Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Alors que SpaceX arrive à la Bourse de New York, Wall Street s'est mis en ordre de bataille pour ne pas revivre le couac cauchemardesque de Facebook en 2012

Aujourd'hui à 14:12
Le Nasdaq veut éviter un douloureux précédent

(BFM Bourse) - Le groupe spatial doit signer vendredi la plus importante introduction en Bourse de l'Histoire et les observateurs ont en tête l'arrivée de Facebook en 2012 qui avait coûté des centaines de millions de dollars. Opérateurs boursiers et teneurs de marchés ont mené des tests pour s'assurer du bon fonctionnement de l'opération.

Alors que SpaceX se prépare en grande pompe à faire vendredi une entrée en Bourse record de 75 milliards de dollars, tout Wall Street s'attelle à s'assurer que les systèmes de transactions sont capables de gérer une introduction en Bourse d'une telle ampleur, afin d'éviter de revivre le chaos ayant entaché par le passé d'autres lancements très attendus.

Des opérateurs aux courtiers, en passant par les plateformes boursières, l'ensemble des acteurs de la Bourse de New York se prépare depuis déjà plusieurs semaines à la retentissante arrivée de l'entreprise de satellites du milliardaire Elon Musk pour en garantir son succès, notamment en prévision d'autres introductions en Bourse (IPO) très attendues plus tard cette année, dont celles d'Anthropic et d'OpenAI.

À l'approche du décollage pour SpaceX, la tristement célèbre introduction en Bourse de Facebook revient dans les mémoires de financiers. Un dirigeant d’une firme de Wall Street travaillant sur la cotation, qui a souhaité rester anonyme, a évoqué les séquelles persistantes de cette opération.

Le précédent Facebook

En 2012, l'entrée dans la cour des grands du réseau social fondé par Marc Zuckerberg avait été entachée de problèmes techniques qui avaient entraîné des heures d'incertitude quant à la bonne exécution des transactions, ce qui avait coûté des centaines de millions de dollars aux courtiers.

Les dirigeants du Nasdaq ainsi que des teneurs de marché de premier plan comme Citadel Securities et Jane Street ont mené de nombreuses simulations et tests de résistance ("stress tests") sur leurs systèmes, selon trois personnes informées.

Le Nasdaq a invité le mois dernier ses clients à des simulations d’introduction en Bourse en week-end, ont indiqué deux de ces sources.

Morgan Stanley joue un rôle clé en tant qu'agent de stabilisation de l'introduction en Bourse, le courtier étant chargé de l'ouverture du titre et de veiller à ce qu'il se négocie de manière ordonnée.

Contacté, Morgan Stanley n'a pas répondu aux demandes de commentaires.

Les dirigeants de S&P Global, qui fournit la technologie facilitant les attributions aux investisseurs institutionnels et collabore avec les souscripteurs de SpaceX sur ces ordres, ont testé leurs systèmes en permanence en raison de l'ampleur de l'opération.

"Nous avons vraiment dû faire évoluer l'infrastructure pour qu'elle puisse gérer des volumes bien plus importants", a déclaré Darren Thomas, responsable des solutions d'entreprise chez S&P Global Market Intelligence.

"Nous n'avons jamais rien vu de cette ampleur auparavant", a-t-il ajouté.

Un couac coûteux

Les Bourses ont modernisé leur infrastructure pour gérer des volumes plus importants depuis la défaillance technologique qui a perturbé l'introduction en Bourse de Facebook, d’une valeur de 16 milliards de dollars.

Le Nasdaq, où l’entreprise était cotée, a versé près de 42 millions de dollars en indemnités aux participants, qui estimaient leurs pertes collectives à 500 millions de dollars.

La Bourse a également été condamnée par la Securities and Exchange Commission à une amende de 10 millions de dollars.

Le Nasdaq a remanié ses systèmes de transactions, mis à niveau sa technologie phare pour les introductions en Bourse, Bookviewer, en prévision de l'entrée de SpaceX, et dispose d'une plateforme de transactions de secours en cas de défaillance de sa technologie principale.

Des simulations d'introduction en Bourse ont déjà eu lieu par le passé, notamment avant l'entrée en 2023 du concepteur de puces Arm Holdings. Contacté, le Nasdaq n'a pas souhaité commenter.

Citadel, Jane Street et d'autres sociétés de trading haute fréquence ont effectué de multiples tests internes de leurs systèmes afin de se préparer au volume considérable d'ordres clients, ont indiqué les sources.

S&P a soumis son infrastructure à des tests de résistance ("stress tests") au cours des six dernières semaines, par le biais d'une série de mises à niveau et de tests en conditions réelles visant à augmenter la capacité de 200% et à accélérer les temps de réponse.

La société n'a pas eu besoin de tester ses systèmes pour d'autres introductions en Bourse récentes de grande envergure, mais l'ampleur sans précédent de celle de SpaceX justifiait de s'assurer que ses systèmes étaient à toute épreuve, ont déclaré des dirigeants de S&P.

Pour ajouter à l'incertitude, SpaceX a réservé un nombre inhabituellement élevé d'actions aux investisseurs particuliers - ce qui coïncide ironiquement avec une forte chute des actions des géants de la tech, sur fond de craintes que la hausse alimentée par l'IA ne soit allée trop loin.

"Personne n’a jamais tenté une introduction en Bourse de cette ampleur, et personne n’a jamais essayé d’en placer autant auprès des particuliers", a déclaré une source au fait de la transaction.

La possibilité d’un "marché secondaire chaotique et volatil" pourrait susciter une certaine méfiance tant chez les institutions que chez les particuliers, a ajouté la source.

"Toutes les sociétés de gestion d'actifs du pays parlent de SpaceX et envisagent d'y investir", a déclaré Jed Ellerbroek, gestionnaire de portefeuille chez Argent Capital Management.

"Nous savons tous que la séance de vendredi va être de folie", a-t-il ajouté.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+323.90 % vs +65.41 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour