Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Le secteur bancaire au coeur des inquiétudes face au coronavirus

samedi 7 mars 2020 à 07h30

(BFM Bourse) - Le secteur bancaire est en première ligne face aux risques que l'épidémie du Covid-19 fait peser sur l'économie européenne. Scope Ratings estime qu'il est peu probable que le stress subi actuellement se transforme en crise financière - ce qui ne veut pas dire que le risque soit nul, tandis que les autorités monétaires et budgétaires sont par ailleurs peu armées.

Les craintes liées aux coronavirus ne font qu'empirer le stress auquel sont soumises les banques européennes. Mais, selon une agence de notation, il est peu probable que le secteur retombe dans une crise comparable à celle de la crise financière.

Pour Scope Insights, le risque le plus immédiat est celui d'une baisse marquée des revenus en banque d'investissement, banque de financement et gestion d'actifs, alors que l'activité sur les marchés financiers risque de décroître significativement. Le marché des introductions par exemple est de facto presque fermé, et une chute prolongée des cours ne manquerait pas d'affecter le marché secondaire. Les commissions des banques au premier voire au deuxième trimestre s'en ressentiront. Les autres activités des banques -dont l'octroi de crédit aux PME/ETI qui forment l'épine dorsale de l'économie européenne- pourraient également souffrir.

Les banques courent aussi des risques opérationnels très concrets : comment poursuivre son activité si les salariés sont mis en quarantaine ? Une fois activés afin de garantir un fonctionnement sans interruption des services bancaires, les plans de secours et de continuité d'exploitation résisteront-ils à un risque accru de cyberattaque ? Des questions sur lesquels les établissements sont d'ailleurs plutôt discrets...

Enfin, le risque de récession ne peut être mis de côté. De fait, dans les pays qui connaissent à la fois une expansion de l'épidémie et une croissance économique anémique (l'exemple italien vient immédiatement en tête), l'économie peut facilement basculer de la stagnation à la récession, avance Scope. "Un scénario de récession, couplé à une capacité de relance monétaire très limitée et à une faible propension pour la relance budgétaire, et l'épée Damoclès du coronavirus peut clairement produire un très mauvais résultat résultat pour les banques. Mais nous n'en sommes pas encore là", observe Scope.

L'agence de notation de crédit considère, face à ce tableau potentiellement préoccupant, que les banques européennes sont dans une position prudentielle et financière beaucoup plus solide par rapport aux années antérieures à la crise financière (en faisant abstraction de bénéfices moindres). Elles détiennent souvent d'amples réserves de liquidités, de sources de financements plus saines, une qualité d'actifs décente (pour l'instant), un taux d'endettement moindre et un niveau de fonds propres plus confortable qu'à l'époque.

Point également important: c'est un facteur totalement exogène -la propagation d'un virus mortel contre lequel aucun vaccin n'existe encore- qui est à l'origine du choc. La réaction réglementaire (en partie contrainte par les réactions sociales et politiques) aux difficultés d'une banque devrait être très différente du traitement réservé à une banque gravement affaiblie par une politique de crédit inconsidérée ou d'autres mauvaises pratiques internes. Dans un cas, on peut s'attendre à voir accordés patience et soutien, dans l'autre un cadre de résolution plus sévère voire une liquidation des établissements s'étant eux-mêmes placés en position difficile.

Face aux inquiétudes, les banques centrales des marchés développés ont envoyé des signaux destiné à rassurer, avec la baisse précipitée des taux de la Réserve fédérale. Mais alors que le virus affecte gravement les chaînes d'approvisionnement et perturbe l'activité au jour-le-jour dans un nombre croissant de pays à travers le monde, ces mesures classiques ne suffiront pas à calmer les marchés. En outre, contrairement à la Fed, la marge de manœuvre de la BCE est considérablement plus limitée.

Pour la première fois dans l'histoire récente, la vraie solution à une crise financière potentielle n'est tout simplement pas entre les mains d'un banquier central ou d'un gouvernement. C'est l’émergence d’un vaccin efficace contre le Covid-19 et le succès des mesures de confinement de la propagation du virus qui seront déterminantes...

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+311.10 % vs -7.38 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat