(BFM Bourse) - Le spécialiste suédois du prêt-à-porter recule à la Bourse de Stockholm malgré des performances financières en début d'année globalement supérieures aux attentes. La progression des ventes pour le début du deuxième trimestre s'avère décevante aux yeux du marché.
Il y a quelques semaines, Inditex, le propriétaire de Zara, avait enchanté la Bourse en dévoilant des résultats annuels record et meilleurs que prévu.
Le géant espagnol de l'habillement est présent dans chaque segment du marché, de l'entrée de gamme avec sa marque Lefties au premium ou l'enseigne Massimo Dutti. Du côté de l'opérationnel, il a su maintenir ses marges grâce à un contrôle rigoureux des coûts et à une chaîne d'approvisionnement très flexible.
"Avec un chiffre d'affaires en hausse de 9% en ce début d'exercice 2026, Inditex reste bien placé pour surperformer ses concurrents malgré l'incertitude macroéconomique persistante, avait loué le bureau d'études indépendant AlphaValue.
C'est désormais au tour de son rival suédois, Hennes & Mauritz, c'est-à-dire H&M, de passer l'épreuve des publications. Le groupe coté à la Bourse de Stockholm a livré ses performances financières pour les trois premiers mois de son exercice décalé, qui sera clos fin novembre 2026.
Sur la période allant du mois de décembre à fin février, les ventes du groupe se sont inscrites à 49,60 milliards de couronnes suédoises, soit 4,58 milliards d'euros, sur ces trois mois, accusant un repli de 10% en données publiées et de 1% hors effets de changes. H&M fait moins bien que les attentes du marché, le consensus (attentes moyennes des analystes) tablait sur des revenus de 50,244 milliards de couronnes suédoises (4,64 milliards d'euros).
La rentabilité progresse
Du côté des autres lignes du compte de résultat, la marge brute (les revenus diminués du coût des biens vendus), un indicateur important dans le secteur de l'habillement, a progressé, passant de 49,1% à 50,7% sur un an, dépassant les 50,1% de marge escomptée par les analystes.
Le résultat opérationnel a bondi de 25,2%, passant de 1,203 milliard de couronnes à 1,512 milliard de couronnes, quand le consensus n'attendait que 1,427 milliard, grâce notamment à une baisse des frais et dépenses administratives.
Le spécialiste suédois du prêt-à-porter compose depuis plusieurs trimestres avec un environnement adverse, mêlant une forte compétition à des incertitudes économiques et géopolitiques. Face à ces vents défavorables, la société suédoise s'adapte en améliorant sa structure de coûts.
"Grâce à une gestion rigoureuse des coûts, à une plus grande efficacité dans nos achats de produits et à des facteurs externes qui ont eu un impact positif sur les coûts d'achat, nous avons amélioré tant la marge brute que la marge d'exploitation par rapport au même trimestre de l'année dernière", a déclaré Daniel Erver, le directeur général de H&M, cité dans un communiqué.
Le bénéfice net a également dépassé les attentes, s'établissant à 704 millions de couronnes, contre un consensus logé à 696 millions d'euros.
Pourtant, l'action recule encore de 2,15% à la Bourse de Stockholm peu après midi ce jeudi 26 mars, alors que le groupe a livré une copie globalement supérieure aux attentes au titre de son premier trimestre, période allant du 1er décembre au 29 février chez le groupe suédois.
Un mois de mars "morose"
Comme à son habitude, H&M, livre aussi les premières tendances de ventes pour le trimestre en cours, soit le deuxième.
Le marché ne goûte guère aux indications du groupe qui a indiqué que sur la période allant du 1er au 25 mars, ses ventes avaient augmenté de 1% hors impact de devises, par rapport à la même période de 2024.
"Seulement 1% […] c'est quelque peu décevant, compte tenu des déclarations de la direction selon lesquelles la collection de printemps a été bien accueillie", a déclaré Jie Zhang, analyste chez AlphaValue, citée par Reuters.
Les analystes de JP Morgan, également cités par Reuters, relèvent pour leur part que l'activité actuelle est "sans doute morose" et s'interrogent sur la pérennité du regain d'intérêt pour la marque H&M.
H&M a aussi déclaré suivre de près l'évolution de la situation au Moyen-Orient' ainsi que "ses implications pour le commerce mondial".
"Grâce à une bonne flexibilité de la chaîne d'approvisionnement et à une faible proportion de fret aérien, il est possible d'adapter les flux de marchandises à l'évolution des conditions. Les marchés du Moyen-Orient ne représentent qu'une petite partie du chiffre d'affaires total de la société et sont gérés par des partenaires franchisés", a aussi ajouté H&M.
