par Helen Reid
PARIS, 15 avril (Reuters) - Hermès chute en Bourse mercredi après avoir fait état de ventes inférieures aux prévisions pour le premier trimestre, la guerre en Iran ayant affecté les dépenses au Moyen-Orient et en France, avec une baisse du nombre de touristes visitant Paris et achetant des sacs à main et des vêtements de luxe.
À la Bourse de Paris, l'action perd 12,87% vers 07h25 GMT, tandis que le CAC 40 recule de 0,55% au même moment. Son concurrent Kering perd également 8,64% au lendemain de la publication de ses résultats.
Les ventes de produits tels que les sacs Birkin et Kelly, les foulards en soie et les parfums ont progressé de 6% à taux de change constants, un chiffre inférieur aux prévisions des analystes de Visible Alpha qui tablaient sur une croissance de 7,1%.
Les fluctuations monétaires ont amputé le chiffre d'affaires d'Hermès de 290 millions d'euros, entraînant une baisse de 1% des ventes publiées, à 4,07 milliards d'euros contre 4,13 milliards un an auparavant.
Hermès, qui s'adresse aux ultra-riches avec des sacs à main comme le Birkin et le Kelly à partir de 13.000 dollars, a déclaré que la baisse du nombre de touristes due au conflit avait affecté les ventes dans les boutiques des aéroports et au Moyen-Orient, ainsi qu'au Royaume-Uni, en Italie et en Suisse où les consommateurs du Golfe sont un moteur essentiel.
Les espoirs des investisseurs quant à une reprise de la demande de luxe cette année ont été anéantis par la guerre en Iran, qui a pesé sur les ventes des centres commerciaux de Dubaï et fait flamber les prix de l'énergie, affectant la confiance des consommateurs.
Hermès, qui contrôle rigoureusement sa production et ses ventes pour préserver son exclusivité, a été l'entreprise la plus résistante face au ralentissement général du secteur, sans toutefois échapper à l'impact du conflit.
Les rivaux LVMH et Kering ont tous deux fait état en début de semaine de ventes affectées par la guerre en Iran.
Dans une note, les analystes de JP Morgan considèrent que l'aspect cyclique de la marque rend désormais cette dernière plus sensible aux chocs externes.
"De plus, nous ne pouvons nous empêcher de nous demander si la concurrence accrue au sein des grandes maisons de mode ce trimestre n'a pas également commencé à mettre à mal certaines des marques qui, jusqu'à récemment, affichaient la dynamique la plus forte et incontestée", déclare le courtier.
Les analystes de Jefferies s'inquiètent également du ralentissement de la dynamique chinoise, selon une note.
Dans une note, les analystes de Citi estiment toutefois que le groupe est bien positionné pour l'exercice en cours.
"La tendance du T1 2026 fait écho à celle de 2025, où un démarrage en demi-teinte au T1 avait laissé place à une accélération séquentielle tout au long de l'année", écrivent-t-ils.
"COUP D'ARRÊT" AU MOYEN-ORIENT
Les ventes au Moyen-Orient ont reculé de 6% à taux de change constants, pour s'établir à 160 millions d'euros, contre 185 millions d'euros au premier trimestre de l'année précédente.
"(Nous avions) une très belle croissance (...) à deux chiffres en janvier et en février, et donc le mois de mars a marqué un coup d'arrêt avec les événements puisque notre activité s'est retrouvée en recul de l'ordre de 40%", a déclaré Éric du Halgouet, directeur financier du groupe.
Même s'il ne représente que 4,4% du volume d'affaires total, le Moyen-Orient a été la région ayant connu la plus forte croissance pour Hermès l'an dernier.
En France, les ventes ont reculé de 2,8% en raison de la baisse du tourisme.
En Asie, la plus grande région en termes de ventes pour Hermès, le chiffre d'affaires n'a augmenté que de 3,5% à taux directeur constant, car les perturbations du trafic aérien ont également eu un impact dans cette région, a déclaré Éric du Halgouet, en particulier à Singapour et en Thaïlande.
Les États-Unis ont constitué une lueur d'espoir, avec des ventes en hausse de 17,2% après ajustement des effets de change.
(Helen Reid ; version française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)
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