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Comment le taureau de Wall Street s'est imposé parmi les principaux monuments de New York

dimanche 10 novembre 2019 à 11h30
Le taureau de Wall Street est devenu un monument emblématique de New York

(BFM Bourse) - À la fois symbole d'optimisme inébranlable des investisseurs américains dans les perspectives économiques et financières des Etats-Unis et véritable attraction pour les milliers de touristes visitant quotidiennement la pointe sud de Manhattan, la célèbre sculpture "Charging Bull", édifiée dans un esprit de reconquête après le crash de 1987, a pourtant lutté pour s'imposer.

C'est aujourd'hui "l'une des plus visitées, des plus photographiées et peut-être l'une des plus appréciées et des plus reconnues des statues édifiées à New York. Je dirais que c'est pleinement au niveau de la Statue de la Liberté", avait confié en 2004 Adrian Benepe, alors commissaire du Department of Parks and Recreation. Naseaux dilatés, cornes pointées agressivement vers l'avant, immortalisé dans un mouvement dynamique évoquant une charge imminente : le taureau de Wall Street, un bronze d'Arturo Di Modica, constitue l'attraction incontournable pour les touristes traversant le Financial District, à deux pas de Wall Street.

Il faut dire que la bête en impose. Sa masse est estimée à 3,2 tonnes, pour une hauteur de 3,40 mètres au garrot et 4,9 mètres de longueur, des dimensions comme il se doit "larger than life", excédant largement les proportions d'un animal au naturel. Campé sur ses quatre sabots à la pointe nord de Bowling Green Park, à 300 mètres du bâtiment du New York Stock Exchange, la statue intitulée "Charging Bull" en V.O. représente aux yeux des financiers de Wall Street tout l'élan, parfois imprévisible et dangereux, mais jamais abattu, du marché américain. Pourtant, Di Modica, un sculpteur d'origine italienne, né en 1941 et installé à New York depuis 1970, a bataillé pour faire admettre sa vision.

Selon l'artiste, il lui en a coûté 360.000 dollars pour sculpter, fondre et installer le taureau de Wall Street. L'idée lui en est venue peu après le crash d'octobre 1987, la pire chute qu'aie jamais connu l'indice Dow Jones (-22% en une séance). Il a voulu représenter, malgré cette retentissante dégringolade, la vigueur et la ressource du peuple américain, via l'économie et la Bourse américaine.

Sans avoir reçu aucune commande, Arturo Di Modica a mené son projet à bien en payant le transport et la manutention pour faire apparaître le taureau un beau matin de décembre 1989, sous un sapin de Noël de circonstance au beau milieu de Broad Street. Un attroupement s'est bientôt formé pour admirer cet inattendu cadeau aux new-yorkais... avant que les autorités municipales n'interviennent pour le faire enlever par la fourrière !

Le retrait de Charging Bull a suscité un tollé des habitués du quartier financier. La mairie a rapidement compris que la sculpture y avait toute sa place, et quelques jours après, le 21 décembre, une cérémonie a consacré son installation à son emplacement actuel, sur une petite place à l'extrémité du parc de Bowling Green, à un bloc du NYSE. Bien qu'à l'époque, les responsables municipaux aient précisé qu'il s'agissait d'une autorisation temporaire pour occuper un terrain appartenant à la ville (la statue restant la propriété de Di Modica et en principe les œuvres prêtées à la municipalité ne peuvent être présentées pendant plus d'un an), voilà trente ans que la statue trône.

Attirant chaque jours des milliers de touristes, posant pour des selfies mettant volontiers en avant certains attributs de l'animal... Les passants ont ainsi frotté jusqu'à rendre particulièrement brillants le museau, les cornes et une certaines partie de l'anatomie distinguant le taureau du bœuf.

À la suite du mouvement de protestation "Occupy Wall Street" toutefois, la sculpture a été placée sous surveillance policière, avec un cordon ne permettant pas aux touristes de l'approcher pendant près de trois années.

Depuis son présent, le sculpteur gagne de l'argent avec les droits de reproduction des innombrables photographies, posters etc. de son oeuvre, sans oublier de porter régulièrement plainte contre les gros contrevenants.

En 2010, Shanghai a à son tour accueilli une statue de taureau chargeant, légèrement différentes, appelée Bund Bull. Puis en 2012, la ville d'Amsterdam a reçu sa version (le projet initial de l'artiste étant d'installer 5 statues, a priori une par continent).

En mars 2017, la statue représentant une jeune fille rebelle, "Fearless Girl" -commissionnée celle-ci- a été installée pour lui faire face à l'occasion de la Journée internationale des droits des Femmes. Ce qui na pas été du goût d'Arturo Di Modica, jugeant que cette oeuvre dénaturait le sens de sa propre statue. En décembre 2018, cette statue de fillette n'ayant pas froid aux yeux, par Kristen Visbal, a été réinstallée plus loin dans Broad Street, juste devant la Bourse de New York.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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