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Les jeunes actionnaires du CAC 40 réagissent bien davantage au nombre de messages sur les réseaux sociaux qu'aux annonces des entreprises, et sont donc plus vulnérables aux arnaques, alerte l'AMF

Aujourd'hui à 06:00
Les investisseurs particuliers sont sensibles aux messages sur les réseaux sociaux

(BFM Bourse) - Une étude de l'Autorité des marchés financiers a documenté les comportements des investisseurs particuliers sur les valeurs du CAC 40 en fonction des informations publiées sur les réseaux sociaux.

En 2025, le nombre d’investisseurs particuliers ayant réalisé une transaction sur les marchés financiers a atteint un plus haut depuis 2020,avait révélé en janvier la vingt-et-unième édition du Tableau de bord des investisseurs particuliers actifs de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Cette hausse du nombre d'investisseurs particuliers en Bourse s'accompagnait d'un net intérêt pour les sujets relatifs à la finance et aux investissements sur les réseaux sociaux.

Ce cortège d'investisseurs s'est par ailleurs rajeuni. L’âge moyen des investisseurs en actions est ainsi passé de 51 ans au dernier trimestre 2024, à 48 ans au même trimestre en 2025.Cette tendance se retrouve chez les investisseurs en fonds indiciels cotés dont l’âge moyen a reculé de 41 à 38 ans sur la même période.

Les jeunes actionnaires particulièrement sensibles aux réseaux sociaux

Ce rajeunissement des boursicoteurs a aussi une autre incidence sur les sources d'informations. Signe que les réseaux sociaux font partie intégrante de notre quotidien, ils sont aussi consultés par les petits porteurs tricolores, notamment les plus jeunes, pour forger leurs décisions d'investissement.

Les conseillers bancaires demeurent toujours le canal privilégié mais ils commencent à être concurrencés par les réseaux sociaux, avait d'ailleurs révélé le Baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’AMF publié en décembre 2025.

Cette tendance est particulièrement marquée chez les 18-24 ans, public moins expérimenté : 41% déclarent s’informer par ce canal, affirmait une étude réalisée par l’OCDE pour l’AMF, deux ans plus tôt.

Partant de ces multiples constats soulevés au fil des études, l'Autorité des marchés financiers a décidé de se pencher sur le comportement des investisseurs en Bourse en fonction de leur âge mais aussi des sociétés sur lesquelles ils sont investis.

"Les réseaux sociaux sont devenus une source d’information et un support d’expression pour divers acteurs des marchés : d’une part des professionnels partagent des sentiments positifs ou négatifs sur des titres, d’autre part la presse spécialisée relaie des articles publiés et des brèves. Mais les réseaux sociaux sont aussi un lieu d’expression pour des agents non professionnels ou tout individu partageant son avis personnel", écrit l'AMF dans son étude.

Une sensibilité des investisseurs au nombre de messages sur X

L'étude en question a porté sur l’influence des réseaux sociaux, et plus particulièrement celle du réseau X (anciennement Twitter) sur le comportement des investisseurs particuliers intervenant sur les composantes du CAC 40 en détention directe, sur une période allant de janvier à novembre 2024.

Les relations entre les réseaux sociaux et les rendements boursiers sont largement documentées dans la littérature académique, rappelle l'étude. Mais à la connaissance de l'auteur de l'étude, celle-ci est unique car elle ne repose pas sur des données de courtiers mais sur la remontée des transactions de l’AMF.

De manière plus générale, les travaux menés dans le cadre de cette étude ont analysé l’incidence d’un ensemble d’informations à disposition des investisseurs au moment de leur prise de décision, que ces informations proviennent des réseaux sociaux donc, mais aussi des niveaux cours sur les plateformes de données ou des communications des entreprises.

L'analyse des données recueillie par l'étude fait apparaître que les investisseurs particuliers français achètent des titres à la baisse et les revendent à la hausse, matérialisant ainsi leurs gains.

Les investisseurs particuliers sont aussi sensibles à l'exposition médiatique sur les réseaux sociaux d'un titre et au nombre de messages postés sur l'action en question sur le réseau social X. En revanche, ils ne semblent pas influencés par le contenu de ces messages.

L’étude souligne que les investisseurs les plus jeunes (moins de 35 ans) et la clientèle des nouveaux courtiers aux messages ont tendance à surréagir aux messages échangés sur les réseaux sociaux.

"Ces résultats sont à comparer à la sous-réaction des investisseurs les plus jeunes et de la clientèle des néo-brokers aux informations fondamentales sur les titres", ajoute l'AMF. Les clients de banques traditionnelles, enfin, sont les moins sensibles aux réseaux sociaux.

Un terrain de jeu privilégié pour les escrocs

Or, les réseaux sociaux sont aussi le terrain de jeu privilégié d'escrocs. Le gendarme de la Bourse signale que les particuliers sont exposés à un flux d’informations très diverses dont la crédibilité est difficile à identifier.

"À la différence des conseillers en investissement professionnels, les influenceurs ne disposent pas d’un bagage technique validé par des diplômes et autres certificats, et leur activité n’est pas encadrée par une autorité publique. L’investisseur risque donc de se référer à une source peu fiable", prévient l’étude.

L'AMF a alerté à plusieurs reprises sur les conseils d'investissements prodigués en ligne et notamment sur les réseaux sociaux. Le gendarme boursier rappelle régulièrement aux investisseurs particuliers qu'il est important de s'interroger sur la crédibilité de ces recommandations.

Les profils les plus jeunes et ceux qui font leurs premiers pas sur les marchés en France sont les plus vulnérables. Ceux-ci doivent construire progressivement une culture boursière et se méfier des promesses irréalistes de gains rapides, sans effort et sans risque.

L'Autorité des marchés financiers met régulièrement en garde le public contre l'arnaque dite de la "bouilloire" qui consiste à faire la promotion d'actions dans des publicités ou des boucles de messageries privées en vue de faire gonfler artificiellement leur cours.

L'AMF estime qu'il est donc crucial de soutenir les initiatives œuvrant à une augmentation du niveau d’éducation financière pour aider les particuliers, notamment les plus jeunes et les plus digitalisés, à bien sélectionner les informations diffusées sur les réseaux sociaux.

De manière générale, l'AMF rappelle au public les règles de vigilance avant tout investissement. Les épargnants sont invités à méfier des "promesses irréalistes de sites de trading garantissant des gains rapides", ainsi qu'à vérifier que la société est bien autorisée à proposer des services financiers et qu'elle ne figure pas sur une des listes noires de l’AMF.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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