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Xavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau : Une affaire de confiance

Xavier d'Ornellas et Emmanuel AuboyneauXavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau
Xavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau

Gérants Associés d'Amplégest Xavier d’Ornellas, Gérant Associé, est Responsable du Pôle Flexible d’Amplégest. Diplômé de l’ISG (Institut Supérieur de Gestion) et de la SFAF (Société Française des Analystes Financiers), il a débuté sa carrière en tant que gérant privé au sein de l’Union de Banques à …Lire la suite

(Tradingsat.com) - Le prisme France, qui tend à nous rendre pessimiste, déforme le regard et nous empêche de voir que la conjoncture mondiale continue de s’améliorer.

Et pourtant les chiffres parlent d’eux même : la production d’acier et de ciment redémarre et les tarifs du transport maritime de fret sont en hausse, autant de signes concrets de cette reprise. Tirée par la locomotive américaine qui accélère, la croissance mondiale devrait s’établir aux alentours de 3,2% en 2014 (source Rexecode) contre 2,7% en 2013. Au Japon le gouvernement Abe mène une politique proactive qui s’attaque aux problèmes de fond. Le Royaume- Uni retrouve des chiffres de croissance positifs, et la zone émergente dans son ensemble, emmenée par la Chine, garde une économie forte, même si des écarts importants subsistent entre les différents pays. Dans la zone euro, l’Allemagne est toujours en forme et des pays comme l’Espagne, l’Irlande et même la Grèce retrouvent des couleurs. Les deux pays qui posent problème aujourd’hui sont la France et l’Italie qui n’ont pas, ou trop peu, réformé leurs économies. La pression des autorités européennes et des marchés les contraindra certainement à le faire dans les prochains mois.

L’élément manquant pour que la croissance américaine accélère et entre dans un cycle vertueux est la reprise de l’investissement. Et pour investir il faut avoir confiance dans l’avenir. Les séquelles de la crise des subprimes, une situation politique confuse, la peur de l’éclatement de la zone euro ont été autant d’éléments qui ont poussé les sociétés américaines à préférer se désendetter et racheter parfois leurs propres titres, plutôt que d’investir.

La situation européenne reste un frein à l’optimisme des entrepreneurs américains, qui regardent notre continent avec méfiance et scepticisme. Si les derniers chiffres en Europe ne confirment pas la reprise économique perçue il y a maintenant six mois, cela devrait être temporaire et notre scénario 2014 d’une croissance molle, qui accélère dans la deuxième partie d’année, n’est pas remis en cause. De plus la BCE, qui n’a pas encore tiré toutes ses cartouches, pourrait à son tour procéder à un quantitative easing. Les réticences allemandes à ce sujet sont fortes et devraient lier un tel mouvement à des contreparties réelles en termes de réformes en France et en Italie.

C’est aujourd’hui notre scénario : à mesure que les craintes sur l’Europe se dissiperont, nous verrons un choc de confiance positif et 2014 pourrait être l’année de la reprise de l’investissement.

Pour les marchés, la grande question aujourd’hui est de comprendre comment se fera aux Etats-Unis la sortie de l’actuelle politique monétaire très accommodante, sans freiner l’économie, ni provoquer de krach obligataire. La Federal Reserve, forte de l’exemple de 1994 (krach obligataire suite à plusieurs hausses surprises des taux courts) avancera très prudemment et progressivement.

Après deux années de rebond des marchés, l’environnement reste favorable. A ce stade du cycle économique, les actions sont correctement valorisées. Le prochain moteur de la hausse doit être la croissance des résultats. Aujourd’hui, les analystes sont optimistes sur les résultats des sociétés en 2014, mais l’expérience prouve qu’ils sont vite amenés à revoir en baisse leurs prévisions. Notre grille de lecture de l’économie et des marchés nous incite à la prudence à court terme. Les bourses ont monté récemment sans réelle justification et dans de faibles volumes, et de saines prises de bénéfices devraient intervenir. Ces replis éventuels ne modifient pas notre vision optimiste, et nous retrouverions alors des prix attractifs pour réinvestir.

Restons confiants !

Emmanuel Auboyneau - Gérant Associé

Xavier d'Ornellas - Gérant Associé - Pôle Gestion Flexible

Avec la participation de Jean-Michel Mourette, Economiste

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