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Xavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau : Un chemin étroit vers l'embellie

Xavier d'Ornellas et Emmanuel AuboyneauXavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau
Xavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau

Gérants Associés d'Amplégest Xavier d’Ornellas, Gérant Associé, est Responsable du Pôle Flexible d’Amplégest. Diplômé de l’ISG (Institut Supérieur de Gestion) et de la SFAF (Société Française des Analystes Financiers), il a débuté sa carrière en tant que gérant privé au sein de l’Union de Banques à …Lire la suite

(Tradingsat.com) - Après la publication récente de statistiques macro et micro économiques en demi-teinte, trois questions viennent à l’esprit : où en est la croissance économique mondiale ? Que vont devenir les politiques monétaires ? Le problème des dettes publiques est-il insoluble ?

Sur le premier point nous constatons toujours une reprise économique contrastée. Elle est solide en Amérique, le Japon redémarre, la Chine se stabilise et l’Europe balbutie. Il est difficile de quantifier l’impact du récent shutdown sur les derniers chiffres aux USA, mais il est évident que l’économie a souffert de cette impasse politique. Le problème est désormais derrière nous et nous ne pensons pas qu’il se reproduira en 2014, tant les républicains sont désormais affaiblis. La croissance américaine devrait retrouver un rythme proche des 2,5%, chiffre positif compte tenu de l’austérité actuelle (coupes budgétaires, hausses d’impôts) qui se traduira par une réduction franche des déficits publics. En Europe la situation est disparate, avec une Allemagne leader incontestable et des pays du sud qui retrouvent des couleurs après des années de réformes douloureuses. La France, entre difficultés à réformer et blocages politiques, semble plus fragile, mais est bien protégée d’une hausse des taux par le bouclier allemand. Du côté des bonnes surprises deux pays sortent du lot, le Japon et la Grande-Bretagne, dont les dernières statistiques confirment l’amélioration de leurs économies.

La seconde interrogation porte sur les politiques monétaires. Pour la FED il est très difficile d’arrêter un train à pleine vitesse et toute inflexion monétaire sera lente et très progressive. Le sevrage de l’économie et des marchés aux liquidités abondantes doit être piloté avec beaucoup de doigté pour ne pas provoquer de crise sur les taux et les actions. Yanet Yellen a donc une tâche immense devant elle. Il faudra observer son action attentivement. Le pilote Draghi n’a lui pour l’instant pas utilisé ses cartouches, se contentant d’affirmer que la BCE fera tout ce qu’il faudra en cas de besoin. Si un problème intervenait sur les taux, particulièrement en France, la BCE interviendrait massivement pour éteindre l’incendie. Les banques du Japon et d’Angleterre devraient rester incitatives dans les prochains mois. Nous ne voyons donc pas de grand risque de liquidité à court terme, même si nous surveillerons de près les prochaines décisions américaines.

La troisième question, qui revient régulièrement chez les investisseurs, est comment fait-on pour réduire les dettes publiques qui sont, surtout en Europe, à des niveaux insupportables ? Il n’y a que trois réponses possibles : d’abord la croissance, réponse vertueuse et indolore, mais on a vu qu’elle ne se décrète pas. Ensuite l’inflation modérée, qui viendrait éroder lentement le poids de la dette. Les banques centrales, et particulièrement la BCE sont traditionnellement réticentes à laisser l’inflation grimper. Quoiqu’il en soit, le risque aujourd’hui en Europe est plutôt la déflation. Comme les politiques n’ont qu’un pouvoir limité sur les deux premières réponses, reste la troisième, l’austérité et la répression financière. Christine Lagarde, patronne du FMI, a même suggéré de prendre directement 10% de l’épargne financière existante. On a vu des tentatives récentes, en particulier en France, de telles ponctions qui se sont rapidement heurtées à la révolte des ménages qui voient ça comme spoliation pure et simple. La réduction des dépenses entreprise par les pays du sud de l’Europe est le seul moyen de se redonner rapidement de la compétitivité qui fera redémarrer la croissance, d’autant plus qu’il est impossible de provoquer une dévaluation forte de l’euro, à l’image de ce qu’a fait le Japon récemment. C’est sans doute un mélange de ces trois solutions qui permettra la réduction des dettes publiques, un processus très lent et difficile compte tenu de l’ampleur des difficultés.

Nous pensons donc que la croissance mondiale, bien que peu vigoureuse, se confirmera en 2014. Cela permettra aux banquiers centraux de maintenir des taux bas. Les cycles économiques sont des mouvements structurels longs que des phénomènes conjoncturels ne peuvent freiner que momentanément. Nous avons récemment pris quelques profits tactiques par prudence dans nos portefeuilles flexibles mais restons confiants dans les actions pour 2014. Les flux devraient continuer à être porteurs. Nos deux zones préférées sont l'Europe et le Japon via nos fonds. Nous regardons à nouveau les pays émergents.

Emmanuel Auboyneau - Gérant Associé

Xavier d'Ornellas - Gérant Associé - Pôle Gestion Flexible

Avec la participation de Jean-Michel Mourette, Economiste

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