(Zonebourse.com) - Les investisseurs saluent la solidité de la demande, l'amélioration attendue des tarifs et l'annonce d'un nouveau programme de rachat d'actions de 800 millions d'euros. Ces éléments rassurent le marché, même si les analystes restent prudents face aux pressions sur les coûts qui pourraient peser sur la rentabilité du groupe lors du prochain exercice. Sur les coups de 10h30, le titre progressait de 2,1% à Dublin.
Le bénéfice net de Ryanair s'est établi à 1,61 milliard d'euros au 2e trimestre de son exercice comptable 2026-2027, en baisse de 6% mais légèrement supérieur aux attentes du marché (1,57 MdEUR).
Pour sa part, le chiffre d'affaires trimestriel a progressé de 4%, à 5,70 milliards d'euros (le consensus visait 5,72 MdsEUR), porté par une hausse de 5% du trafic, à 64,5 millions de passagers. Le tarif moyen a toutefois diminué de 2%, à 63,40 EUR, tandis que le taux de remplissage est resté stable à 96%.
Les coûts opérationnels ont augmenté de 10%, à 3,88 MdsEUR, une hausse qui s'explique notamment par le doublement du prix du kérosène sur la part non couverte des besoins de carburant du groupe, qui représente 20% de ses achats.
Le directeur général, Michael O'Leary, a souligné que les inquiétudes des consommateurs liées au conflit au Moyen-Orient avaient entraîné des réservations plus tardives et pesé sur les tarifs. Il a également mis en avant la protection offerte par les couvertures de carburant, qui portent sur 80% des besoins de l'exercice 2026-2027 à environ 67 USD le baril.
Des réservations tardives
Côté perspectives, Ryanair a abaissé son objectif de trafic annuel de 216 à 214 millions de passagers, soit une croissance attendue de 3%. La compagnie indique que la demande reste soutenue au troisième trimestre, avec des tarifs légèrement supérieurs à ceux de l'an dernier, mais souligne que les réservations tardives limitent sa visibilité.
Le groupe ne fournit toujours pas de prévision de bénéfice net pour l'exercice 2026-2027, en raison notamment des incertitudes géopolitiques et de la volatilité des prix du carburant. Il anticipe par ailleurs une hausse d'environ 2 MdsEUR de sa facture de carburant pour l'exercice suivant, sur la base des prix à terme actuels.
Par ailleurs, le directeur général de Ryanair a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de se réconcilier avec Elon Musk, après leur brouille du début d'année. Les deux hommes s'étaient écharpés par communiqués interposés après que le patron de Ryanair avait fait savoir qu'il n'installerait pas Starlink à bord de ses appareils.
"Les nouvelles piques d'O'Leary interviennent alors que sa concurrente à bas coûts easyJet a annoncé la semaine dernière avoir conclu un accord avec SpaceX pour installer Starlink à bord de ses appareils. D'autres compagnies européennes, notamment British Airways, propriété d'IAG, Lufthansa et Air France-KLM, ont également souscrit à ce service", rapporte Bloomberg.
Les analystes restent positifs sur le dossier
A la suite de cette publication, Bernstein confirme sa recommandation "surperformance" avec un objectif de cours de 30 EUR sur Ryanair, tandis que Panmure Liberum maintient son conseil "achat" et sa cible de 27 EUR. Citi et UBS réitèrent également leurs recommandations à l'achat, cette dernière affichant un objectif de 30 EUR.
Les analystes jugent que les résultats trimestriels s'avèrent globalement conformes aux attentes, mais mettent en avant les risques liés à la hausse des coûts du carburant pour l'exercice 2028.
Bernstein et Panmure Liberum se montrent particulièrement prudents face à un surcoût potentiel d'environ 2 MdsEUR, que les hausses tarifaires ne suffiraient pas à compenser. Panmure Liberum anticipe des révisions à la baisse du consensus pour 2028 et 2029, tandis qu'AlphaValue envisage de réduire sensiblement ses propres prévisions pour 2028.
De son côté, Citi salue l'amélioration des tarifs et les mesures d'économies envisagées par la direction, notamment sur les coûts aéroportuaires et salariaux. UBS met aussi en avant le renforcement de la couverture carburant pour 2028, passée de 15% à 25%.
Les analystes relèvent également une demande solide au troisième trimestre, avec des tarifs attendus en légère hausse sur un an, malgré une visibilité limitée en raison des réservations tardives.
Enfin, le nouveau programme de rachat d'actions de 800 millions d'euros est globalement bien accueilli. Citi et UBS soulignent son caractère anticipé ou inattendu, tandis que Panmure Liberum y voit un soutien potentiel pour le titre. AlphaValue estime toutefois que cette opération ne suffira pas à compenser les pressions liées au carburant.
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