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Malgré le Moyen-Orient et les difficultés de sa filiale Sapient, Publicis écrase la concurrence et compte accélérer la cadence au second semestre, l'action grimpe de 3%

Aujourd'hui à 12:44
Publicis grimpe en Bourse

(BFM Bourse) - Le groupe publicitaire a livré une croissance légèrement supérieure aux attentes au deuxième trimestre et resserré vers le haut sa fourchette d'objectif de croissance. Arthur Sadoun, son PDG, a assuré que la société hausserait le rythme au second semestre sans tabler sur un redressement de sa filiale Sapient.

Publicis reste une histoire boursière contrariée. Le groupe ne cesse de gagner des parts de marché face à ses grands concurrents, comme le britannique WPP, l'américain Omnicom ou le japonais Dentsu.

En cumulé sur les 18 mois allant de janvier 2025 à juin 2026, le groupe a remporté des contrats représentant 9,3 milliards de dollars de facturation, quand son plus proche de concurrent n'arrive qu'à 300 millions de dollars.

La société bat à chaque reprise les attentes du marché, avec une croissance robuste, trimestre après trimestre. Pour autant, son cours de Bourse reste à la traîne avec une hausse d'à peine 3% cette année, et de 2,4% sur un an.

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Le groupe pâtit d'un statut de victime désignée de l'intelligence artificielle (IA), le marché étant convaincu que l'activité des groupes publicitaires sera plombée par ces nouvelles technologies.

"Les investisseurs restent pessimistes quant à l'impact de l'IA sur les agences", écrit encore ce jeudi la banque Barclays.

Pour cette raison, les dernières publications de la société, aussi étincelantes qu'elles aient pu être, n'avaient guère emballé le marché.

Accélération de la croissance

La donne est toutefois un peu différente, ce jeudi 16 juillet. Publicis a inauguré le bal des résultats semestriels du CAC 40, livrant des comptes légèrement supérieurs aux attentes.

Sur le seul deuxième trimestre, le groupe a vu ses revenus accélérer avec une croissance en données comparables de 4,8% après 4,5% au premier trimestre, surpassant légèrement le consensus (la prévision moyenne des analystes), calé à 4,7% selon Citi.

"L’accélération de 0,3 point de pourcentage par rapport au premier trimestre confirme la montée en puissance des gains de budgets, qui devraient contribuer à hauteur de près de 2 points de pourcentage à la croissance annuelle", relève Oddo BHF.

Par région, la croissance a été tirée par l'Amérique du Nord avec une progression de 5,4% en données comparables, et par l'Europe, en hausse de 5%. La zone "Moyen-Orient et Afrique" (2,6% des revenus) a accusé un repli de 8,3% en données comparables, évidemment lesté par le conflit entre les États-Unis et l'Iran.

Le directeur financier, Loris Nold, a précisé aux analystes que ce conflit avait également pesé sur l'activité au Royaume-Uni, où les équipes du groupe travaillent beaucoup pour des clients du Golfe.

Par métier, les services marketing, qui représentent 87% du revenu net de la société ont affiché une croissance de 6,5% sur le trimestre.

Le point noir provient de la division dite "Technology" qui rassemble les activités de conseil en transformation numérique de la filiale du groupe, Sapient. Sur le trimestre ces activités, qui représentent 13% des revenus, ont accusé une baisse "mid-single digit", c'est-à-dire autour de 5%, a indiqué la société.

Une fourchette resserrée

Le PDG, Arthur Sadoun a rappelé que Sapient pâtissait d'une attitude "wait and see", c'est-à-dire attentiste, de la part de ses clients sur leurs décisions d'investissement, une difficulté qui a été renforcée par le conflit au Moyen-Orient. "La bonne nouvelle est que cela va revenir mais je ne peux pas vous dire quand"', a-t-il assuré aux analystes.

Sur l'ensemble du premier semestre, Publicis a dégagé une croissance de 4,7% en données comparables, une marge opérationnelle de 17,5% contre 17,4% un an plus tôt, et généré un bénéfice par action de 3,52 euros.

Le groupe a par ailleurs généré un flux de trésorerie hors variation du besoin en fond de roulement de 950 millions d'euros, contre 828 millions d'euros un an plus tôt.

À l'issue de ce semestre, le groupe a resserré vers le haut sa fourchette de prévision de croissance pour 2026, tablant sur un taux en données comparables situé entre 4,5% et 5%, contre 4% à 5% précédemment.

Arhtur Sadoun a précisé que la société comptait accélérer sa croissance au second semestre par rapport au premier. Le dirigeant a également indiqué que ces perspectives n'intégraient pas un redressement significatif de Sapient.

Publicis a maintenu ses autres cibles à savoir une marge opérationnelle en légère hausse par rapport au taux de 18,2% de 2025 et un flux de trésorerie d'environ 2,2 milliards d'euros. À la Bourse de Paris, l'action Publicis s'adjuge 2,7%, signant la plus forte hausse du CAC 40.

"Le principal enseignement est la combinaison d’une accélération organique, d’un relèvement de l'objectif de croissance (toutefois conforme à notre attente) et d’une génération de trésorerie renforcée, malgré une détérioration plus marquée de Sapient", tranche Oddo BHF.

"Il s'agit d'une publication solide, le léger dépassement des prévisions de croissance organique au deuxième trimestre, associé au resserrement de la fourchette prévisionnelle de croissance organique pour l'exercice 2026 vers la limite supérieure de celle-ci, constitue un élément positif supplémentaire", abonde Citi.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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