(BFM Bourse) - Bercy dévoile les grandes lignes de son plan d'électrification ce mardi 7 juillet. Le groupe francilien Airwell, spécialisé dans la distribution de pompes à chaleur pourrait tirer profit de ce projet visant à soutenir le déploiement de ces équipements dans l'Hexagone.
La France traverse un nouvel épisode de chaleur, avec 61 départements qui sont en vigilance orange canicule ce mardi 7 juillet. Des températures de 35 à 38°C sont attendues ce jour et peuvent monter jusqu'à 41°C dans le Sud-Ouest.
C'est dans ce contexte particulier que le gouvernement présente les grandes lignes techniques du plan éléctrification qui prévoit notamment appel à projets autour d'un "leasing social" sur les pompes à chaleur (PAC) air-eau. L'appel à projet doit être lancé à partir du 1er octobre. Ce "leasing social" s'inspire d'un dispositif pour les véhicules automobiles électriques.
Bercy a déjà distillé quelques pistes à nos confrères des Echos et à nos collègues de la Tribune.
Un échelonnement des mensualités sur trois ans
Le but de ce "leasing social" reste de permettre aux ménages modestes d'accéder à ces équipements dont le coût d'achat se situe entre 10 et 15.000 euros installation comprise, avec un échelonnement des mensualités sur trois ans.
Concrètement, une entreprise prend en charge l'achat de la pompe à chaleur, son installation, sa maintenance, en contrepartie, le ménage verse pendant trois ans une mensualité calculée pour que le coût total (loyer de la pompe à chaleur et économie d'électricité) ne dépasse pas le montant précédemment payé pour la facture du chauffage au gaz/fioul.
À l'issue de cette période, les équipements ne seront, contrairement aux véhicules, bien sûr pas restitués et appartiendront au foyer. L'objectif de ce "leasing social" est d'équiper 25.000 ménages d'ici à 2028, et de voir sa facture de chauffage être "divisée par deux".
Dès fin 2026, il ne sera plus possible d'installer des chaudières à gaz dans les constructions neuves, et les aides publiques seront renforcées pour accompagner le remplacement des équipements fossiles par des pompes à chaleur. L'objectif du gouvernement est de faire du chauffage électrique la norme dans les logements français.
Dans un commentaire de marché publié ce mardi matin, Allinvest Securities signale que les entreprises cotées Airwell et Thermador; deux producteurs de pompes à chaleur, seront les plus susceptibles de bénéficier de la mise en place de ce dispositif.
Un gros bol d'air frais pour Airwell
Le groupe francilien Airwell - qui a introduit le climatiseur américain en France à la fin des années 1940, avant de se spécialiser dans les pompes à chaleur, compte bien tirer profit de ces annonces gouvernementales.
En marge de l'annonce de ses résultats annuels 2025, le groupe avait fait valoir, en avril, que les "annonces récentes du gouvernement en matière de soutien aux pompes à chaleur françaises sont très encourageantes", venant confirmer la pertinence de son positionnement.
Airwell avait rappelé que les "enjeux croissants autour de la souveraineté énergétique européenne dans le domaine des pompes à chaleur, sont de nature à soutenir la demande pour ses équipements à forte efficacité énergétique".
La société se revendique comme un "véritable acteur national avec un actionnariat français, une usine de production en France et pleinement engagé dans la création de solutions innovantes d'efficacité énergétique, dispose d'atouts indispensables pour répondre aux enjeux de souveraineté".
"Ces forces nous placent en bonne position pour tirer parti du rebond à venir du marché et capter de nouvelles opportunités", avait fait aussi valoir son président directeur-général, Laurent Roegel.
La direction d'Airwell n'avait pas avancé de prévisions dans le communiqué des résultats 2025 mais dans le rapport annuel, elle indique viser un chiffre d'affaires 2026 d’environ 54 millions d'euros, en hausse de 25% par rapport à 2025, rappelait en avril Allinvest Securities.
En Bourse, l'action Airwell avait gagné 94% sur les trois séances du 13 au 15 avril dernier. Le titre gagne près de 160% sur les trois derniers mois, dont encore 7,2% ce mardi 7 juillet, vers 15h10 avec les dernières annonces gouvernementales.
Le groupe reprend des couleurs en Bourse après avoir accusé le coup ces dernières années. Le groupe n'a pas été épargné par les turbulences ayant touché le secteur des pompes à chaleur, en lien avec la chute de la construction neuve, des transactions immobilières et de la rénovation énergétique.
En 2024, la société avait enregistré une baisse de 22% de son chiffre d'affaires. "L'année 2024 s'est inscrite dans un contexte de marché particulièrement difficile en France et en Europe", notait l'entreprise dans son dernier rapport financier, remarquant un "recul d'environ 23% du marché européen des pompes à chaleur et d'environ 50% pour les gammes air-eau", expliquait l'entreprise.
Depuis son introduction en Bourse à la sortie de la crise sanitaire, en juillet 2021 sur Euronext Access+ (anciennement Marché Libre), l'action Airwell perd encore 60% et même 70% depuis son passage à l'échelon supérieur, avec un transfert sur Euronext Growth fin juin 2023 à un prix de 5 euros par action.
