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Pénalisé par les canicules et par des consommateurs plus regardants sur les prix, le chocolatier Lindt abaisse encore sa cible de croissance pour 2026 et plonge de 7% en Bourse

Aujourd'hui à 15:23
: Lindt revoit à la baisse ses objectifs de croissance

(BFM Bourse) - Le chocolatier suisse a de nouveau revu à la baisse son objectif de croissance pour 2026, en raison de la forte sensibilité des consommateurs aux prix et des épisodes de canicule, qui ont freiné la demande pour ses produits.

Connu pour ses petits lapins dorés de Pâques ornés d'une petite clochette et ses boules de chocolat Lindor, Lindt & Sprüngli abaisse ses prévisions de ventes pour 2026, après les avoir déjà réduites en début d'année.

Le chocolatier suisse table désormais une progression de son chiffre d'affaires comprise entre 0% à 2% en données comparables pour 2026, bien moins que la hausse comprise entre 4% à 6% anticipée précédemment par le groupe.

Des consommateurs très sensibles aux prix

Lindt a justifié cette abaissement par un moral du consommateur "en berne" et "une sensibilité accrue aux prix", qui ont conduit à "des volumes de commandes plus faibles que prévu en Allemagne, en Suisse et en Autriche, en particulier dans les activités saisonnières".

Ces trois dernières années, les cours du cacao se sont envolés à des niveaux historiques, en raison de mauvaises récoltes dans les principaux pays producteurs.

Le cacao est la matière première agricole indispensable aux nombreux produits chocolatés. Sa pâte permet de produire des tablettes ou des bonbons tandis que sa poudre est utilisée pour les arômes dans les glaces ou les pâtes à tartiner.

Face à l'envolée historique des prix des fèves de cacao depuis 2023, le chocolatier a dû répercuter la flambée des cours de la précieuse matière première sur le prix de ses produits.

"Les cours du cacao s'étant éloignés de leurs sommets historiques, nous prévoyons une normalisation progressive de la pression sur les coûts au cours des prochains mois", anticipe le directeur général du groupe, Adalbert Lechner.

Le chocolatier suisse a aussi pâti d'une "vague de chaleur sans précédent cet été" qui a également pesé sur les ventes en Europe. En période de canicule, le chocolat n'est effectivement pas la denrée la plus courue par les consommateurs.

Concernant ses perspectives, le groupe table sur un retour à la croissance des volumes écoulés en 2027, portée par une "stratégie ajustée de prix", une "augmentation des investissements" dans ses marques, de l’innovation et des "économies de coûts en cours".

Lindt a reconduit son objectif de croissance de ses ventes de moyen à long terme à partir de 2028, aux environs de 6% à 8%.

Ces annonce sont un goût amer pour les investisseurs. Le titre de l'action la plus chère de la Bourse de Zurich chute de 7,20% à 82.200 francs suisses ce mardi 29 septembre vers 15h20.

La météo joue

Lindt & Sprüngli n'est pas un cas isolé. D'autres groupes ont récemment prévenu que leurs comptes seraient pénalisés soit par des phénomènes métérologiques..

En août, Bonduelle avait activé la sonnette d'alarme, les périodes de sécheresse et de canicule ont eu de lourdes répercussions sur la production de céréales et de légumes. Pour éponger les pertes de production, le patron de Bonduelle avait alors réclamé 4-5 centimes d'augmentation des prix "le plus rapidement possible".

Or depuis plusieurs mois, les alertes se multiplient sur El Niño. Ce phénomène climatique se traduit par une hausse de la température à la surface de l'eau et provoque des épisodes de chaleur et de sécheresse. Le réchauffement climatique intensifie ce phénomène au point qu'il pourrait atteindre des proportions inédites cette année, à tel point que certains parlent même d'un "Super El Niño".

Dans une note publiée cet été, la banque Barclays avait identifié les groupes en Bourse qui vont pâtir de ce phénomène climatique. Elle avait cité le chocolatier Lindt, mais aussi les groupes miniers BHP et Antofagasta, en raison d'un risque sur leurs chaînes d'approvisionnement, tout comme les distributeurs d'articles de bricolage Home Depot et Lowe's.

A contrario, la banque britannique avait aussi identifé aussi des secteurs et des valeurs qui pourraient bénéficier de l'intensification du phénomène "El Niño", l'image du groupe français Veolia.

"La hausse des températures et l'aggravation du stress hydrique devraient soutenir une augmentation de la demande en eau potable, notamment en France et en Espagne, créant ainsi un effet favorable tangible à court terme jusqu'à la fin du troisième trimestre 2026", avait alors décrit la banque britannique.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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