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Bristol-Myers Squibb avale la biotech Celgene pour une méga-fusion à 74 milliards de dollars

jeudi 3 janvier 2019 à 16h57
Bristol-Myers Squibb met le paquet pour racheter Celgene

(BFM Bourse) - Alors que les marchés peinent à se reprendre en ces premiers jours de 2019, le laboratoire n'hésite pas à casser sa tirelire. BMS va payer l'équivalent de 74 milliards de dollars, dont une partie en titres, pour acquérir la société Celgene, doyenne parmi les biotechs US et forte d'un portefeuille prometteur dans les traitements de certains cancers.

Il n'a pas fallu attendre longtemps pour l'annonce de la première méga-fusion de l'année. A 74 milliards de dollars, il fait peu de doute que le rapprochement de Celgene et de Bristol-Myers Squibb demeure dans le palmarès des plus grosses fusions-acquisitions de l'année. À titre de comparaison, l'acquisition de 21st Century Fox par Disney, dont la finalisation est attendue dans le courant du premier semestre, se hisse à 71,3 milliards de dollars.

Quasiment voisines -le siège de Celgene se situant à Summit dans le New Jersey, quelques kilomètres à l'ouest de New York où se tient BMS- les deux entreprises ont révélé jeudi avant Bourse avoir conclu un accord définitif par lequel Bristol-Myers Squibb avale Celgene, l'une des principales biotechs américaines par le chiffre d'affaires. En pratique, le groupe pharmaceutique réglera plus de la moitié de l'opération en actions, offrant pour chaque titre Celgene une de ses propres actions plus une soulte de 50 dollars en numéraire (soit une valorisation totale de 102,43 dollars par titre sur la base de la dernière clôture de BMS). Les actionnaires de Celgene recevront en sus un certificat de valeur (CVR) donnant droit à un versement complémentaire de 9 dollars sous réserve que pas moins de trois molécules en cours de développement chez Celgene (ozanimod, liso-cel et bb2121) reçoivent le feu vert des autorités sanitaires, et ce chacune dans un délai imparti, soit mars 2021 pour la dernière.

9 médicaments "blockbusters" à eux deux

Bristol-Myers Squibb indique qu'il financera la portion en numéraire sur ses propres ressources (l'entreprise disposait de près de 6 milliards de dollars de trésorerie nette au dernier comptage) et par un prêt déjà accordé par un pool bancaire. Pour faire bonne mesure, si la transaction aboutit sans encombre, d'ici le troisième trimestre en principe, le groupe lancera un nouveau programme de rachat de ses propres actions allant jusqu'à 5 milliards de dollars. Un signe de confiance sur la pertinence de l'opération, dont l'acquéreur estime que le rendement sera nettement supérieur au coût de ses capitaux. Dès la première année complète d'intégration, c'est à dire 2020, l'intégration de Celgene devrait accroître de 40% son bénéfice par action, parie BMS. D'ici 2020, la fusion devrait générer environ 2,5 milliards de dollars de synergies, indique la firme.

Si BMS peut se permettre aussi facilement une telle acquisition, avec une prime de 54% sur le dernier cours de Celgene, c'est aussi parce que la biotech née en 1986 a connu un parcours difficile depuis plus d'un an. Après un pic à plus de 145 dollars début octobre 2017, son cours a décroché de 30% en un mois après l'échec en dernière phase d'essais cliniques du GED-0301, un médicament contre la maladie de Crohn dont Celgene avait acquis les droits auprès de Nogra Pharma pour plus de 700 millions de dollars. Loin de se remettre, le cours avait encore perdu 40% par la suite, sur fond notamment de mise en cause des brevets de sa molécule lénalidomide. Vendu comme anticancéreux sous la marque Revlimid, ce produit est un dérivé du thalidomide, apparu dans les années 1950, et certains génériqueurs contestent en justice sa propriété intellectuelle.

L'opération montre que Bristol-Myers Squibb est prêt à parier au-delà de ces incertitudes. Le groupe issu de la fusion comptera déjà 9 médicaments "blockbusters" (générant chacun plus d'un milliard de dollars de revenus annuels) dans l'oncologie, les maladies inflammatoires et les maladies cardiovasculaires, ainsi que six médicaments susceptibles également de devenir des blockbusters s'ils parviennent sur le marché, représentant un potentiel de 15 milliards de dollars supplémentaires. Au total, BMS s'attend à générer 45 milliards de dollars de free cash-flow au cours des trois exercices suivant l'acquisition de Celgene.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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