FLORENCE, Italie, 27 mai (Reuters) - Florence prévoit d’étendre fortement les restrictions sur les nouvelles locations touristiques de courte durée au-delà de son centre historique classé au patrimoine mondial de l'Unesco, dans une nouvelle tentative visant à atténuer la pression sur le logement dans l’une des villes les plus touristiques d’Italie.
La mesure, qualifiée de première nationale par la maire Sara Funaro, doit être examinée par une commission municipale avant un vote attendu début juin. Elle interdirait pendant deux ans la création de nouvelles locations de courte durée sur environ 16 km² de la ville, portant le nombre de logements concernés de 35.593 à plus de 103.000.
La mesure ne réduirait pas le nombre de locations existantes, mais bloquerait toute nouvelle mise en service après son entrée en vigueur. Airbnb n'a pas immédiatement commenté ce projet.
PROCÉDURE D'URGENCE
Florence, à l'instar d’autres grandes destinations européennes, fait face à l'essor des locations de courte durée, à la hausse des loyers et aux critiques de résidents dénonçant leur éviction progressive des quartiers centraux.
"L'objectif est clair: poursuivre notre engagement à protéger la vie résidentielle et garantir un équilibre durable entre le tourisme et la vie quotidienne de nos citoyens," a déclaré Sara Funaro à Reuters, soulignant une forte croissance du phénomène des locations de courte durée.
La maire a demandé une procédure d'urgence afin d'éviter un afflux d'enregistrements avant l'entrée en vigueur des nouvelles règles.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une décision prise en 2023 interdisant les nouvelles locations de courte durée dans le centre historique de Florence. Le moratoire protégeant les locations existantes expirera le 31 mai 2028.
"CRIMINALISATION" DE L’ENTREPRENEURIAT TOURISTIQUE
Les opposants estiment que ces restrictions n’ont pas permis de faire revenir les habitants ni de réduire les loyers.
"Malgré cela, (la ville) décide aujourd’hui d’étendre les interdictions aux quartiers situés en dehors du centre, continuant ainsi à pénaliser les citoyens, les petits propriétaires et les entreprises du secteur de l’hôtellerie," a déclaré à Reuters Lorenzo Fagnoni, président de Property Managers Italia et directeur général d’Apartments Florence.
Il juge que "criminaliser" l’entrepreneuriat touristique nuirait à une part importante de l’économie locale.
(Reportage Silvia Ognibene et Crispian Balmer, version française Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)
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