(BFM Bourse) - Selon le Financial Times, Belron, le leader mondial de la réparation de pare-brises compterait s'introduire en Bourse à Amsterdam, ce qui constituerait l'une des plus importantes introductions des dernières années.
"Carglass répare, Carglass remplace", comme le dit l'ultra-célèbre slogan publicitaire. Mais Carglass sera-t-il bientôt dans la place (d'Amsterdam) ?
Selon le Financial Times, le propriétaire britannique de Carglass, pourrait s'introduire à la Bourse d'Amsterdam et viser une valorisation digne d'un pensionnaire du CAC 40.
D'après les sources interrogées par le quotidien britannique des affaires, les deux plus importants actionnaires de cette société, à savoir le conglomérat belge D'Ieteren (50,3% du capital) et la société d'investissement Clayton Dubilier & Rice (CD&R, 20,4%) préparent cette opération.
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Une entrée à Wall Street a été étudiée, mais la Bourse d'Amsterdam aurait la préférence de D'Ieteren, selon le Financial Times.
Le média britannique évoque une valorisation qui pourrait atteindre 30 milliards d'euros à 40 milliards d'euros, sans préciser si ces chiffres incluent ou non la dette.
Lors de la dernière opération existante, Belron était valorisée à 32 milliards d'euros dont 8 milliards d'euros de dette, rappelle le quotidien.
Plus de trois fois Renault?
"Selon des sources proches du dossier, aucune décision définitive n'a été prise et il est possible que le projet d'introduction en Bourse soit modifié. L'entreprise n'a pas encore désigné les banques garantes et certaines sources indiquent que l'opération pourrait se prolonger jusqu'à l'année prochaine", écrit encore le Financial Times.
Contactés par BFM Bourse, D'Ieteren et Belron n'ont pas fait de commentaire et CD&R n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.
Le groupe américain CD&R a récemment fait les gros titres de la presse en France pour avoir racheté Opella, la division de santé grand public de Sanofi qui inclut le Doliprane. Cette opération avait provoqué un certain émoi politique dans l'Hexagone.
Si la fourchette de valorisation évoquée par le Financial Times se vérifiait, Berlon aurait un poids en Bourse tout à fait comparable à un groupe du CAC 40, comme Kering (30,5 milliards d'euros) ou Saint-Gobain (38,15 milliards d'euros).
Belron afficherait par ailleurs une capitalisation boursière représentant entre trois à quatre fois celle de Renault (9,15 milliards d'euros).
L'introduction en Bourse de Belron serait l'une des plus importantes survenues ces dernières années, en termes de valorisation.
En 2022, le constructeur automobile allemand premium Porsche s'était introduit à Francfort avec une capitalisation boursière de 75 milliards d'euros, ce qui constituait alors la plus grande introduction depuis 2011, lorsque le spécialiste de la négoce de matières premières Glencore avait débarqué sur la cote.
Des opérations en berne en Europe
Belron est un spécialiste de la réparation de pare-brises ou "VGRRR" (pour "vehicle glass repair, replacement and recalibration"). Le groupe est plus connu en Europe pour sa marque Carglass mais il détient également Autoglass au Royaume-Uni et Safelite aux États-Unis. La société compte 30.000 employés.
En dehors des réparations de pares-brises, Belron assure également la calibration des systèmes avancées d'aide à la conduite (ADAS) en fixant les caméras sur les pares-brises.
En 2025, Belron a généré des revenus de 6,73 milliards d'euros, affichant une croissance de 5,9% en données comparables et, un résultat opérationnel de 1,54 milliard d'euros ainsi qu'une marge opérationnelle ajustée de 23%. L'entreprise a par ailleurs une dette de 8,4 milliards d'euros.
Reste à voir si une telle opération en Europe serait susceptible de réveiller le marché relativement atone des introductions en Bourse. L'an passé, le nombre d'opérations a baissé de 13% sur le Vieux Continent après déjà une baisse de 16% en 2024, selon le cabinet EY. Les montants levés (en dollars) avaient, eux, reculé de 8%.
La tendance s'est plus ou moins poursuivie sur le premier trimestre 2026, où le nombre d'opérations a chuté de 18 à 28%. Toutefois, la plus importante introduction en Bourse au monde en termes de montant levés a eu lieu en Europe avec l'arrivée du spécialiste tchèque des véhicules de combat Czechoslovak Group (CSG) à Amsterdam. Le groupe avait alors levé 3,8 milliards d'euros pour une valorisation d'environ 25 milliards d'euros.
La défense devrait plus globalement porter les introductions en Bourse en Europe. "D'autres introductions en Bourse dans le secteur de la défense devraient suivre, soutenues par des dépenses publiques massives et par la volonté de l'OTAN d'atteindre l'objectif de 5% du PIB en matière de dépenses de défense, dont 1,5 % pour les investissements dans les infrastructures critiques", expliquait la semaine dernière EY.
