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Gonflé par SpaceX et Anthropic, le bénéfice d'Alphabet atteint le record de 112 milliards de dollars sur un trimestre, mais l'action chute avec les investissements faramineux prévus par le groupe

Aujourd'hui à 09:00
Alphabet signe un bénéfice record

(BFM Bourse) - La maison-mère de Google a livré des résultats globalement supérieurs aux attentes, avec une croissance de près de 82% dans le Cloud. Mais les lourds investissements prévus par la société font tiquer le marché.

Alphabet a beau publier des résultats stratosphériques, le marché fait grise mine. L'action de la maison-mère de Google et Youtube a chuté de 3,3% dans les échanges d'après-clôture à Wall Street après que le groupe a livré ses comptes du deuxième trimestre.

De janvier à fin avril, Alphabet a dégagé des revenus de 119,76 milliards de dollars, en hausse de 24% sur un an. Le bénéfice par action a été multiplié par près de dix, à 9,11 dollars.

Selon un consensus cité par Bank of America, les analystes tablaient sur des revenus de 102,14 milliards de dollars et sur un bénéfice par action de 2,9 dollars.

La société a surtout atomisé les attentes dans le cloud, division la plus scrutée car censée être celle qui bénéficie le plus de ses dépenses dans l'intelligence artificielle.

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Merci Anthropic

Sur le trimestre, Google Cloud a généré 24,77 milliards de dollars, affichant une croissance vertigineuse de 81,8%, alors que le consensus retenait des revenus de 23,23 milliards de dollars. La marge opérationnelle de ce segment a par ailleurs augmenté de 15 points de pourcentage pour atteindre 36%.

Une ligne de compte attire particulièrement l'attention : le résultat net. Le bénéfice d'Alphabet a atteint 112,11 milliards de dollars, soit quatre fois plus que sur la même période de 2025.

Le bénéfice a surtout été gonflé par la ligne "autres bénéfices", qui inclut la valorisation des participations du groupe dans d'autres entreprises.

Parmi ces participations figurent celle d'Alphabet dans SpaceX, chiffrée à environ 4,9%, ainsi que celle dans la start-up d'IA Anthropic PBC, propriétaire du chatbot Claude.

Dans une note "preview", Bank of America chiffrait à 80 milliards de dollars le bénéfice dû à la réévaluation de valorisation d'Anthropic, qui est passée de 380 milliards de dollars au premier trimestre à 965 milliards au deuxième.

Déjà au premier trimestre 2026, Alphabet avait dégagé un bénéfice record de 63 milliards de dollars dont une énorme partie (plus de 30 milliards de dollars) avait été générée par l'appréciation de participations dans d'autres sociétés, dont SpaceX, et la start-up d'IA Anthropic.

Les "capex" font mal

Malgré tous ces chiffres affolants, Alphabet a déçu le marché. "Les excellents résultats du cloud ont été éclipsés par la révision à la hausse des prévisions d'investissements (capex) et par les anticipations d'une baisse des marges dans le cloud à l'avenir", relate Gene Munster, gérant chez Deepwater AM.

Alphabet a, en effet, relevé ses prévisions de dépenses d'investissements pour les porter à une fourchette de 195 à 205 milliards de dollars pour 2026, contre une précédente prévision de 190 milliards pour cet exercice.

Cette annonce a pu mettre mal à l'aise un marché qui redoute de plus en plus que les hyperscalers (Alphabet, Oracle, Microsoft, Amazon) dépensent sans compter dans l'intelligence artificielle.

Selon les projections de Goldman Sachs, les "capex"' (les dépenses d'investissement) des hyperscalers devraient atteindre 1.100 milliards de dollars en 2027 et 5.300 milliards de dollars en cumulé sur 2025-2030.

D'autant que les grands groupes de tech n'hésitent pas à faire appel au marché pour financer ces dépenses.

Alphabet a déjà placé pour 84,75 milliards de dollars d'augmentation de capital pour financer le développement de ses infrastructures d'IA. Oracle compte lever sur son exercice actuel au moins 20 milliards de dollars de capital. Selon de nombreux médias anglo-saxons, Meta préparerait de son côté un appel au marché de plusieurs dizaines de milliards de dollars.

La banque UBS s'attend à ce que les augmentations de capital aux États-Unis atteignent 400 milliards de dollars en 2026, plus du double du précédent record de la fin des années 2000.

"Lorsqu’une hausse de 82% du chiffre d’affaires du cloud est accueillie par une vague de ventes massives parce que la facture d’investissement a grimpé pour atteindre près de 205 milliards de dollars, le débat a clairement dépassé la simple question de savoir si la demande en IA est réelle", note Stephen Innes de Spi AM.

"La question est de savoir si cette demande peut générer un flux de trésorerie suffisant avant que le coût de mise en place du système ne commence à peser trop lourdement sur sa rentabilité. Ce qui ressemblait autrefois à un boom des dépenses d’investissement, financé sans difficulté par les moyens financiers considérables des hyperscalers, commence à ressembler davantage à un grondement lointain sur le marché de la dette", conclut-il.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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