints lors de ses premiers jours, de nombreuses banques ont entamé le suivi de la valeur à Wall Street avec des opinions positives, tablant sur une remontada de l'action.

Si SpaceX a effectué un départ canon à Wall Street, l'euphorie n'a été que de courte durée. Le groupe d'espace, de satellites et d'intelligence artificielle (IA) évolue actuellement autour de 152,7 dollars l'action, pour une valorisation d'environ 2.000 milliards de dollars.

Certes, ce prix reste largement supérieur au cours d'introduction de l'entreprise, fixé à 135 dollars l'action. Mais il traduit également une chute de 32% par rapport au cours de clôture du 16 juin dernier, et même d'environ 48% par rapport au plus haut historique en séance atteint ce même jour.

La société a été rattrapée par les craintes autour de l'intelligence artificielle (IA), créneau sur lequel SpaceX se positionne via xAi et ses futurs centres de données Colossus. Le marché craint à la fois que l'IA ne tienne pas ses promesses de croissance et que les grands "hyperscalers" (Amazon, Oracle, Microsoft) dépensent comme des paniers percés.

SpaceX a lui-même alimenté ces craintes en émettant 25 milliards de dollars d'obligations quelques jours après avoir récolté 86 milliards de dollars d'argent frais via son introduction en Bourse.

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Un potentiel immense

Le fait que SpaceX ait levé des fonds obligataires si peu de temps après une émission d'actions retentissante constitue un "bon exemple" de la transition des marchés d'"une phase d'essor sain, d'un essor prolongé ... vers une zone de bulle", avait même déclaré le directeur des investissements d'Allianz, Ludovic Subran, en juin, cité par le Financial Times.

Toutefois, depuis plusieurs jours, nombre de bureaux d'études jugent que SpaceX a les moyens de signer une remontada boursière spectaculaire.

La semaine dernière, Wedbush avait débuté le suivi du titre avec une recommandation à "surperformance", équivalent d'acheter, et un objectif de cours de 190 dollars.

Wedbush estimait que SpaceX était paré pour "devenir un acteur majeur du secteur des hyperscalers (les grands groupes spécialisés dans les services 'cloud', comme Amazon, Alphabet, Microsoft, NDLR) grâce à sa plateforme intégrée verticalement couvrant la connectivité, le lancement et l'infrastructure d'IA".

Ces deux derniers jours, une avalanche de notes d'analystes positives a entouré l'action. Lors de son introduction en Bourse, SpaceX a été conseillé par plus de 20 banques. Les analystes de ces établissements ont dû observer une période de restriction avant de faire part de leurs conseils pour des questions de conflit d'intérêt.

Cette période est désormais levée. Ainsi, Goldman Sachs, Bank of America et Morgan Stanley ont toutes les trois débuté le suivi de l'action lundi ou mardi, avec des recommandations équivalentes à "acheter" et des objectifs de cours respectifs de 205 dollars, 235 dollars et 300 dollars. Ces cibles accordent des potentiels de 34%, 54% et 96% à l'action au cours actuel.

"Goldman soutient en substance que SpaceX est devenue l'une des rares entreprises au monde à tenter de s'approprier l'infrastructure physique sous-jacente à trois marchés gigantesques à la fois", explique Stephen Innes de Spi AM.

Tracer "la voie vers les étoiles"

La banque américaine pense que la société tirera parti des opportunités de croissance dans les domaines de l'espace, de la connectivité par satellite et de l'intelligence artificielle, chacun de ces marchés ayant le potentiel de devenir un secteur pesant plusieurs milliers de milliards de dollars au cours des cinq prochaines années, ajoute Yahoo Finance.

Bank of America, pour sa part, écrit que le groupe "trace la voie vers les étoiles".

"SpaceX, qui était à l'origine une simple entreprise de lanceurs de satellites, est devenue un acteur incontournable de l'économie spatiale et, par conséquent, le premier fournisseur d'applications spatiales. Les avantages concurrentiels considérables dont dispose SpaceX dans le domaine des lanceurs réutilisables et des applications spatiales diversifiées jettent, selon nous, les bases qui permettront à Starship et aux applications futures de provoquer un nouveau changement de paradigme en matière de capacités", développe la banque américaine.

Starship reste en effet la clef de voûte du succès boursier de la société. Cette fusée en cours de développement doit à terme être entièrement réutilisable, tirant ainsi vers le bas les coûts de lancement des satellites.

À l'heure actuelle, les Falcon9 et Falcon Heavy de SpaceX ont abaissé ces coûts à environ 2.000 dollars par kilogramme contre un coût historique de 18.000 dollars par kilogramme.

Or Elon Musk promet que ces coûts pourraient encore être divisés par dix dans les prochaines années, pour tomber entre 300 et 1000 dollars le kilogramme, grâce à la nouvelle fusée Starship.

"La question centrale est de savoir si Starship pourra atteindre le niveau de fiabilité, la cadence et la rentabilité nécessaires pour ouvrir la voie à la prochaine phase de croissance", anticipe Bank of America.

"Une grande partie des perspectives à long terme de SpaceX, notamment le déploiement de Starlink v3 (la troisième génération de satellites du groupe, NDLR) et la future infrastructure informatique (les centres de données, NDLR), dépendent de la capacité de Starship à commercialiser avec succès la réutilisabilité totale", rappelle l'établissement.

"Si cet objectif est atteint, nous estimons que les coûts de lancement pourraient diminuer significativement tandis que la capacité (de Starlink, NDLR) augmenterait de manière spectaculaire. En cas de retard, le calendrier de nombreux vecteurs de croissance futurs serait considérablement repoussé", tranche la banque.

Cercles vertueux

Bank of America croit toutefois à la création d'un cercle vertueux où les lanceurs permettront de développer des applications d'IA et de connectivité créant des bases de revenus récurrents.

"Il en résulte une dynamique puissante, dans laquelle les lancements ouvrent la voie à des applications spatiales, ces applications génèrent des flux de trésorerie, et ces flux de trésorerie permettent de financer de nouveaux investissements dans les infrastructures", développe Bank of America.

L'établissement anticipe une croissance moyenne annuelle des revenus des activités spatiales de 7,6% entre 2025 et 2031 avec une pointe de 49,8% sur l'exercice 2027 lorsque Starship débutera son exploitation commerciale et que Falcon s'ouvrira à des clients externes (et pas seulement à Starlink).

La banque modélise par ailleurs une croissance de 60% sur 2025-2031 pour les activités de connectivité de Starlink, un taux qui monte à 139% sur la même période pour le segment d'intelligence artificielle (IA).

Dans l'IA, le groupe compte à la fois développer des centres de données sur terre et dans l'espace.

"Au niveau des applications, l'entreprise associe cette puissance de calcul à des modèles propriétaires et à des plateformes de diffusion, notamment Grok, X (anciennement Twitter) et la plateforme de codage IA Cursor, dont l'acquisition pour 60 milliards de dollars a été récemment annoncée", expose Bank of America.

Ensemble, ces solutions forment un écosystème en pleine expansion de produits d'IA destinés aux particuliers et aux entreprises, qui aidera l'entreprise à conquérir le marché potentiel total de 22.700 milliards de dollars inhérent aux applications d'entreprise", ajoute l'établissement.

Des scénarios extrêmes

Morgan Stanley a, de son côté, un objectif de cours de 300 dollars, qui pondère en réalité deux scénarios extrêmes. Le plus pessimiste voit le titre tomber à 75 dollars, ce qui correspond donc à un chute de 50% par rapport aux cours actuels, quand l'optimiste retient une cible de 600 dollars, soit une hausse de 300%.

"SpaceX allie les avantages économiques d’un quasi-monopole dans le domaine des lanceurs de satellites, le plus grand réseau mondial de satellites en orbite basse (LEO) et une activité d’infrastructure d’IA en pleine expansion", apprécie l'établissement américain.

"Nous considérons cette entreprise comme l’une des rares plateformes capables de relier les ressources orbitales, la connectivité mondiale et la capacité de calcul au sein d’une infrastructure unique", poursuit Morgan Stanley.

La banque table sur une hausse du chiffre d’affaires, qui passerait de 45 milliards de dollars en 2026 à 319 milliards en 2030, puis à 3.300 milliards en 2040, le principal potentiel de hausse étant lié au bon déploiement de la fusée Starship, aux capacités des constellations de de Starlink, ainsi qu’aux capacités de calcul terrestres et spatiales des centres de données.

Morgan Stanley tranche plusieurs débats qui se posent autour de l'action. La banque américaine estime que la fusée Starship parviendra à réduire les coûts de lancements de satellites à environ 500 dollars par kilogramme puis à moins de 200 dollars par kilogrammes en 2035.

Les lancements de Starship seront utilisés à 90% en interne d'ici à 2040, notamment pour déployer les constellations de satellites Starlink et les centres de données dans l'espace.

"Le spatial ne représente que 3% de notre valorisation de référence, mais le coût et la cadence des lanceurs influencent l'évolution du chiffre d'affaires et des marges des trois segments", rappelle Morgan Stanley.

La banque estime aussi que Starlink juge aussi que Starlink parviendra a étendre son marché en développant ses services de connectivités. Les revenus passeraient de 11,4 milliards de dollars, à 120,6 milliards en 2030 puis 687,7 milliards de dollars en 2040.

La croissance sera "soutenue par le haut débit grand public à l'international, Starshield (une constellation militaire, NDLR), le secteur des entreprises, la téléphonie mobile, les robots connectés et d'autres appareils dotés d'intelligence artificielle embarquée", prédit Morgan Stanley.

Dans l'IA , Morgan Stanley considère que le groupe "peut atteindre des coûts de calcul et des délais de mise en service parmi les plus compétitifs du secteur, d’abord grâce au centres de données terrestre et à l’intégration verticale, puis, à plus long terme, grâce aux centres de données spatiaux, qui constituera un levier significatif pour réduire le coût par watt".

"Nous considérons que le déploiement des infrastructures terrestres constitue l’un des aspects les plus sous-estimés de cette évolution pour les cinq prochaines années environ, les dépenses d’investissement de SpaceX en infrastructures pouvant atteindre la moitié de la moyenne du secteur par watt, voire moins (hors puces), et la vitesse de déploiement étant environ 6 à 8 fois supérieure à celle du secteur. À terme, les centres de données terrestres pourraient amplifier cet avantage, à mesure que SpaceX combinera Starship, la fabrication de satellites, l’énergie solaire spatiale et les réseaux optiques", explique encore l'établissement.

Reste que même dans son scénario le plus optimiste, Morgan Stanley est loin d'atteindre l'objectif de cours presque surréaliste de Raymond James.

L'objectif de cours de la banque d'investissement se cale à 800 dollars, soit un potentiel de 424%, rapporte Bloomberg.

La valorisation de la société atteindrait alors plus de 10.500 milliards de dollars soit plus de deux fois que celle de Nvidia.

"Nous considérons cette entreprise comme l’une des sociétés phares du secteur des infrastructures industrielles du XXIe siècle", a écrit la banque mardi dans une note adressée à ses clients, rapporte Bloomberg.

"Tout comme les chemins de fer, les réseaux électriques et Internet ont bouleversé les époques économiques précédentes, nous pensons que SpaceX est en train de mettre en place la plateforme fondamentale de la prochaine génération de capacités industrielles", ajoute-t-il.

Évidemment cette optimisme s'appuie sur des prévisions assez astronomiques. Raymond James voit ainsi la société dégager 5.200 milliards de dollars de revenus d'ici à 2035, soit 1,5 fois le produit intérieur brut (PIB) de la France.

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