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Xavier Gandrille : Quand la volonté et la raison poussent à l'optimisme

Xavier GandrilleXavier Gandrille
Xavier Gandrille

Stratégiste économiste Stratégiste et économiste indépendant, Xavier Gandrille est un adepte de l’approche dite « top down » qui part de l’élaboration d’un scénario macroéconomique pour mettre en place une stratégie d'investissement. L’évaluation du contexte économique général – évolution de la …Lire la suite

(Tradingsat.com) - Au stade où nous en sommes de l’évolution de la crise que nous traversons depuis fin 2007, il est difficile d’imaginer une rechute des marchés d’actions. Les problèmes qui permettent de qualifier la crise d’historique, ce qui vaut autant par sa durée que par son intensité, ne sont certes ni réglés, ni même suffisamment analysés pour que leur traitement soit pertinent. Mais, rien de tout cela n’obère les perspectives des marchés pour les semaines ou mois à venir. Les actions ne peuvent pas baisser lorsque le risque est bien rémunéré, que le potentiel de bonnes surprises n’est pas épuisé et que les flux suivent un fléchage explicite. Rappelons que, jamais dans l’histoire récente, les acteurs économiques n’ont été assurés de pouvoir tabler sur la gratuité de l’argent pour un horizon d’au moins deux ans.

Les investisseurs, dont certains espoirs n’auront finalement pas été déçus en 2012, ont néanmoins pu nourrir des craintes sur les trois principales zones économiques mondiales. Or, le tableau qu’on peut dresser de la deuxième partie de l’année dernière n’est pas si sombre. En zone euro, la BCE est intervenue lorsque les banques des pays périphériques ont commencé à enregistrer une fuite des dépôts. Puis, l’action de la Banque Centrale a été redéfinie avec l’objectif d’assurer la soutenabilité de la dette des pays les plus fragiles. Plus récemment, l’Europe s’est fédéralisée autour d’un double projet : repousser les limites de la solvabilité de la Grèce (les allemands ont même évoqué un défaut...pour plus tard) et donner plus de temps à certains pays en difficulté, quoique vertueux. Pendant ce temps-là, des ajustements draconiens ont permis à tous les Etats, sauf l’Espagne, l’Irlande et la France, de retrouver un excédent primaire ajusté du cycle économique. Le FMI prévoit que tous les Etats y parviendront en 2013. Les écarts de compétitivité à l’origine de la crise de la zone euro ont été notablement réduits ainsi qu’en témoignent le resserrement des écarts de coûts salariaux unitaires entre les différents pays et la diminution des déséquilibres commerciaux. Reste la croissance qui connaîtra une inflexion positive en milieu d’année à la faveur de la diminution programmée de l’austérité budgétaire, avant même que les Etats les plus en retard ne se saisissent des bons conseils abondamment prodigués visant à prendre en compte une conjoncture difficile qu’il ne faut pas étouffer davantage. L’avenir de la zone euro n’est pas définitivement scellé puisque l’amélioration des chiffres que nous venons d’évoquer a un coût social dont rien ne dit qu’il sera durablement toléré par les populations, mais ce n’est pas le sujet de ce début d’année.

Aux Etats-Unis, après les palabres autour de la falaise fiscale qui aboutit à retarder l’accord sur les économies budgétaires, le relèvement du plafond de la dette va faire l’objet d’un nouveau marchandage. Aucun des deux camps en présence ne voudra, maintenant que les échéances électorales sont passées, être rendu responsable d’une débâcle. Ce n’était pas le cas en 2011 lorsque les élections de mid-term avaient donné des espoirs aux Républicains pour la présidentielle. D’ailleurs, les coupes automatiques envisagées ne sont pas des plus pertinentes aux yeux de ces derniers puisqu’ elles portent essentiellement sur les programmes discrétionnaires et peu sur les programmes sociaux. En outre, par chance, le « fiscal cliff » des Etats et collectivités locales qui n’a pas peu contribué à la baisse des dépenses publiques (1% par an depuis 5 ans) touche à sa fin. Le relais pris par l’Etat fédéral n’en sera que plus supportable. Une meilleure visibilité budgétaire devrait permettre de dégeler les projets aujourd’hui mis sous le boisseau par les entreprises. Si on ajoute le sentiment de confort provoqué par l’évolution de la richesse immobilière des ménages et la poursuite de la contribution positive à la croissance de l’investissement résidentiel (pour la première fois en 2012 depuis 2005), la croissance américaine en 2013 pourrait ne pas être très différente de ce qu’elle a été en 2012, après un premier trimestre sûrement décevant.

La Chine qui nourrit toujours des fantasmes contrastés, de l’euphorie à la déprime, de la part des investisseurs, pourrait également surprendre favorablement. Certains pensent que les chiffres publiés sont manipulés et donc surestimés. C’est possible, mais si les pouvoirs publics qui sont censés connaître la réalité de l’économie chinoise n’ont pas poussé davantage les feux monétaires, c’est que la situation ne doit pas susciter un pessimisme exagéré. De plus, en un peu plus de un mois depuis sa nomination, le nouveau Président a envoyé des signaux non ambigus : une longue visite à Shenzhen, le berceau du capitalisme d’Etat où il a rendu un hommage appuyé à Deng Xiaoping, le père des réformes économiques. Tout cela augure de nouvelles réformes, notamment dans le système financier qu’il faut aménager pour promouvoir le yuan au rang de monnaie de réserve internationale, objectif clairement affiché.

Bien sûr, il ne faut pas oublier que le processus de désendettement sera long, surtout si on s’efforce à juste titre d’éviter des saignées douloureuses. L’euro reste une monnaie en sursis. Les marchés peuvent se réveiller pour exiger une trajectoire crédible de retour à l’équilibre des finances publiques au Japon et aux Etats-Unis. Les peuples peuvent toujours déclencher un « printemps de révoltes ». Mais, l’heure n’est pas venue d’évoquer ces sujets qui fâchent, non pas parce que nous sommes à l’orée d’une nouvelle année que nous nous souhaitons traditionnellement pleine d’espérances, mais parce que l’argent ne peut plus se contenter durablement de rendements réels négatifs, faute de considérer une classe d’actifs délaissée depuis aussi longtemps que le sont aujourd’hui les actions. Surtout, n’oublions pas que les politiques budgétaires et monétaires devraient apporter, en 2013, ce qu’elles ont préparé en 2012, c’est-à-dire le « plus » nécessaire et suffisant pour détromper les anticipations les plus pessimistes.

C’est tout le mal qu’en cette période de vœux je vous souhaite pour une année 2013 prospère, heureuse et pacifique.

Xavier Gandrille

Directeur de la stratégie - Amplégest

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