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Pariant que les Américains succomberont au spritz, Goldman Sachs lève son verre à Campari

samedi 30 mars 2019 à 12h00
Goldman Sachs mise sur Campari, producteur de l'Aperol

(BFM Bourse) - Malgré des multiples de valorisation en apparence élevés, le producteur de spiritueux italien Gruppo Campari est l'un des des titres les plus attrayants de tout le secteur européen des biens de consommation, estime la banque américaine. En effet, l'essor de son fameux "aperitivo" Aperol à l'échelle mondiale ne fait que commencer, estime Goldman Sachs.

Depuis quelques années, plus aucun bar à la mode ne s'avise de faire l'impasse sur ce cocktail orange vif baptisé spritz, souvent préparé à base d'Aperol, un apéritif faiblement alcoolisé conçu à Padoue au début du XXe siècle. Répandu en Italie ainsi qu'en Allemagne et en Autriche (la tradition "d'asperger" une boisson alcoolisée d'un trait d'eau pétillante étant d'inspiration autrichienne), l'Aperol connaît une popularité grandissante en Suisse et en Belgique, plus récemment en France ou aux Pays-Bas. Mais son potentiel de croissance est pratiquement inentamé sur des marchés tels que le Royaume-Uni, la Russie et surtout les Etats-Unis, estime Goldman Sachs. Une aubaine pour le groupe Campari, qui a eu le flair de racheter la marque en 2003, ce qui incite la banque à passer à l'achat sur le titre.

Aperol, la marque numéro 1 de Campari

Sans disposer d'une gamme aussi diversifiée que les géants Diageo ou Pernod Ricard, ni d'exposition au segment des spiritueux soumis à vieillissement comme Remy Cointreau, le groupe Campari (dirigé par l'autrichien Bob Kunze-Concewitz) a néanmoins construit un portefeuille intéressant de marques au travers d'une trentaine d'acquisitions en vingt ans. Ayant acquis Aperol en 2003 via le rachat de Barberol 1891 -pour 150 millions d'euros- le groupe a su depuis multiplier les ventes par huit, faisant d'Aperol sa première marque (16% des ventes totales l'an dernier) devant Campari (10%).

Si l'Italie reste le premier marché de cet apéritif légèrement amer, Aperol connaît depuis cinq ans un développement international en s'étendant par proximité géographique. En comparant le taux de croissance dans les marchés où la marque est déjà présente et la consommation moyenne par habitant, Goldman Sachs calcule que le marché américain devrait être le prochain moteur de croissance. Même si les USA représentent déjà le troisième marché en volume, la consommation n'est que de 5 ml par personne - soit selon un calcul approximatif, un consommateur régulier pour 1000 personnes contre un sur 10 en Italie ou un sur 40 en Allemagne.

Au moins 50% de croissance annuelle aux USA ?

La marge de progression de l'Aperol outre-Atlantique est donc considérable, et si les ventes sont déjà dynamiques, le bureau d'études pense (en se basant sur le rythme d'adoption dans les pays déjà en partie conquis) qu'une croissance annuelle de 50 à 60% des ventes est envisageable. En tenant compte d'autres marchés à fort potentiel (France, Espagne, Royaume-Uni), Goldman Sachs s'attend à une progression globale de l'ordre de 26% par an, ce qui devrait permettre à Campari d'afficher à terme une croissance organique à deux chiffres.

Par ailleurs, la beauté de l'Aperol est que, si cet apéritif est nettement plus calorique que la moyenne, son taux d'alcool n'est que de 11 degrés - ce qui entraîne des droits d'accise moins élevés alors même que le coût de production ne doit pas être très différent des autres spiritueux, estime la banque. Sachant qu'en outre le prix de vente sur le marché américain est plus élevé que la moyenne, Goldman Sachs pense que le succès de la liqueur orange devrait permettre une forte amélioration des marges !

Objectif 10 euros

Dans ce contexte, bien que le titre Davide Camparari se paie aujourd'hui avers une forte prime par rapport à la moyenne du secteur des biens de consommation européens, (plus de 35 fois les bénéfices attendus cette année), "nous croyons que cette valorisation échoue à prendre en compte l'atout de croissance à long terme" de Campari, estime Goldman Sachs. La banque a donc relevé son conseil à l'achat, ciblant 10 euros par action contre 7,40 euros auparavant.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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